‹ Gérard de Groote [microform]Chapitre 7 sur 50 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et sur les « Institutions divines » et exprima les élans mystiques de la foi chrétienne, dans des sermons éloquents (en langue vulgaire), loués par Luther et Bossuet; Henri Suso (de Constance, disciple de Tauler, et comme lui dominicain, mort en 1365), qui exprima les extases de la communion de l'âme croyante avec son Dieu dans un langage allégorique et romanesque ; et enfin Jean de Ruysbroek (près Bruxelles, né en 1293, mort en 1381) (1). Chose remarquable, ces grands docteurs du mysticisme chrétien, au xiv^ siècle, eurent tous pour sphère d'action les provinces rhénanes et gravitèrent autour de Strasbourg et de Cologne, qui paraît avoir été le siège d'une école mystique florissante.

Ruysbroek, curé de Sainte-Gudule, le seul des quatre précédents, qui fut en rapport immédiat avec Gérard de Groote, était en relation intime avec les « Amis de Dieu, » association mystique secrète, dirigée par Nicolas de Bâle, et dont lagent le plus actif à Strasbourg, était Kulmann Mersewin. C'est à eux qu'il dédia son principal ouvrage : « Les Noces spirituelles, « et, comme eux, il se sépara nettement des Frères du *c Libre-^Esprit. » Retiré, à soixante ans, au monastère de Groenendal, en qualité de prieur ; il entreprit de réformer l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin dans les Pays- Bas. Sans dévier un instant de la plus stricte orthodoxie, il s'érigea en censeur impitoyable du clergé de son

(1) Charles Schmidt : Études sur le mysticisme allemand au moyen âge; dans l'es Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques vnl. u : Savants étrangers.

(2) Aug. Jundt, dans l'ouvrage cité plus haut, reproduit deux curieux traites de liulraann Mersewin: l» Dus Baner Buechelin.— 2» Bas Buch van dm drie Durchhruchen .

temps, auquel il reprochait trois vices capitaux : tiédeur, intempérance et luxure. Le prieur de Groenendal, qui avait quarante ans de plus que Gérard de Groote, a exercé la plus grande influence sur son compatriote et ami; en l'initiant aux mystères de la vie intérieure, et lui montrant un type de communauté réformée, Jean de Ruysbroek a frayé la voie au fondateur des écoles de la vie commune et des couvents réformés de Windesheim (1) .

(1) Surius : Opéra omnia venerah. prioris Rushrochii, — in Vitis sanc^ torum. Cologne, 1570-75. ,,

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