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soit qu'ils parlent, soit qu'ils écrivent : ilsont pOBf toute I» n i' vie tics paroles lumineuses ou (les phrases ailées qui lie ressemblent pas aux parofes des autres orateurs ni aux phrases des auhe- . eri\ains, plus viri'oinent •!e\os. C'est la dillerence du brutal Ajax et du doux Ti'oïlus, — l'un grandi dans les i amps, au milieu des soudards, — l'autre, grandi à la cour du vieux Priam. au milieu des belles suivantes de la belle Hélène.
Hélas! Gérard, lui aussi, allait bientôt avoir sa Oessida et être « rationné à quelles baisi îs famélique* qui devaient avoir le go&4 des larmes ! »
Mais avant d'en arriver à celte page douloureuse de sa vie, ii nous faut en raconter i .mires, aussi intéressantes, — quoique moins tristes. Pour cela, nous nous exilerons, s'il vous plaît, de la patrie d'adoption de Gérard, de ce Valois pittoresque où il nuis ramènera tout à l'heure avec lui. As- Ml, s'il n'eût écouté que la voix de ;sp? il n'eût jamais quitté ces sotitu-
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des enchantées, où il eût rêvé à son aise durant toute une longue existence, en compagnie de Sylvie, une petite paysanne qui ne demandait pas mieux que de l'aimer; jamais il n'eût écrit, étant heureux, — et nous y aurions perdu un remarquable écrivain. Mais les poètes n'écouteront jamais la voix de la Sagesse — qui parle peut-être trop mal pour eux.
Gérard de Nerval vint donc à Paris où, après avoir l'ait ses études au collège de Charlemagne, il débuta dans la littérature par des Elégies nationales, — c'est-à-dire bonapartistes. Gérard était le fils d'un soldat de Napoléon : il payait à sa façon sa dette au « grand homme. «
11 avait dix-huit ans alors. Je n'accuse pas les Elégies d'être des chefs-d'œuvre ; mais elles valent certes quelque chose, et un peu plus, en tous cas, que la foule d'Odes, d' Elégies, de Poèmes qui surgissaient alors de tous cotés pour pleurer sur le sort de Missolonghi, que les Turs venaient de
prendre d'assaut pour la seconde fois malgré l'héroïque défende de Notbos-Rotzéris.
Jr leur préfère de beaucoup sa comédie satirique en vers intitulée: L'Académie ou les Membres introuvables, publiée la même année (1826) par le libraire Touquet. La docte assemblée y est naturellement malmenée, et les académiciens y sont traités avec l'irrévérence que les jeunes gens mettent trop souvent à parler des vieillards. Vous en devinez le sujet : 11. Lemontey, un immortel, est mort, il s'agit de le remplacer; M. Roger, autre immortel, cherche partout un homme de bonne volonté qui consente à s'asseoir sur ce fauteuil où, paraît-il , on dort si bien, et, malgré l'appât des quinze cents francs annuels et des jetons de présence, il n'est pas plus heureux dans les rues de Paris que Diogène dans les rues de Corinthe.
Que dira notre siècle et. . . la Postérité? Bkéerte-t-il, désespéré.
Raynouard, secrétaire perpétuel, lui répond ironiquement :
Ah ! la Postérité, personne fort honnête,
Aura, j'en suis garant, bien autre chose en tête ;
De pareils immortels y feront peu de bruit. . .
M . Roger reprend :
L'Histoire nous attend . .
Raynouard lui réplique :
...Et l'oubli vous poursuit!...
M. Roger, malgré l'insuccès de ses premières recherches, persiste à ne pas éteindre sa lanterne. Il va jusqu à offrir le fauteuil de Lemontey au Pauvre du Pont des Arts — qui le refuse en disant :
Je suis pauvre, il est vrai, mais j'ai des sentiments.
L'Académie, malade de cet abandon, et aussi probablement du régime auquel l'a soumise son médecin, M. Pariset, est sur le
point d'expirer. Les billets de faire part sont prêts :