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UN BACHI-BOUZOUK

« Je viens de chez Bida. Je lui ai exposé la chose et lui ai dit qn fallait vous traiter en ami. Vous verrez ses magnifiques dessins d’ Égypte. » (Lettre de Gérard à Charpentier, éditeur du Voyage en Orient. Corresp. éd. cit. n° 174.)

Alexandre Bida. (Louvte, Cabinet des Dessins.)

SIGNIFICATION DU VOYAGE EN ORIENT x

Entre Gautier, pour qui l'Orient est une occasion de briller et de « faire du nouveau », et le Gérard qui s’identifie à Hakem on à Adoniram, quelle distance encore ! Mais Gérard, de son côté, tout en retrouvant dans le hachisch, dans la religion des Druses, on dans l'amour mystique de Balkis l'expérience spirituelle qui est la source d’Autélia ef des Chimères, éfaif aussi parti pour l'Orient afin d’y trouver l’occasion de faire du nouveau littéraire ! Par là il est bien l'ami de Théophile Gautier et d’ Alexandre Dumas, mais il est moins ambigu que l’auteur de Monte-Cristo ou celui de La Péri. Ef c’est précisément, à notre sens, l’un des mérites majeurs du Voyage en Orient de manifester ainsi, sans ambiguïté ni mystification, la double signification de l'Orient romantique (qui n'est elle-même qu'un des multiples signes de l’essentielle dualité du Romantisme, tantôt sollicité par le piftoresque et tantôt par le lyrisme, la nostalgie et la mystique). Comme la couleur pour les peintres, l'Orient — qui n'est effectivement qu'un cas particulier de la « couleur locale » et du fantastique — est pour les écrivains tantôt un alibi pittoresque et tantôt une forêt de symboles. Pour Gérard, il est les deux ensemble, avec cependant cette particularité que le pittoresque lui-même ne se limite jamais aux exercices de l’habileté ou de la surprise seulement littéraire. Sa curiosité va plus loin ef c’est pourquoi il a besoin aussi de toutes ses lectures. Ce pittoresque, il le vit intensément, et parfois même il en poursuit imaginairement l’accomplissement au-delà de son expérience : alors viennent à la rescousse les livres, les images et au besoin les aventures d'autrui (comme dans le cas de l’esclave jaune Zeynab). Mais tout ce mouvement s'opère avec un naturel qui ne se trouve nulle part

sont, parmi les « petits-maîtres » romantiques, deux des principaux témoins de l’orientalisme pittoresque, et leur influence fut considérable dans les milieux littéraires. Dans une de ses chroniques (L’Ar4 moderne, 1856) Théophile Gautier cite une lettre signée : L’Égyptien Prosper Marilbat, et définit en ces termes le pittoresque comparé des deux artistes : Ces deux talents sont des lignes parallèles voisines, il est vrai, mais qui ne se touchent point ; ce que l’un a de plus en fantaisie, l’autre le regagnera en caractère. Si la couleur de Decamps est plus phosphorescente, le dessin de Marilbat a plus d'élégance. Dans la même chronique, Gautier évoque la confraternité entre artistes et écrivains au temps du Doyenné et décrit aussi l'apparition de Marilhat, le jour qu’il vint visiter le logis boèbme de Gérard (cf. Femmes du Caire, T, vi et note),

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