‹ Gerard De NervalChapitre 171 sur 319 · UNE AVENTURE DE L'ANCIEN SÉRAIL · texte numérisé non relu

UNE AVENTURE DE L'ANCIEN SÉRAIL

Mon vieux compagnon s’interrompit avec un soupir et me dit en regardant le ciel : « Je vais reprendre mon récit, je voudrais seulement vous montrer la reine de la fête qui commence pour Stamboul et qui durera trente nuits. » Il indiqua du doigt un point du ciel où se montrait un faible croissant : c'était la nouvelle lune, la lune du Ramazan, qui se traçait faiblement à l’horizon. Les fêtes ne commencent que quand elle à été vue nettement du haut des minarets ou des montagnes avoisinant la ville. On en transmet l’avis par des signaux.

« Que fiîtes-vous, une fois à Constantinople ? repris-je après cet incident, voyant que le vieillard aimait à se représenter ces souvenirs de sa jeunesse.

— Constantinople, monsieur, était plus brillante qu’aujourd’hui; le goût oriental dominait dans ses maisons et dans ses édifices qu’on a toujours reconstruits à l’européenne depuis. Les mœurs y étaient sévères, mais la difficulté des intrigues en était le charme le plus puissant.

— Poursuivez | lui dis-je vivement intéressé et voyant qu’il s’arrêtait encore.

— Je ne vous parlerai pas, monsieur, de quelques délicieuses relations que, j’ai nouées avec des personnes d’un rang ordinaire. Le danger, dans ces sortes de commerces, n'existe au fond que pour la femme, à moins toutefois que l’on n’ait l’imprudence grave de rendre visite à une dame turque chez elle, ou d’y pénétrer furtivement. Je renonce à

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