‹ Gerard De NervalChapitre 250 sur 319 · IV. LE LAC DE CONSTANCE Page · texte numérisé non relu

IV. LE LAC DE CONSTANCE Page

a. Variantes de :

P. : La Presse, 5 ef 26 mars 1840.

A. : L’Artiste, 15 wars 1846.

S. : La Silhouette, 14 ef 21 janvier 1849.

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a. P. add. : Demain, à cinq heures du matin, le bateau à vapeur m’emporte vers la froide Bavière, et l’on me prévient que la traversée sera orageuse. J'aimerais à subir une belle tempête sur le lac de Constance, mais il serait triste, ayant échappé une fois aux gouffres de la Méditerranée, d’être noyé dans un bassin |

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a. P. add.: comme la salle des Empereurs, à Francfort Page 22 :

a. P., À. : avec beaucoup plus d’agrément Page 25 :

a. P., À. add.: Voilà du moins un pays où les femmes n’ont pas adopté encore les chiffons sans goût de nos grisettes; ces surprises sont rares en voyage et se reproduiront peu dans le mien.

b. P., À., S. add.: en Allemagne c. P., A., S. : l’imprudente rivalité

d. P. add.: Chacun des gouvernements d’Allemagne à donc le monopole de la circulation; il en faut excepter les petits pays de 1 confédération, sillonnés par le réseau des postes féodales du prince de Tour-et-Taxis. Ce prince, dont vous avez dû souvent entendre répéter le nom, est le marquis de Carabas de l’Allemagne. Vous demandez à qui ce château-là ? — Au prince de Tour-et-Taxis. — A qui ces chevaux, ces voitures, ces journaux, etc., même réponse. (Car il possède aussi des journaux dans différents pays, toujours à titre féodal, notamment la Gazette des Postes et le Journal de Francfort). Ses apanages industriels sont innombrables. Ce prince, dont la principauté est imperceptible, a les revenus d’un puissant monarque; son peuple de postillons, ‘d'écrivains et d’ouvriers, paraît vivre heureux sous ses lois dans une étendue de peut-être deux cents lieues, du nord au midi. Bien plus, il a tant de bonheur, qu’ayant un médecin toujours auprès de sa personne et dont il avait fait un de ses ministres, que croyez-vous qu’il en soit advenu dernièrement? C’est le médecin qui est mort. Le prince de Tour-et-Taxis le pleure et n’en veut plus avoir d'autre. Cet homme ne mourra jamais; et pourtant on attend sa fin pour créer une foule de chemins de fer dont ses droits féodaux entravent de tous côtés l’exécution.

VARTIANTES 809

Que vous dire du pays que je parcours à l’heure qu’il est ? C’est une route assez monotone; des plaines, des montagnes ou plutôt des montées, et toujours, toujours des sapins; la plus grande partie de l'Allemagne est ainsi; c’est ce qui la rend si verte dans les chants des poètes. Hâtons-nous donc d’arriver à Augsbourg, une belle vieille ville, comme nous en verrons peu de ce côté, et qui m’a rappelé les Donnes cités des bords du Rhin. Celle-là mériterait un fleuve ou un ac pour baigner ses murailles et n’a pas même un ruisseau. La cathédrale est fort belle, les rues sont charmantes avec leurs grandes maisons peintes à fresque du haut en bas. Il y a là des Caravage et des Michel- Ange ignorés, que la pluie dégrade tous les jours; ce sont des galeries sans fin d’immenses tableaux sacrés ou profanes, trouées par les portes et les fenêtres, et dont la vue réjouit l’œil du passant; le plus grand nombre de ces peintures appartient au style rococo des deux derniers siècles; elles sont relevées souvent de sculptures et de dorures fort éclatantes. Dans la plus grande rue qui est presque une longue place, on rencontre l’Hôtel-de-Ville où l’on fait voir aux étrangers la célèbre chambre dorée, toute éclatante d’or et de bois sculpté, et éclairée d’un nombre infini de fenêtres. Une grande fontaine de marbre et de bronze, dans le style de la Renaissance, orne la place voisine de ce palais; c’est une des plus riches et des plus élégantes que j’aie vues, et c’est de quoi faire honte aux groupes de naïades et de tritons en fonte dont on décore économiquement nos places de Paris.

Après avoir admiré toutes ces beautés et rendu visite même aux bureaux de la Gazette d’ Angsbourg, le premier des journaux de l’Allemagne, je voulus compléter ma soirée par le spectacle. Il y avait deux affiches à tous les coins de rue : l’une annonçant Preciosa, opéra de Weber, et l’autre la représentation du Docteur Faust, au théâtre des Marionnettes. J’eus la malheureuse idée de négliger cette occasion de voir le drame naïf et enfantin qui inspira à Gæœthe son chef-d'œuvre éternel, et j’allai prendre une stalle au grand Opéra du lieu. On jouait d’abord un acte traduit d’un vaudeville français. C’est cé qui commence le spectacle dans toute l’Allemagne. Ensuite, une première cantatrice de Vienne devait se faire entendre daris l’entr’acte; en effet, le vaudeville terminé, voilà que la porte du fond s’ouvre, et il paraît une énorme femme vêtue de noir. Elle chante un couplet avec une voix de basse superbe. Serait-ce un homme déguisé ? Point du tout; elle entonna le second couplet avec un soprano plus aigu que celui de Mle Déjazet. Qu'est-ce donc que ce monstre musical ? Au troisième couplet, elle chante le premier vers avec sa voix de basse, le second avec sa voix de tête, et ainsi de suite. Après ce tour de force inouï, l’enthousiasme du public éclata vivement, la grosse femme fut couverte de fleurs et il en fallut beaucoup. Puis l’on commença Preciosa. Mais je ne tardai pas à m’apercevoir d’une chose, c’est que les acteurs déclamaient purement et simplement les vers du poème, pendant que l’orchestre jouait en sourdine la musique de Weber. Je me hâtai de sortir du théâtre, espérant trouver ouvert encore celui des Marionnettes, mais je n’arrivai que pour entendre la dernière détonation qui engloutissait le docteur Faust dans les enfers.

La dernière phrase du chapitre ne figure pas dans P. elle n’est pas non plus dans À.; par le chemin de fer d’Augsbourg wanque dans S.

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