‹ Gerard De NervalChapitre 300 sur 319 · V. O. (1, Appendice) [sans titre · texte numérisé non relu

V. O. (1, Appendice) [sans titre

S. : La Silhouette, 24 juin [sans titre] et 4 novembre 1849 [#itre de 1851].

b. R. M. remplace 127 alinéa par : — La période littéraire où nous vivons ressemble beaucoup à celle qui commença la seconde moitié du xvinie siècle. Alors comme aujourd’hui on se jetait dans la curiosité, dans les recherches excentriques, dans le paradoxe en un mot. Si le paradoxe a perdu le xvirr® siècle, comme on l’a dit, que fera-t-il encore du nôtre ? N'y reconnaît-on pas le mélange le plus incohérent d'opinions politiques, sociales et religieuses qui se soit vu depuis la décadence romaine ? Ce qui manque, c’est un génie multiple, capable de donner un centre à toutes ces fantaisies égarées. À défaut d’un Lucien ou d’un Voltaire, le public ne prendra qu’un intérêt médiocre à cet immense travail de décomposition où s’évertuent tant d’écrivains ingénieux.

Le xvirre siècle à publié la Défense du Mahométisme, comme il avait tenté de ressusciter l’épicuréisme et les théories des néo-platoniciens. Ne nous étonnons pas, après les travaux qui reparaissent dans ce dernier sens, de voir un écrivain lever parmi nous l’étendard du prophète. Cela n’est guère plus étrange que de voir se construire une mosquée à Paris, événement annoncé comme prochain. Après tout, cette fondation ne serait que juste, puisque les musulmans permettent chez eux nos églises, et que leurs princes nous visitent comme autrefois les rois de l'Orient visitaient Rome. Il peut résulter de grandes choses du frottement de ces deux civilisations longtemps ennemies, qui trouveront leurs points de contact en se débarrassant des préjugés qui les séparent encore. C’est à nous de faire les premiers pas et de rectifier beaucoup d'erreurs dans nos opinions sur les mœurs et les institutions sociales de l'Orient. Nôtre situation en Algérie nous en fait surtout un devoir. Il faut nous demander si nous avons quelque chose à gagner par la propagande religieuse, ou s’il convient de nous borner à influer sur l'Orient par les lumières de la civilisation et de la philosophie. Les deux moyens sont également dans nos mains; il serait bon de savoir encofe si nous n’aurions pas à puiser dans cette étude quelques enseignements pouf nous-mêmes.

Lorsque l’armée française s’empara de l'Égypte, il ne manquait pas dans ses rangs de moralistes et de réformateurs décidés à faire

V ARLANTES 863

briller le flambeau de la raison, comme on disait alors, sur ces sociétés barbares; quelques mois plus tard, Napoléon lui-même invoquait dans ses proclamations le nom de Mahomet, et le successeur de Kléber embrassait la religion des vaincus; beaucoup d’autres Français ont alors et depuis suivi cet exemple, et, en regard de quelques illustres personnages qui se sont faits musulmans, on aurait peine à citer beaucoup de musulmans qui se soient faits chrétiens. Ceci peut-être prouverait seulement que l’islamisme offre à l’homme certains avantages qui n’existent pas pour la femme. La polygamie à pu, en effet, tenter de loin quelques esprits superficiels; mais, certes, ce motif n’a dû avoir aucune influence sur quiconque pouvait étudier de près les mœurs réelles de l'Orient. M. de Sokolnicki a réuni, dans un ouvrage un peu paradoxal peut-être, mais où l’on rencontre beaucoup d’observation et de science, tous les passages du Coran et de quelques autres livres orientaux qui ont rapport à la situation des femmes. Il n’a pas eu de peine à prouver que Mahomet n’avait établi en Orient ni la polygamie, ni la réclusion, ni l’esclavage; cela ne peut plus même être un sujet de discussion : il s’est attaché seulement à faire valoir tous les efforts du législateur pour modérer et réduire le plus possible ces antiques institutions de la vie patriarcale, qui furent toujours en partie une question de race et de climat.

L'idée de la déchéance de la femme et la tradition qui la présente comme cause première des péchés et des malheurs de la race humaine remontent spécialement à la Bible, et ont dû par conséquent influer sur toutes les religions qui en dérivent. Cette idée n’est pas plus marquée dans le dogme mahométan que dans le dogme chrétien. Il y a bien une vieille légende arabe qui enchérit encore sur la tradition mosaïque; toutefois, nous hésitons beaucoup à croire qu’elle ait jamais été prise au sérieux.

On sait que les Orientaux admettent Adam comme le premier homme dans l’acception matérielle du mot, mais que, selon eux, la terre avait été peuplée d’abord par les dives ou esprits élémentaires, créés précédémment par Dieu d’une matière é/evée, subtile et lumineuse.

[Suit : La Légende de Soliman { Appendice Il) de : Après avoir laissé. à : la mère du monde] ef add. : Hésiode qui peint si longuement les enfantements monstrueux et les luttes des divinités mères du cycle d'Uranus, n’a pas présenté de mythe plus sombre. Revenons aux conceptions plus claires de la Bible, qui s’adoucissent encore et s’humanisent dans le Coran.

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a. R. M. : Jésus S: "Dieu

b. R. M. V. O. S. : Que croire aussi du préjugé européen c. R. M. : préjugé Page 703 :

a. R. M. : De notre temps encore, les Arabes du Liban avaient

conféré une sorte de souveraineté honorifique à la célèbre Lady Stanhope

b. R. M., V. O. S. : Lady Montague

c. R. M. V. O. S. add.: Tous les voyageurs ont rencontré bien des fois, dans les rues de Constantinople, les femmes des sérails, non pas, il est vrai, circulant à pied comme la plupart des autres femmes, mais en voiture ou à cheval, comme il convient à des dames de qualité, et parfaitement libres de tout voir et de causer avec les marchands. La liberté était plus grande encore dans le siècle dernier, où les sultanes pouvaient entrer dans les boutiques des Grecs et des Francs (les boutiques des Turcs ne sont que des étalages). Il y eut une sœur du sultan qui renouvela, dit-on, les mystères de la Tour de Nesle. Elle ordonnait qu’on lui pottât les marchandises après les avoir choisies, et les malheureux jeunes gens qu’on chargeait de ces commissions disparaissaient généralement sans que personne osât parler d’eux. Tous les palais bâtis sur le Bosphore ont des salles basses sous lesquelles la mer pénètre. Des trappes recouvrent les espaces destinés aux bains de mer des femmes. On suppose que les favoris passagers de la dame prenaient ce chemin. La sultane fut simplement punie d’une réclusion perpétuelle. Les jeunes gens de Péra parlent encore avec terreur de ces mystérieuses disparitions.

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a. R. M., V. O. S. add.: C’est en nous pénétrant de ces justes observations, et en nous dépouillant des préjugés qui nous restent encore, que nous ferons tomber peu à peu ceux qui ont rendu jusqu’ici

douteuses pour nous lPalliance ou la soumission des populations musulmanes.

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