LA MESSE DE VÉNUS
L’Hypnérotomachie 1 nous donne quelques détails curieux sur le culte de la Vénus Céleste dans l’ile de Cythère, et sans admettre comme une autorité ce livre où l’imagination a coloré bien des pages, on peut y rencontrer souvent le résultat d’études ou d’impressions fidèles.
Deux amants, Polyphile et Polia, se préparent au pèlerinage de Cythère.
Ils se rendent sur la rive de la mer, au temple somptueux de Vénus Physizoé. Là, des prêtresses, dirigées par une Prieuse mitrée, adressaient d’abord pour eux des oraisons aux dieux Foricule, Limentin, et à la déesse Cardina. Les religieuses étaient vêtues d’écarlate, et portaient en outre des surplis de coton clair un peu plus courts; leurs cheveux pendaient sur leurs épaules. La première tenait le livre des cérémonies, la seconde une aumusse de fine soie, les autres une châsse d’or, le cécespite où couteau du sacrifice, et le préféricule où vase de libation; la septième portait une mitre d’or avec ses pendants; une plus petite tenait un cierge de cire vierge; toutes étaient couronnées de fleurs. L’aumusse que portait la prieuse s’attachait devant le front à un fermoir Ÿ or incrusté d’une ananchite, pierre talismantique par laquelle on évoquait les figures des dieux}.
La prieuse fit approcher les amants d’une citerne située au milieu du temple, et en ouvrit le couvercle avec une clef d’or; puis, en lisant dans le saint livre à la clarté du cierge, elle bénit l’huile sacrée, et la répandit dans la citerne; ensuite elle prit le cierge, et en fit tourner le flambeau près de l’ouverture, disant à Polia : « Ma fille,