‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 113 sur 229 · Art. pub. dans l'Illustration, 1850; Appendice de Lorely · texte numérisé non relu

Art. pub. dans l'Illustration, 1850; Appendice de Lorely

LA RECHUTE

L’autographe était un cpiatrain de Gœthe « sur un portrait de la jeune princesse Marie de Prusse » : car telle était la royale fée qui avait illuminé pour lui la maison solitaire du poète.

Ce sera l’une de ses dernières joies.

Maintenant la fortune mauvaise le harcèle à nouveau : petits et grands ennuis l’inquiètent et le chagrinent. C’est ainsi qu’en novembre 1850 il se voit chassé d’un logis, que lui, l’hôte inconstant, affectionnait singulièrement : c’était un réduit modeste d’une vieille maison de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, où l’avait ramené le souvenir de l’impasse du Doyenné. Ses absences ou ses voyages ne lui ont pas permis d’y faire long séjour. Ses amis ignorent même cette adresse ; Théophile, qui, de son côté, vagabonde depuis des mois, tantôt à Bruxelles, tantôt à Naples (69), lui écrit le 21 novembre 1850 : « Ernesta prétend que tu perches rue Saint-Thomas-du-Louvre, n° 4 ; je croyais ces masures démolies... 1 » Elles n’allaient pas tarder à l’être : une expropriation emportait, peu après, ce pâté séculaire pour le dégagement des abords du Louvre et le prolongement de la rue de Rivoli. Le 20 novembre 1850, un congé en bonne forme était notifié à Gérard pour le 1er janvier suivant. Il est vrai que cette injonction de déguerpir était mitigée par l’offre réconfortante d’une indemnité de 20 francs, laquelle devait être acceptée dans un délai de quinze jours, à peine de déchéance; Gérard négligea l’indemnité, mais se vengea, par l’ironie, des formules aussi agressives que surannées dont l’administration assaisonne ses exploits contre de paisibles citoyens. 2

C’était une mauvaise saison pour être mis hors de chez soi : mais un déménagement pour lui n’était pas chose compliquée (70) : il semble, en effet, que, d’année en année, il se soit ingénié à simplifier les accessoires de la vie. Après 1851, il ne s’agit plus que de véritables campemens. Busquet a raconté la visite, que lui fit faire Gérard, de son appartement de la rue du Mail, no 9, où il s’était ensuite transporté ; c’était une maison fort décente, où Busquet fut

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