‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 115 sur 229 · Lettre inédite (Collect. de l’auteur · texte numérisé non relu

Lettre inédite (Collect. de l’auteur

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ARSÈNE HOUSSAYE D’après un portrait par J. Varnier (l’Artiste).

LA RECHUTE

« Je me promenais dans la campagne, préoccupé d’un travail qui se rattachait aux idées religieuses. En passant devant une maison, j’entendis un oiseau qui parlait selon quelques mots qu’on lui avait appris, mais dont le bavardage confus me parut avoir un sens je sentis un frémissement de mauvais augure ; quelques pas plus loin, je rencontrai un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps et qui demeurait dans une maison voisine. Il voulut me faire voir sa propriété, et, dans cette visite, il me fit monter sur une terrasse élevée d’où l’on découvrait un vaste horizon. C’était au coucher du soleil. En descendant les marches d’un escalier rustique, je fis un faux pas et ma poitrine alla porter sur l’angle d’un meuble. J’eus assez de force pour me relever et m’élancer jusqu’au milieu du jardin... Ce ne fut cependant qu’un évanouissement, après lequel j’eus encore la force de regagner ma demeure pour me mettre au lit. La fièvre s’empara de moi ; en me rappelant de quel point j’étais tombé, je me souvins que la vue donnait sur un cimetière, celui même où se trouvait le tombeau d’Aurélia. Je n’y pensai véritablement qu’alors ; sans quoi, je pourrais attribuer ma chute à l’impression que cet aspect m’aurait fait éprouver !... 1 »

Ces deux textes visent bien le même accident : une chute; un coup à la poitrine. Le récit d 'Aurélia fait, en outre, allusion « à un travail qui se rattachait aux idées religieuses ». C’est de Quinlus Aucler qu’il s’agit: cet article parut, en effet, dans la Revue cle Paris, en novembre 1851, sous ce titre : les Païens de la République : Quinlus Aucler ; or c’est bien de ce travail dont il excuse le retard dans la lettre à Houssaye.

Unedernière concordance résulte d’une lettre à M. Perrot, chef du bureau des théâtres au ministère de l’Intérieur : Gérard, qui sollicite un secours, fait allusion à la maladie qu’il vient de faire et qui est évidemment la conséquence de sa chute. Cependant il s’était rétabli assez vite et avait recouvré toute sa lucidité, si tant est qu’il l’eût perdue, puisque, dès le 9 novembre, il écrivait à Arsène Houssaye :

« Ne vous inquiétez pas de Misanthropie. Il y a trois actes faits qui sont à la copie. Vous les aurez successivement d’ici à jeudi. Nous serons donc en mesure pour le retour de Rachcl. C’est très difficile, et plus que je ne croyais, non à comprendre, mais à rendre : ce vieux style allemand résiste tant qu’il peut. Vous vous rendrez coiupte des difficultés en lisant. Heureusement le cin-

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