Lettre inédite. Communiquée par M. Léon Séché
Mais il a trop présumé de son rétablissement : une sortie liàtive, à la fin de septembre, a provoqué un nouvel accès, alors qu’il se trouvait en compagnie de deux amis, Bernard Lopez, son collaborateur des Monténégrins , et un marchand de billets, nommé Held : tous deux, ont dû le ramener de force à Passv. Un régime plus sévère est alors prescrit, et, seuls, Stadler et Georges Bell sont admis à le visiter. Il se trouve que Gérard a donné congé de sa lurne , — entendez le logement de la rue du Mail, — et qu’il faut vider les lieux pour le 8 octobre. Mais où va-t-on remiser son mobilier ? Le Dr Labrunie, requis d’aviser, répond au Dr Blanche, le 2 octobre :
« J’ai envoyé rue du Mail; le local de Gérard est loué. 11 m’est impossible de recevoir chez moi ses effets ; mon appartement est trop étroit; je n’ai qu’une petite chambre pour ma bonne, mais elle est remplie de ses effets, que ses héritiers, que je ne connais pas, ne sont pas prêts à retirer. Gérard peut indiquer à peu près le parti qu’il veut prendre à ce sujet. Sans doute un de ses amis pourra lui être utile. Pour moi, qui suis seul et qui marche à peine, je ne puis pas même faire des informations et je ne puis lui être utile en rien. Veuillez, Monsieur, recevoir mes remerciemens pour vos bontés pour lui et me croire votre très humble et très dévoué serviteur : Labrunie. 1 »
Le fils va d’ailleurs au-devant de l’apathie paternelle :
« Mon cher papa, — écrit-il le 7 octobre, — je comptais en avoir fini avec cette bizarre exaltation nerveuse ; mais elle m’a repris depuis une semaine. Aujourd’hui je vais très bien. M. Blanche, après m’avoir traité par les bains, m’a donné hier trois pilules purgatives, et aujourd’hui de la limonade, ce qui m’a remis tout à fait. On m’a dit que tu étais averti, mais je crains qu’on ne L’ait parlé de mon déménagement qui doit avoir lieu demain 8 octobre, avant midi. Ce n’est pas à ton âge qu’on peut se préoccuper de ces choses-là, fût-ce pour soi-même. Ne donne pas d’argent, j’ai de quoi faire face à cette dépense, si mes amis ne sont pas hors de Paris, ou si l’on me permet d’aller chercher l’argent qui m’est dû.
« Je ne sais comment va Gabrielle; Lu vois que je n’y pouvais rien, voilà encore un tracas que je te donne involontairement, mais crois bien que tu n’as nullement à t’en affecter et que tout va bien aller. Surtout ne donne pas d’argent, car je me méfierais