Publ. par A. Houssaye, le Livre
sur les premiers chapitres ; s’il en était autrement, je le jugerais indigne d’avoir des créanciers ! !... 1 »
Mais ce qui le plus occupe ses heures, en ces derniers mois de 1853, c’est la préparation des Filles du Feu , que doit éditer Giraud, au printemps de 1854. Il voudrait bien donner au volume une importance convenable, au moyen d’une introduction et d’une sixième nouvelle. De l’introduction il se tire, en encadrant dans la préface à « Alexandre Dumas » son Roman iragique, publié dans /’ Arlisle en 1844. Mais l’embarras consiste à trouver la dernière nouvelle. D’abord il songe à la Pandora, œuvre de cauchemar, fantastique jusqu’à la déraison, où ses souvenirs de Vienne, du Valois et de Saint-Germain sont mêlés, confondus et déformés à plaisir. Une erreur dans l’envoi de la copie est signalée par deux lettres du 30 novembre, l’une à l’éditeur Giraud, l’autre à un prote d’imprimerie, que Gérard appelle mon cher Abel :
« Il y a une légère erreur dans mon envoi d’hier, écrit-il à ce dernier. Il faudrait me garder le Comte de Saint-Germain, s’il n’est pas encore composé. Sinon, faites-le-moi dire. J’ai aussi quelques modifications à faire à la copie d’hier. Mais je les ferai sur l’épreuve en placards. C’est peu de chose d’ailleurs : Y introduction donnera la clé et la liaison de ces souvenirs. Soyez assez bon pour transmettre la lettre ci-jointe à M. Giraud. 2 »
Le Comle de Sainl-Germain , une nouvelle étude d’illuminé, ne fut pas publié. Peut-être ce travail se sentait-il, autant que la Pandora, des troubles momens de sa gestation, et les deux éditeurs eurent-ils le même scrupule. Cependant la lettre à Giraud affirme bien l’intention de faire de Pandora la dernière fille du feu :
« ...En revanche, on vous enverra du journal Paris, la Pandora, qui prendra place dans notre volume. Elle doit être composée ; prenez l’épreuve dans ce cas. Dites à M. Venet que j’ai un petit changement à faire pour éclaircir le dénouement. Que, du reste, il l’illustre avec les vignettes de la Poupée de Nuremberg, et ce qu’il voudra des autres... 3 »
1. Lettre publ. par M. Maurice Tourneux, l’ Intermédiaire, 25 mars 1889-