‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 157 sur 229 · Lettre publiée par Georges Bell · texte numérisé non relu

Lettre publiée par Georges Bell

les larmes aux yeux en écoutant tous les détails de ces désastres. Ce brave homme est un hôtelier avec qui j’ai déjeuné et passé une demi-journée en parlant de la France et de ces temps-là. Je lui ai raconté ton histoire et il disait à tous momens : Esl-ce possible? prenant intérêt à un homme de son âge heureusement bien conservé comme lui. 1 »

De la même ville encore, le 30 juin, il fait part au Dr Blanche de ses projets; puis il revient sur l’art de Wagner, où il retrouve, — ainsi qu’il l’a déjà expliqué à propos de Lohengrin, — sa propre conception du « poète musicien ».

« Dites à Antony, que cela m’intéressera surtout à cause de lui et je tâcherai de définir Wagner de façon à ce qu’il n’ait rien à dire. Jusqu’ici je n’ai vu que des opéras connus : Fidélio, Don Juan et le Prophèle. Ici la Dame Blanche est bien chantée en allemand. Mais je me sens fort disposé en faveur de la musique, et mes théories, que je n’expose pas souvent, se rapportent assez à celles de Richard Wagner... 2 »

Le même jour, il écrit à l’éditeur Sartorius et lui dit ce qu’il pense des fantaisies de Mirecourt. Il ajoute qu’il a rencontré à Leipsick son ami Massé (Henry d’Egmont), le traducteur d’Hoffmann; — «un ancien du temps de Rogier et de notre palais du Louvre »3.

La perspective des fêtes de la Wartburg a-t-elle éveillé les craintes du Dr Blanche? Celui-ci a dû faire quelques remontrances à Gérard, qui lui répond, de Weimar, dans les premiers jours de juillet :

« Votre dernière lettre a été pour moi un reproche bien sensible et m’a troublé au moment où j’espérais beaucoup de plaisir de mon voyage à Weimar, d’autant que je l’ai ouverte en présence de Listz qui m’avait accompagné à la poste... »

Il est, en effet, resté deux jours près de Liszt, qui a dû le quitter pour partir vers le Nord : mais ces fêtes, ces distractions de société, que Blanche avait interdites, ont ramené le trouble. Le médecin de 1 esprit avait îaison et la correspondance de son malade a justifié ses craintes . en lui annonçant son mariage, Blanche en prend pré-

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