Lettre à Godefroy, déjà citée, p
2. Collect. Henri Houssaye. Cité par Champfleury, Grandes figures.
L’AGONIE
il a passé, avec Michel Lévy, un traité pour une nouvelle édition des Filles du Feu (81). Il négocie en outre avec le même la cession d’un autre ouvrage intitulé : Nouvelles el fanlaisies (82), dont le traité ne sera signé que le 27 octobre, après sa sortie de Passy. Qui donc, en présence de cette lucide activité, songerait encore à le croire fou?
Blanche ne cache point son mécontentement cependant; il peut, du reste, se montrer froissé d’une aussi téméraire intervention, du dédain affecté par ces étourdis à l’égard du praticien et de l’homme de science. La lettre suivante, qu’il écrit le 11 octobre au Dr Évariste Labrunie, exprime ses derniers scrupules et le désir de mettre à couvert sa responsabilité :
« Mon cher confrère, votre cousin M. Gérard de Nerval me tourmente beaucoup pour que je lui rende la liberté. Sachant qu’il n’a aucun asile à Paris, je ne puis pas lui permettre de quitter ma maison avant d’être certain qu’il a au moins une chambre où il dépose ses meubles et où il puisse s’installer. C’est à vous d’abord que je m’adresse pour savoir si vous entendez vous occuper de ces soins, ou si, à votre défaut, quelque membre de votre famille s’en chargera. Je suis d’ailleurs décidé à remettre M. Gérard de Nerval à celui de ses parens ou amis qui acceptera par écrit la responsabilité du malade, du moment où il aura quitté mon établissement. Si ni parent ni ami ne veulent se charger de lui, j’avertirai l’autorité supérieure qui avisera. Vous ne devez pas ignorer qu’à l’époque où M. Gérard de Nerval est tombé malade, M. Labrunie, son père, m’a signifié qu’il ne pouvait pas s’occuper de son fils. Agréez, Monsieur et honoré confrère, les hommages empressés de votre bien dévoué serviteur, E. Blanche. 1 »
Gérard, méfiant et tout à son idée, écrit lui-même à son cousin Évariste, le 13 octobre :
« Mon cher cousin, M. le Dr Blanche vous a écrit sans doute que j’avais obtenu deux signatures de deux de mes amis, M. Godefroy, avocat de notre Société des Auteurs, et J. Janin, du journal des Débals. Il vous aura fallu sans doute consulter quelque homme de loi, et la lettre a dû partir avant-hier soir jeudi, et vous n’êtes pas venu hier. On veut agir sans doute à la rigueur et M. Blanche a raison de mettre à couvert sa responsabilité; en outre, le service de la banlieue est très mal fait quant aux lettres envoyées ou reçues, ce dont j’ai eu plusieurs fois la preuve. Il ne faut donc pas accuser M. Blanche qui m’a trop accoutumé à