‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 164 sur 229 · Lettre inédite. Cellect. Henri Houssaye · texte numérisé non relu

Lettre inédite. Cellect. Henri Houssaye

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l’appeler mon ami pour que je doute de sa bonne foi. Mon père a pu se tromper en pensant qu’il m’en avait voulu de l’appeler mon cher Émile dans mes lettres écrites d’Allemagne. C’est un esprit au-dessus de ces petits détails. Je suis consigné depuis avant-hier jeudi. Je vous attends donc avec impatience afin de sortir définitivement et de mettre ordre à mes affaires qui périclitent par suite de cette détention que je continue à croire bienveillante. J’ai signé un traité avec M. Michel Lévy qui m’a donné des arrhes. Des créances arriérées réclament mon attention. M. Lecou a à se plaindre de la non-exécution d’un traité qui veut ma présence à Paris1. J’ai vu son premier commis, et c’est au commencement de l’hiver que ces sortes de livres peuvent seulement être lancés. Je n’ai pu voir Duffaut, que notre cousin Gautier, de Bordeaux, m’avait recommandé d’aller trouver pour mes affaires. Je suis détenteur de deux volumes de la Bibliothèque impériale qu’on ignore avoir été prêtés à l’hôte d’une maison de santé et qui devaient être rendus hier jeudi 12 octobre. Il est donc inutile de compliquer la situation, puisque je tiens à sortir de la maison de M. Blanche, en conservant son amitié et en m’acquittant envers lui, partie en argent comptant et partie en billets. Il comprend lui-même qu’il ne peut en être autrement. Mes deux médecins précédens étaient Aussandou, que j’ai vu depuis, et Vidal de Gassie. M. Vigla, médecin delà maison Dubois, m’a aussi traité à deux reprises, d’abord d’un érésipèle, il y a deux ans, puis d’une rechute, l’année passée, à la suite de laquelle j’ai été conduit par mon ami Ghenavard à la maison du Dr Blanche, après avoir été déposé une nuit à la Charité. J’y ai été reconduit, de force également, un mois après, par MM. Held et Bernard Lopez, l’un marchand de billets à qui je dois 200 francs, et l’autre mon collaborateur dramatique; ils demeurent (Held), rue Jeanisson, n° 15, Chenavard, rue des Beaux-Arts, n° 5 bis. C’est le peintre. J’ai vu les deux premiers et je n’ai pas rencontré le second. J’ai besoin aussi de me rendre au Théâtre- Français relativement à la prochaine mise à l’étude de ma traduction de Misanthropie et Repentir , pour laquelle j’ai reçu une somme de 1500 francs d’avance des fonds de la Comédie- Française, d’après une décision de M. de Morny, ministre de l’Intérieur. Ayant été empêché l’hiver dernier, je ne puis retarder les corrections qui m’ont été demandées pour cet ouvrage, dont les rôles sont distribués. Mon agent dramatique, à qui je dois 200 francs pour ce même ouvrage, imputable sur les recettes, demeure rue Feydeau (Saint-Marc), n° 4. Votre affectionné cousin : Gérard de Nerval. 2»

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