‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 178 sur 229 · Arsène Houssaye. Préface d’Aurélia, Lecou · texte numérisé non relu

Arsène Houssaye. Préface d’Aurélia, Lecou

quelque résultat, en comptant de plus en plus sur l’avenir. Votre bien dévoué : G. de Nerval. Ce 2 janvier 1855.

« Pardon de vous laisser encore embarrassé de mes effets ; je ne tarderai pas à prendre un logement, n’en ayant pas trouvé à ma convenance le terme dernier. 1 »

Alfred Delvau dit l’avoir rencontré, un soir neigeux de ce dernier hiver, au fameux Cabaret de la Canne, sur le boulevard Montmartre. Sans le connaître, il avait engagé avec lui un entretien plein d’intérêt sur les dessous ténébreux de Paris, sur Montmartre et sa dernière vigne : puis ils s’étaient quittés, vers deux heures du matin, devenus, sans s’être nommés, les meilleurs amis du monde. Delvau, qui publiait alors, dans un journal parisien, une Galerie des Célébrités contemporaines, y avait consacré un premier article à Gérard de Nerval. Avant même que le second ne parût, il recevait de l’écrivain, dans les premiers jours de janvier 1855, la lettre suivante :

« Monsieur, que de choses charmantes vous avez écrites sur mes livres ! Je n’ose me sentir digne de tant d’éloges. Mais cela vient m’encourager dans un moment où j’ai besoin de m’appuyer sur ce que j’ai fait pour tâcher de mieux faire, si ma santé le permet encore. Je suis heureux de me voir soutenu par un écrivain qui parle de style en maître et qui entend si hautement la critique littéraire. J’attends le numéro prochain pour me rendre compte de l’ensemble de votre appréciation et vous en remercier pleinement, avec l’espoir de profiter de quelques sévérités, qu’il me reste à vous demander du moins. — Votre bien dévoué :

Le lendemain, Delvau rencontrait Gérard chez l’éditeur Bry, et apprenait ainsi le nom de l’inconnu du cabaret de Montmartre. Rien d’étrange ne lui était apparu en lui, et il se reprocha de n’avoir pas discerné « cette violette littéraire qui ne se révélait que par le parfum de ses livres ».

Théophile Gautier et Maxime du Camp avaient, eux, des souvenirs plus récens : ils se trouvaient, le 20 janvier, au bureau de la Revue de Paris, causant du Capitaine Fracasse, que Gautier songeait à commencer, lorsqu’ils virent entrer Gérard, vêtu d’un chétif habit noir, alors que

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