‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 186 sur 229 · LETTRE DE GÉRARD A ARSÈNE 110USSAYE POUR LUI FAIRE PART DE L’ACCIDENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE GÉRARD A ARSÈNE 110USSAYE POUR LUI FAIRE PART DE L’ACCIDENT

oui lui est arrivé a Montmartre (25 Septembre 1851). Voir p. 250.

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s’en évada. Houssaye reçut, le lendemain, la réponse suivante :

« Monsieur, je m’empresse de vous informer que toutes les informations que j’ai prises, au reçu de votre lettre en date d’hier, n’ont fait que me confirmer dans les pensées que M. Gérard de Nerval s’est suicidé, ainsi que je l’ai constaté dans mon procèsverbal.

« Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

« Le Commissaire de police,

Eue. Blanchet.

« Le 29 mars 1855. 1 »

Que faut-il de plus? Et quelle plus entière certitude pourraient apporter les pièces détruites de l’enquête?

On a dit cependant que l’hypothèse du meurtre avait été mise en avant pour vaincre les scrupules de l’autorité religieuse, qui eût pu refuser au suicidé les prières de l’Eglise.

11 ne semble pas que ce subterfuge fût nécessaire. Aux premiers mots qui lui furent prononcés, le vicaire de service à Notre-Dame aurait simplement demandé : « Quelqu’un a-t-il vu ce malheureux se pendre? — Non, personne. — Alors, notre devoir est de supposer qu’il a été victime d’un crime. » Telle est la relation de Maxime du Camp. Arsène Houssaye raconte, de son côté, qu’étant allé, la veille des obsèques, trouver l’archevêque de Paris, celui-ci lui aurait simplement demandé, pour la bonne règle ecclésiastique, une lettre du Dr Blanche. Cette lettre, la voici :

« Monseigneur,

« M. Labrunie (Gérard de Nerval), âgé de quarante-cinq ans, né à Paris, homme de lettres, a été atteint, à plusieurs reprises, ces dernières années, d’accès d’aliénation mentale, pour lesquels, mon père et moi, nous lui avons donné des soins. Vers la fin, le

12 octobre 1853, M. Gérard de Nerval m’a été amené dans un état de délire furieux ; après sept mois de traitement, il a fait un voyage de convalescence en Allemagne ; peu de temps après son retour, il est retombé malade et, le 8 août 1854, il m’a été de nouveau confié. Cette dernière crise a été moins longue, et, le 19. octobre, sur ses instances, je l’ai remis à sa tante, Mme Labrunie, qui, prévenue par moi que M. Gérard avait toujours besoin

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