Page 178. — Acte de décès de Jenny Colon
« Ier Arrond. de Paris. Année 1842. Du 5 juin 1842, à midi et demi. Acte de décès de dame Marguerite Colon, artiste dramatique, âgée de trente-quatre ans, mariée au sieur Louis-Marie-Gabriel Leplus, professeur de musique, âgé de trente-cinq ans, ladite défunte, née à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), a décédé à Paris, en son domicile, rue Neuve des Mathurins, n° 17, ce jourd’hui, à six heures du matin ; sur la déclaration du sieur Frariçois- Denis d’Harminville, agent des théâtres, âgé de cinquante-six ans, demeurant rue Montmartre, 170; François-Auguste Goy, employé, âgé de quarante-cinq ans, demeurant rue de Chartres (Tuileries), n° 8. »
55. Page 179. — Cette sépulture occupe le n° 1 de l’avenue Samson, 22° division, lre ligne. Le titre d’acquisition, au cimetière Montmartre, au nom de M. Leplus, porte le n° 627 et la date du 29 octobre 1842.
56. Page 179. — D’autres noms y furent inscrits plus tard: celui de la seconde Mme Leplus, née Marie-Juliette-Caroline Habeneck, décédée le 8 août 1870, et de Ludovic Leplus lui-même, inhumé le dernier, le 18 mars
Sur Jenny Colon, voir, outre documens cités, l’Artiste, août 1837 et janvier 1838; et encore Mémoires des Autres, par la Comtesse Dash, Paris, s. d., à la Librairie Illustrée. L’auteur critique la couleur des cheveux de l’actrice, qui étaient roux, nuance alors peu estimée.
57. Page 189. — Ce carnet comprend trois petits cahiers débrochés d’ensemble 48 pages noncotées, de format in-18 ; le premier fascicule porte sur la première page une sorte de plan surmonté d’un petit dessin rehaussé d’aquarelle. L’un de ces cahiers, de 18 pages, paraissant incomplet, comprend uniquement l’état des dépenses de Gérard ; les deux autres, écrits tantôt au crayon, tantôt à la plume, le plus souvent indéchiffrables, contiennent un mélange de notes bibliographiques, historiques, religieuses, de sommaires impressions, des idées jetées sans ordre ni suite, mêlées à des références d’ouvrages d’occultisme et de cabale.
58. Page 191. — Il écrit à Gautier, au départ de Damiette, la lettre suivante (sans date ni timbre de la poste), que nous ne pouvons transcrire entière :
« Mon pauvre chat, c’est bien au Caire que je suis, au grand Caire et non ailleurs, près du Nil et des Pyramides. Hé bien, ce n’est pas mal, mais le lieu n’a point de charmes inépuisables et voilà pour le moins deux mois que tu me manques essentiellement. Depuis le départ du consul, j’ai cessé de voir la Presse où tu me parlais un peu, bien peu toi-même ; puis je n’ai reçu aucune lettre; je compte en trouver à Beyrouth. Il est vrai qu’ici il faut en écrire trois pour qu’une arrive, — ce doit être la même chose réciproquement. Je voudrais tâcher de ne pas te décrire le pays; comme tu dois y venir, et en dois parler probablement beaucoup plus que moi, il importe que tu n’en aies pas d’avance des idées trop vraies. La ville des Mille et une nuits est un peu dégradée, un peu poudreuse ; pourtant il y a encore quelque chose à en faire. Ce qui est triste, c’est la pauvreté de la population : tu as bien fait de mettre le Caire en ballet avant de le voir. Il faut prendre l’époque des Mameloucks plutôt que l’époque actuelle, à moins de jeter parmi les comparses de l’Opéra des Anglais en caoutchouc, avec des chapeaux de coton piqué et des voiles verts, des Français étonnans portant fièrement
APPENDICE
et en guenilles les modes de 181G, des Turcs ridicules sous l’iiniforme de Stamboul, etc. Il ne faut pas négliger... (ici quelques mois enlevés par une déchirure)... de Mokattam, montagne qui... (autre déchirure).... Situ as besoin de jardins, il y en a au bord du Nil, et ceux de Rodda sont délicieux. Le jardin arabe est quelque chose de particulier, dont tu ne trouveras pas de gravures probablement.
Je voudrais te peindre un kiosque qui est à Rodda, mais je ne peux pas : c’est un escalier de terrasse, avec des berceaux de verdure se surmontant par étages, jusqu’au pavillon placé en haut, à peu près comme à l’isola bella du lac Majeur, mais plus léger, puis force cyprès d’un effet triste et charmant avec des colombes qui se penchent sur la pointe. Mais ce qui est merveilleux et que je puis encore moins rendre, ce sont des plates-bandes formant des dessins de tapis, des fleurs, des dessins en tamarins, très hauts. Cela (fëa^a quelque chose de funèbre, où l’on sent que les femmes doivent se promener au clair de lune, autour des bassins. Il y
a des bosquets de jasmins ou de
myrtes T'A taillés ainsi, — et circulaires, des citronniers uc taillés
unifor - '*■ u mément en quenouilles, des orangers chargés de fruits, mais non
taillés, — de grandes galeries pein- Les formant volières, un pavillon
de marbre à colonnes, où les fem- mes se baignent sous les yeux du
maître. Je regrette de ne pouvoir l’envoyer mon épreuve daguerréotypée de ce dernier qui est à Schoubra ; quelque peintre t’en donnerait le dessin ; il y a des crocodiles et des lions qui versent de l’eau ; c’est illuminé pour les fêtes. Tout cela peut se faire en effet de nuit avec la lune ; je regrette bien de n’être pas près de toi pour t’expliquer tout, mais en prenant pour motif les jardins de Schoubra, on ferait quelque chose de ravissant. Comme mœurs, j’ai vu de très curieux, — le pagne des Cophtes et la fête de la naissance du Prophète, puis le retour des pèlerins, où l’émir des hadjis passe à cheval sur le dos d’une foule de croyans, — puis les mariages dont tu trouveras la description exacte dans les deux volumes d’un Anglais nommé Lane, intitulés Moeurs des Egyptiens. Il y a une danse très bonne pour l’Opéra dans laquelle des Nubiennes font... les aimées pendant que d’autres frappent un vase d’argile qu’elles portent sur l’épaule; un coryphée mâle conduit la danse... et une femme, la tête couverte d’un voile de soie noire avec une grande robe rayée, dirige le tout avec un sabre recourbé, dansant une sorte de... avançant, reculant devant la marche : là, comme dans les mariages, chacun tient une bougie, si c’est le soir, et l’on porte des gerbes de bougies et des pots à feu. Il y a des costumes de femmes fellahs très gracieux ; l’Opéra les aura facilement. Tu verras peutêtre un peintBMt.s ourd, qui est parti avant nous, et à qui j’ai dit d’aller te voir.
« Mon ami, je suis une canaille, je t’écris toujours au moment où la poste part, et de plus aujourd’hui, je pars moi-même. Le Fonfrède est assez convenable. Il a acheté une esclave indienne... ( suit un détail intime impossible A reproduire).... Cette femme coûte très cher et nous ne savons plus guère qu’en faire. On a d’autres femmes tant qu’on veut. On se marie à la cophte,
ADDITIONS ET NOTES
à la grecque, et c’est beaucoup moins cher que d’acheter des femmes, comme mon compagnon a eu la muflerie de le faire. Elles sont élevées dans des habitudes de harem, et il faut les servir : c’est fatigant.
« Voilà donc l’affaire : nous partons aujourd’hui pour Damiette avec la femme et tout un ménage ; de là nous irons à Beyrout. Le voyage sera terminé cet automne. Je pense bien souvent à toi ; je rêve de toi ; je ne fais rien. On est très mou dans ce climat ; j’ai beaucoup lu. Je ne ferai guère qu’un ou deux articles sur les mœurs, que je t’enverrai ; mais il y aurait énormément à faire pour toi. Écris-moi absolument à Beyrout; tâche de m’y rejoindre cet été, pars après la pièce ; sans toi, je suis comme un crétin. L’heure presse, adieu. Dis-moi si Henriette a réussi et ce que tu en as fait. Dis bonjour à Perrot, à... ( ici une déchirure).... Je me porte comme un charme et trouve qu’il fait plutôt froid que chaud. Je t’embrasse de tout mon cœur, mon pauvre ami, et t’écrirai en arrivant. A Dieu. Gérard. » (Lettre inédite. Collcct. H. Houssaye.)
59. Page 221. — On connaît les Vers dorés de Pythagore, dont Fabre d’Olivet a donné une traduction. Gérard a placé comme épigraphe, en tête du sonnet Vers dorés, une citation de Pythagore : « Eh 1 quoi, tout est sensible. »
60. Page 223. — Traité avec Furne pour les Côtes de la Méditerranée :
« Entre les soussignés :
M. Gérard de Nerval, homme de lettres, demeurant rue La Rochefoucault, 39, d’une part ;
Et M. Charles Furne, libraire, rue Saint-André-des-Arts, 55, d’autre part ;
Il a été convenu ce qui suit :
M. Gérard de Nerval s’engage à faire, pour M. Furne qui l’accepte, un ouvrage dont le titre sera r La Méditerranée (ses côtes et ses îles).
L’ouvrage formera un seul volume semblable en tout à l’ouvrage de l’Algérie ancienne et moderne de M. Galibert et à celui de Venise du même auteur. Il formera 36 feuilles de texte.
Le prix de l’ouvrage payé à M. de Nerval sera de cinq mille francs, payé au fur et à mesure qu’il livrera sa copie.
Au delà de cinq mille exemplaires imprimés dudit ouvrage, M. de Nerval aura droit à un franc de rétribution par exemplaire qui en sera imprimé, quel que soit le nombre.
M. de Nerval pourra faire paraître des parties séparées de l’ouvrage de la Méditerranée, pourvu que ces parties n’excèdent pas la moitié de la totalité de l’ouvrage.
M. de Nerval s’engage à livrer son manuscrit dans l’espace de deux années à compter de ce jour.
Si le manuscrit de M. de Nerval dépassait 36 feuilles, le surplus serait livré gratis à M. Furne.
Fait double entre les parties pour être exécuté de bonne foi. — Paris le 10 décembre 1847. Approuvé l’écriture ci-dessus: ( signé ) Furne, Gérard de Nerval. »
(Coll, de l’auteur).
6 1 . Page 226.- — Paul de Musset, le National, 25-26 février 1850. — On relevait , dans la Nuit Blanche, des allusions séditieuses, telles qu’en ce couplet, chanté par Basile, ministre de l’instruction publique d’Ilaiti :
De l’art d’étouffer les esprits.
Nous sommes les apôtres,
Puisqu’on ne nous a rien appris N’apprenons rien aux autres.
APPENDICE
Un Parisien, en Amérique, chantait :
Gardons pour nous, peuple d’élus,
La liberté féconde,
Et que tous les rois absolus Partent pour l’autre monde...
N’y avait-il pas de quoi alarmer la Censure?
62. Page 228. — C’est sans doute un exemplaire du Faust de Klinger qu’il dit avoir offert au bibliothécaire de l’Arsenal... «un Faust illustré de planches allemandes... » ( Les Faux-Saulniers, Angélique, lettre III.)
63. Page 230. — Liszt avait d’abord songé à Dumas seul pour le livret de cet opéra, et ce n’est qu’ensuite qu’il fut question de la collaboration de Gérard. Citons à cet égard cette lettre de Liszt, du 25 décembre 1850 :
« Mon cher Monsieur Gérard, je viens vous demander un service d’amitié, en vous priant de vouloir bien remettre les lignes ci-après à Alexandre Dumas. S’il agréait l’offre que je lui fais, j’avoue que je vous en aurais une véritable reconnaissance et qu’un de mes vœux trop ambitieux peutêtre se trouverait ainsi réalisé. — A moins d’étendue excessive, quatre mois me suffiront pour terminer ma partition. Je vous prierai seulement de me communiquer au plus tôt copie du manuscrit de Dumas, afin que je puisse me mettre à l’œuvre. Bien tout à vous d’amitié. F. Liszt, 25 décembre 1850 ».
(Inédit. Coll. H. Houssaye).
64. Page 232. — N’est-ce pas là une réminiscence de la Fiancée de Corinlhc de Gœthe, que Gérard a traduite, en 1836, pour le Monde Dramatique ? La spectrale fiancée, échappée du tombeau, parle ainsi au jeune Grec, qui tente de la ranimer: « C’est bien malgré moi que je t’afflige ; mais, si la main touchait mes membres, tu frémirais de ce que je cache à tes yeux : blanche comme la neige, mais aussi froide est la fiancée que tu t’es choisie... » (Cf. Bibliographie).
65. Page 234. — Vers adressés à Gérard le 2 février 1852 (Coll. H. Houssaye). Voici la citation qu’en fait Mlle Julia Cartier :
Ce drame à la fois grotesque, colossal.
Religieux, instructif, touchant, sentimental.
Mélange adroit, savant, des vers et de la prose.
66. Page 236. — C’est, dit-il, dans sa lettre à Renduel, une grande association artiste ou sociale, appuyée de travaux importans, et qui triomphera ou tombera entièrement pendant l’hiver prochain (Lettre s. d. Col. Spoelberch de Lovenjoul).
67. Page 241. — Nous devons à M. Paul Nadar, ces détails, d’ailleurs conformes à la relation d’Alphonse Karr ( Livre de Bord, t. III, p. 211-213).
68. Page 243. — La référence bibliographique donnée par Gérard est très exacte : nous la relevons ainsi sur l’exemplaire, en notre possession : Evénement des plus rares ou l’hisloire du seigneur abbé comte de Buquoy singulièrement son évasion du Forl-V évêque et de la Bastille L’ Allemand à côté, revue et augmentée, deuxième édition avec plusieurs de ses ouvrages vers et proses et particulièrement la Game des Femmes et sc vend chez Jean de la Franchise, rue de la Réforme à l’Espérance à Bonncfoy = 1719 (Pet. in-12 avec un frontispice gravé représ, la Bastille).
69. Pag? 247. — Dans une lettre portant le timbre de la poste du 20 octobre 1850, et adressée à M. Théophile Gautier, à Naples, Gérard écrit. « As-tu reçu ma lettre de Leipsick? » (Collect. Spoelberch de Lovenjoul.)
70. Page 247. — Nous avons relevé, sur les documens consultés pour cet ouvrage, les divers domiciles ou résidences de Gérard : en voici la liste que nous n’oserions garantir complète :
ADDITIONS ET NOTES
Il est né au n° 96 de la me Saint-Martin ; son enfance se passe à Morte- /onlaine et, à partir de 1815 jusqu’en 1834, il habite avec son père, rue Saint-Martin, n° 72. En avril 1834, il demeure rue de Vaugirard, 1 5, puis en juillet, rue du Paon, 6. Il trouve ensuite asile chez son ami Célestin Nanteuil, qui lui dresse un lit de camp dansson atelier, et, au commencement de 1835, il partage le logement de Camille Rogier, rue des Beaux-Arts, 5, d’où il se transporte, avec celui-ci, rue du Doyenné, le château de la Bohême Galante. Après le départ de Rogier, il habite avec Gautier, rue Saint-Germain. Puis, de 1837 à 1844, période coupée de longs voyages, ses résidences à Paris sont assez incertaines. En 1845 et 1846, il loge au n° 36 de la rue de la Victoire ; en 1847, rue de La Rochejoucault, 39 ; de 1848 à fin décembre 1850, rue Saint-Thomas du Louvre, n° 4; en 1851, rue Saint-Hyacinthe-Sainl-Michel, n° 10 ; en janvier 1852, on le trouve passagèrement à l 'hôtel de Normandie, rue du Chantre, puis chez Théophile Gautier, rue de Navarin, 14. Il occupe ensuite, sous le nom de Stadler, l’appartement de la rue du Mail, 9, qu’il délaisse pour recevoir, pendant six mois, l’hospitalité du docteur Blanche, à Passy, rue de Seine, 1. Il fait aussi un bref séjour rue des Minimes, n° 50, puis chez sa tante Labrunie, rue de Rambuleau, n° 54 ; enfin il aura son dernier logis à Vhûlel de Normandie, rue des Bons Enjans, n° 13.
71. Page 249. — • Traité avec Charpentier pour le Voyage en Orient :
Entre les soussignés :
M. Gérard Labrunie de Nerval, homme de lettres, domicilié à Paris rue Saint-Thomas du Louvre, n° 4, d’une part ;
Et M. Gervais-Héloïse Charpentier, libraire-éditeur, demeurant à Paris rue de Lille, n° 19, d’autre part ;
Il a été dit, convenu et arrêté ce qui suit :
M. Gérard de Nerval est l’auteur d’un ouvrage sur l’Égypte, la Syrie et la Turquie, dont plusieurs chapitres avec des titres difïérens ont été imprimés dans la Revue des Deux Mondes et d’autres dans te National , sous le titre les Nuits de Ramazan. Une grande partie de cet ouvrage a aussi été publiée en 2 volumes in-8°, sous le titre de Scènes de la vie orientale. L’ensemble de cet ouvrage représente environ onze cent mille n d’imprimerie.
Aujourd’hui, M. Gérard Labrunie de Nerval a proposé à M. Charpentier de lui céder le droit exclusif d’imprimer à l’avenir cet ouvrage sous le titre nouveau,et mieux approprié au sujet, de Voyage en Orient par Gérard de Nerval. M. Charpentier ayant accepté, les parties ont d’un commun accord arrêté ce qui suit :
Article unique. — M. Charpentier acquiert par les présentes, tant pour lui que pour ses héritiers ou cessionnaires, le droit exclusif de publier, imprimer ou vendre l’ouvrage désigné ci-dessus, et ce, moyennant le paiement à M. Gérard de Nerval de 60 centimes par exemplaire qu’il imprimera. Les exemplaires de passe double seront exemps de cette rétribution.
M. Charpentier imprimera chaque édition au nombre d’exemplaires qu’il jugera convenable, la première devant être tirée au nombre de 1 500 exemplaires représentant la somme de 900 francs ; M. Charpentier remet à l’instant à M. Gérard Labrunie de Nerval la somme de 300 francs, espèces étant quittancées, et il s’oblige à lui compter les six autres 100 francs pour solde de ce tirage à la remise du bon à tirer de la dernière feuille de l’ouvrage en question.
Pour les impressions subséquentes, les payemens auront lieu pour chacune d’elles au moment de les exécuter. Fait double à Paris, le 28 janvier . 1851. »
72. Page 252. — Eugène de Stadler (1816-1875), poète et auteur dramatique, fut archiviste aux Archives Nationales et inspecteur général des
Archives départementales. Sa parenté avec M. de Persigny lui valut un crédit qu’il mit, avec le plus constant dévouement, au service de Gérard.
73. Page 254. — L’hypnêrotomachie ou discours du songe de Poliphile déduisant comme Amour le combat à l’occasion de Polia, soulz la fiction de quoy l’auteur monstrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matières profitables et dignes de mémoire. Nouvellement traduicl du langage italien en français. A Paris pour Jacques Kerner, aux deux Cochetz rue Saint- Jacques, MDXLV I, avec priv. du Roy. De ce livre, rehaussé de très belles illustrations sur bois, il existe une première édition italienne : Colonna Hypnerotomachia Poliphili, Venetiis, 1499. L’une et l’autre édition sont des plus rares et des plus appréciées des bibliophiles. Charles Nodier prend texte de sa recherche de ce livre pour narrer, dans une curieuse nouvelle, — la dernière de l’aimable conteur, — les mystiques amours de Francesco et de Polia : Franciscus Columna, Paris, J. Techener, lib. 1844.