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Page 258. — Traité avec Giraud et Dagneau pour Lorely

« Entre les soussignés : M. Gérard de Nerval, homme de lettres, demeurant à Paris, d’une part ;

Et MM. D. Giraud et J. Dagneau, libraires-éditeurs, demeurant aussi à Paris, rue Vivienne, 7, d’autre part; Il a été dit et convenu ce qui suit :

M. Gérard cède et vend à MM. Giraud et Dagneau la propriété dans le format in-18 jésus, dit format anglais, exclusivement, d’un ouvrage dont il est l’auteur, intitulé ; Lorely, souvenirs d’ Allemagne, lequel ouvrage formera de neuf à dix feuilles d’impression dudit format.

Pour prix de cette propriété, MM. Giraud et Dagneau verseront à M. Gérard pour la première édition la somme de cent cinquante francs, payable à la mise en vente dudit ouvrage imprimé, et pour chaque édition subséquente, la somme de cent francs à la mise en vente, au fur et à mesure que besoin sera.

De plus, M. Gérard aura droit à 25 exemplaires gratis de la première édition et à 12 de chacune des suivantes.

Il est et demeure bien entendu que dans un an, à partir de la signature du présent acte, M. Gérard pourra publier l’ouvrage dont s’agit dans ses œuvres complètes, ou même séparément, mais alors dans tout autre format que celui in-18 jésus dit anglais, stipulé au présent traité, comme étant la propriété de MM. Giraud et Dagneau. Fait double à Paris, le 10 juin 1852».

75. Page 263. — Princesse de Solms, depuis Mme Ratazzi, et enfin Mme de Rute : Marie-Studolmine Bonaparte, fille de la princesse Lœtitia, qui ellemême était issue du second mariage de Lucien Bonaparte et épousa Thomas Wyse, ancien ministre des Iles Britanniques en Grèce, naquit à Watesford (Irlandé), vers 1834. Élevée au couvent de la rue Barbette, dépendance de la Légion d’honneur et de Saint-Denis, elle manifesta de bonne heure un goût prononcé et des aptitudes pour les lettres. Elle épousa, en 1850, un Alsacien riche, Frédéric de Solms, dont elle se sépara quatre ans plus tard, alors que ses relations politiques, franchement hostiles au nouvel empereur, l’avaient fait éloigner de Paris. De 1854 à 1860 elle vécut en Savoie et à Nice, où elle se lia intimement, on le sait, avec Eugène Sue, puis devint l’Elvire de Ponsard ; elle entretint aussi une correspondance suivie avec Béranger et Lamennais. On lui pardonnera d’avoir été la Muse de Ponsard en apprenant qu’elle fut douce à Gérard de Nerval, que, sans doute, elle fleurit de son sourire 1 êve platonique du pur amant, lui fut peut-être une dernière Adrienne.

76. Page 265. — Nous respectons l’opinion de M. Gauthier Ferrières, qui identifie ainsi l’ami dont parle Gérard dans Aurélia. Observons cependant que, s’il s’agit de Charles Renaud, Gérard se trompe en plaçant le décès de celui-ci avant son séjour à la maison Dubois (avril-mai 1853), car Ch. Renaud est mort le 22 août suivant. Il se tromperait encore lorsqu’il ajoute :

ADDITIONS ET NOTES 381

« Comme il était de mon âge et de mon temps... » Renaud n’était âgé que de trente-trois ans, donc de douze ans plus jeune que Gérard....

Jean-Louis-Charles Renaud était un poète intime, aimant la poésie des champs : il a laissé des Êpitres, des Contes, des Pastorales, et un Voyage en Orient. Voir, sur cet écrivain, une notice d’A. de Pontmartin, Causeries littéraires, M. Lévy, 1869.

77. Page 269. — Il a modifié ou retranché, non seulement ce qui ne satisfaisait pas tout à fait son goût d’artiste, mais ce qui aurait pu étonner le lecteur, lui laisser deviner quelque exaltation. Il a existé de Sylvie des étals intermédiaires : Méry prétend en avoir conservé un; nous en possédons nous-mêmes quelques fragmens. Copions celui-ci, qui fait voir ce que la défiance éveillée de Gérard a fait supprimer de l’épreuve définitive :

« L’air était doux et parfumé ; je résolus de ne pas aller plus loin et d’attendre le matin. O nuit! J’en ai peu connu de plus belles : je ne sais pourquoi, dans les rêveries vagues qui m’étaient venues par momens, deux figures aimées se combattaient dans mon esprit : l’une semblait descendre des étoiles et l’autre monter de la terre. La dernière disait : Je suis simple et fraîche comme les fleurs des champs; l’autre: Je suis noble et pure comme les beautés immortelles conçues dans le sein de Dieu... »

Ce fragment a été remplacé à l’impression par la phrase suivante :

« L’air était tiède et embaumé ; je résolus de ne pas aller plus loin et d’attendre le matin, en me couchant sur des touffes de bruyère. »

Gérard a supprimé l’évocation d’Adrienne et de Sylvie, l’antithèse de l’idéal et de la a douce réalité ».

78. Page 272. — Nous suivons ici l’ordre des faits consignés dans Aurélia, lesquels concordent d’ailleurs presque toujours avec la Correspondance de Gérard et les autres documens que nous avons consultés.

79. Page 294. — Ce sonnet n’est-il pas une sorte d’argument poétique d ’ Aurélia! Rappelons que le titre primitif de cette dernière œuvre, était, d’après la note bibliographique, dressée par Gérard, de ses œuvres complètes : Arlèmise ou le Rêve et la Vie.

80. Page 297. — Passeport de Gérard. Ce passeport, délivré « à M. Labrunie de Nerval, rentier, se rendant à Constantinople », porte le signalement suivant : « Taille : lm6S ; cheveux châtains, front haut, sourds châtains, « yeux gris, nez gros, bouche moyenne, barbe châtaine, menton rond, visage « ovale, teint clair. » (Collection Spoelberch de Lovenjoul.)

La destination indiquée sur ce passeport est confirmée encore dans un repu, signé le 15 avril 1854, d’une somme de 600 francs « pour une mission littéraire en Orient » (n° 129, cat. vente d’autog., 28 nov. 1876, Charavay expert).

Notons ici, touchant les fonds reçus pour ce voyage, ce quatrain autographe de Gérard :

« Sur un reçu de mille francs que m’avait rendu M. Millaud à qui j’avais rendu sept cents francs.

Je n’en ai pris que cent écus,

C’est bien mesquin pour mon paraphe,

Ce papier banal n’aura plus Que la valeur de l’ autographe !

1er novembre 1854.

81. Page 321. — Traité avec MM. Lévy frères pour les Filles du Feu :

« Entre M. Gérard de Nerval, demeurant à Passy, rue de Seine, 1 ;

Et MM. Michel Lévy frères, rue Vivienne, 2 bis ;

M. Giraud ayant publié une première édition de l’ouvrage des Filles du feu, par M. Gérard de Nerval, et ayant vendu le reste de cette édition, ainsi

APPENDICE

que le droit à la propriété dudit ouvrage, à MM. Michel Lévy frères, ces derniers voulanL s’entendre avec M. Gérard de Nerval pour les éditions suivantes,

Il a été convenu et arrêté ce qui suit :

L’ouvrage Les Filles du Feu sera publié exclusivement par MM. Michel Lévy frères aux conditions suivantes :

1° ÎV1M. Michel Lévy frères auront à remettre à M. Gérard de Nerval, pour chaque édition, la somme de 100 francs payable à la mise en vente ;

2° M. Gérard de Nerval aura droit à 12 exemplaires gratis pour chaque édition ;

3° 11 demeure entendu que, dans un an à partir de ce jour, M. Gérard de Nerval aura le droit de publier l’ouvrage dont s’agit dans ses œuvres complètes et même séparément, mais alors dans le format in-8° ou grand in-8°

Fait double à Paris, le 7 octobre 1854. »

(Collect. Henri Houssaye.)

La même réserve, déjà insérée dans son traité avec Giraud et Dagneau pour Lorely, se trouve reproduite ici, en prévision d’une édition de ses œuvres complètes. Ce projet le préoccupe jusqu’à sa mort, et l’on voit quelle précaution vigilante lui fait introduire la même clause dans toutes ses conventions avec ses éditeurs.

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