‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 24 sur 229 · Voir in/rn, p · texte numérisé non relu

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CHOIX D’UNE CARRIÈRE

devaient aussi être connus du jeune Labrunie, et c’est sans doute sous les auspices de l’avoué honoraire qu’il fut soumis à l’épreuve du papier timbré. En quelle étude fut-il inscrit? Son stage y fut si bref que cette recherche offre peu d’intérêt. Peut-être fut-ce chez Me Mignotte, notaire, dont l’étude, située au coin de la rue Coquillière, était voisine de la demeure du grand-père Laurent, où Gérard habita quelque temps. Les rapports qu’il conserve avec ce notaire, qui n’était pas celui de sa famille, le soin de ses affaires qu’il lui confie dans la liquidation des successions de ses grandsparens, les relations qu’il noue avec un futur tabellion de province, son collègue de cléricature, nous sont à cet égard des indications assez précises ; ce qui est certain, c’est que, dans les derniers mois de 1829, Gérard a déjà quitté « son étude », ainsi que l’atteste une lettre du 5 février 1830 L

Mais il n’allait pas pour cela être abandonné à ses penchans littéraires ; le Dr Labrunie ne désespère pas encore de le voir adopter la carrière qu’il lui destine. Et Gérard, qui sait que tel est le plus cher désir de son père, se laisse inscrire à l’École de médecine. Il semble même avoir montré quelque zèle pour ses nouvelles études et fait, pour les mener à bien, un effort soutenu : pendant deux ans, il a suivi les cours de l’École et fréquenté la clinique de l’ Hôtel-Dieu. Il se plaira plus tard à rappeler qu’en 1832, il a, en sa qualité d’étudiant en médecine, soigné les cholériques, et fait, seul ou avec son père, une cinquantaine de visites 1 2. Enfin, jusqu’en 1834, il continuera de prendre, dans les actes authentiques où il figure, la qualité, devenue pourtant bien illusoire, d’élève en médecine.

Après le décès de sa grand’mère, il est procédé, le 8 septembre 1828, par Me Meunier, notaire, à un inventaire auquel Gérard est représenté par son père et tuteur. Puis l’aïeul continue à exploiter son commerce de lingerie, aidé seulement par une demoiselle de boutique, qui est à son service depuis vingt-deux ans ; enfin la mort vient le surprendre le 19 janvier 1834.

Cet événement va décider du sort de Gérard, en mettant entre ses mains un capital qui, pour l’époque, doit être

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