‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 36 sur 229 · De 1830 à 1834 (Pli. Audebrand · texte numérisé non relu

De 1830 à 1834 (Pli. Audebrand

2. Sur Camille Rogier, voir l’Age du romantisme . art. de Ph. Burty, liv. 4.

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à la distinction spirituelle, commune à tous les membres de ce cénacle.

Les trois occupans se livrèrent, dès l’arrivée, sans nul respect de la chose louée, à une transformation complète du vieux logis : les cloisons furent abattues ; le grand salon primitif restitué avec ses boiseries, ses trumeaux et ses hautes fenêtres à petits carreaux. Gautier, qui habitait une maison voisine, vint renforcer le trio et passer là toutes ses journées; puis vinrent encore Célestin Nanteuil, Roger de Beauvoir, Édouard Ourliac, Alphonse Esquiros, Burat de Gurgy, d’Egmont, Émile Wattier et Auguste de Châtillon. La joie y pénétrait en froufrous soyeux et en fusées de rires clairs, avec les amies des poètes, qui s’ébattaient, parmi les vieux meubles, en glissemens de menuets ou en balancemens de hamacs. La mémoire de ces Cydalises, — ainsi les dénomma Gérard, — est inséparable du souvenir de la fête du 28 novembre 1835, qui suffirait à illustrer le salon du Doyenné, ce bal des Truands , où elles déployèrent tant de grâces et d’atours exquis.

Venait d’abord Cydalise Première, cette gracieuse amie de Rogier, que celui-ci peignit en « costume de taffetas feuille-morte », si tristement symbolique de celle qu’allait bientôt cueillir la mort, tel un pâle rameau que détache le vent d’automne. Son souvenir est conservé, dit Gérard, « dans le pur cristal d’un sonnet de Gautier », et les regrets du poète ont, avec raison, fait croire au deuil de l’amour. Puis, c’-était la jeune Lorry, de l’Opéra, chaperonnée par Burat de Gurgy, dont le Diable boileux sera l’un des succès de la soirée; enfin cette exquise ingénue, Sylvanie Plessy, que la Comédie-Française venait d’engager à seize ans, et qui se faisait applaudir, rue du Doyenné, dans le rôle de Béatrice de Jodelet.

Jodelet, c’était une alerte comédie, construite et rimée dans le goût du xvne siècle, sur le thème de l'Hérilier ridicule ou la Dame intéressée. Gérard, délié de toute entrave romantique, y donne libre carrière à sa verve claire et à ses instincts de classique. Cela est rapide, aisé, relevé çà et là par quelques vers d’un rythme pimpant. En voici, à peu près résumé, l’argument : Don Juan de Mendoce, amoureux d’Hélène de Forrez, maîtresse plus avare que tendre, rencontre une dame voilée, Léonor de

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