Promenades et Souvenirs, ch. iv, Juvenilia
tapissier, et figure avec Jeanne Rocpies, son épouse, l’un comme parrain et l’autre comme marraine, à l’acte de baptême de leur petit-fils.
Point n’est besoin de remonter plus haut pour tenter de relier ce clan modeste d’artisans agenais aux souches féodales que s’attribue Gérard en un document généalogique des plus singuliers1. Cette notice, composée aux dernières années de sa vie, « sur des renseignemens pris à Francfort, le plus récemment vers 1822», place à la base de cet arbre les cimiers éclatans des trois seigneurs Labrunie ou Brunyer de la Brunie, chevaliers d’Othon, empereur d’Allemagne. Ces trois paladins, dont maintes anciennes chroniques ont célébré les hauts faits, qu’on retrouve tour à tour en Italie, en Pologne et en Irlande, ne sont pas sans ressemblance avec ces preux fraternels, tels que les fds Aymon, dont les gestes merveilleux illustrent nos grands cycles héroïques. Devenus les chefs de trois familles, ils s’établissent, l’un dans le Poitou, l’autre dans le Périgord ou le Quercy, le troisième aux environs de Nîmes. De multiples rameaux se détachent de ces troncs puissans, s’enracinent aux contrées les plus diverses, où leurs noms se transforment en s’assonant aux idiomes de leurs terres d’adoption. Ils sont Labrunerie en Provence, où ils s’implantent après les Croisades, Labrunières ou Labrughières en Poitou et en Angoumois, Browny en Irlande. Enfin, en Périgord, sur les bords de la Dordogne — D’Or-D’wina ou rivière du Mont d’or, — se dressent les trois châteaux des Labrunie, ceux de Coux, ceuxd’Urval et ceux de La Prade. On trouve au xve siècle un La Brunie, capitaine à Paris, un châtelain du nom de la Brunaye, un capitaine corse, Giuseppo Labrunie, et plus récemment un La Brunie de la Prade, ancien officier de la garde 2. Leurs armes, dont Gérard nous donne un croquis, sont timbrées de comte , portent 3 tours d'argent en tête, 3 croissons d’argent en pointe et bande d’or ; le cimier est surmonté d’un lion d’or tenant un croissant d’argent 3. C’est de la branche de Périgord que Gérard veut descendre, à laquelle il essaye de relier, tant bien que mal, les Labrunie d’Agen, les Dublanc et autres rameaux de son