‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 93 sur 229 · L'Imagier de Harlem, 2e éd., Giraud et Dagneau · texte numérisé non relu

L'Imagier de Harlem, 2e éd., Giraud et Dagneau

les plus chers. Le Monde Dramatique a d’abord satisfait ce goût, et c’est le cœur navré que Gérard a dû abandonner l’onéreuse revue. En 1845, il trouve une occasion nouvelle de faire œuvre d’éditeur de luxe. C’était l’époque où Deschères venait de fonder, sous le titre de Revue Pittoresque, un magazine qui comptait, parmi ses rédacteurs, Gérard de Nerval, et ses illustrateurs, Édouard de Beaumont. Un soir, au bureau de rédaction, Gérard, qui venait de terminer sa notice sur Cazotte, exposa son projet d’une édition de luxe du Diable Amoureux : une illustration, fantastique et gracieuse, s’allierait si bien à cette œuvre de sceptique illuminé ! Édouard de Beaumont offrit son crayon, et, avec un rare bonheur, composa la plus aimable suite de vignettes. L’éditeur fut trouvé en la personne du caissier de la revue, un certain Léon Ganivet, crémier-laitier de son état, lequel ne fut d’ailleurs qu’un simple prête-nom, l’impression étant confiée à Lacrampe, sous la direction de Gérard. Bois et texte furent combinés de très heureuse façon, et le volume reste l’un des plus attrayans de cette belle époque des livres à gravures.

On croit communément que ce fut en tête du Diable Amoureux que fut pour la première fois imprimé le pseudonyme de Gérard de Nerval, dont l’usage était déjà constant depuis plusieurs années... On rencontre cependant ce nom, dès 1841, à la table du Prisme, complément des Français peints par eux-mêmes, édité par Curmer, en regard du titre d’une fantaisie drolatique sur les Banquets d'anciens élèves. Il estvrai que, dans le livremême, l’article est signé Aloysius. Nous trouvons aussi les initiales G. de N. au bas d’un autre article paru dans le Cabinet de l’ Amateur, en 1842, sur les tentures de cuir doré et leur fabrication. Le nom entier est enfin imprimé comme signature de nombreuses chroniques publiées dans l’Artiste, en 1844, puis, en 1845, au bas de l’Histoire véridique du Canard, fantaisie agrémentée de vignettes de Bertall, dans le premier volume du Diable ci Paris L

On sait l’origine de ce pseudonyme et combien Gérard s’attache à en faire une réalité patronymique. La vanité de naissance a-t-elle donc troublé cet esprit modeste, qui naguère s’ingéniait à demeurer obscur et à se voiler d’ano-

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