‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 99 sur 229 · UX4V · texte numérisé non relu

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LE DERNIER THEATRE

entièrement la musique au rythme poétique... Se rappelant que quelques-unes de ses odelettes lui sont venues, comme les vieux lais aux ménestrels, sous forme de chant, il regrette que le poète ne fasse pas aussi la musique de ses vers : l’inspiration musicale, unifiée avec l’inspiration littéraire, aboutirait à ce lyrisme supérieur dont Richard Wagner fera tantôt l’essai splendide. Pour justifier sa conception du poète musicien, il rappelle ses chères ballades primitives, il invoque les tragédies antiques, où les chœurs étaient si essentiels, et enfin les mystères du Moyen âge, qui étaient des opéras complets avec récitatifs.

Les Monténégrins , dont la préparation fut interrompue par la révolution de 1848, furent représentés à l’ Opéra- Comique le 31 mars 1849. Le livret, publié la même année chez Michel Lévy, ne fut jamais réimprimé. Faut-il le regretter?... La pièce eut cependant quelque succès : Théophile, amical toujours, débute, dans son compte rendu, en proclamant que, pour les Monténégrins, malgré leur odyssée d’infortunes, « le jour de gloire est arrivé ! » Non sans une certaine banalité dans les formules laudatives, il y trouve, « unis à l’habileté de faiseurs éprouvés, un sentiment littéraire et une couleur poétique assez rares dans ces sortes d’ouvrages. Sur une action toute réelle, l’auteur a fait planer un peu de cette terreur fantastique, de cette horreur religieuse qui tombent des hautes montagnes et des noires forêts de la Thessalie voisine. »

De même que pour Piquillo, et autres œuvres de sa collaboration avec Dumas, Gérard se soucie peu de donner son nom à ce produit de paternité promiscue. Aussi cède-t-il le pas et consent-il à n’être que second sur les affiches et le livret, avec des collaborateurs tels qu’Alboize et Méry ; encore reprend-il, pour la circonstance, son simple prénom de Gérard.

Rappelons ici l’anecdote contéeparChampfleury, àpropos de ce drame: un boucher de Montmartre, délégué au grand conseil du Bœuf gras, émit le vœu de choisir, pour le cortège, les costumes des Monténégrins, et fit décider qu’on inviterait l’auteur au banquet corporatif L

Se mêler aux agapes des corybantes du Bœuf gras, quelle aubaine pour Gérard ! Dans une étude qu’il publiait

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