‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 7 sur 21 · PAR · texte numérisé non relu

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// ne faut pas s'étonner de voir ici, comme fur un grand nombre d'épitaphes du moyen âge, la date feule du jour indiquée, tandis que celle de l'année efl omife. Le but effentiel des épitaphes nétoit point dans ces temps de ferveur de conferver à la poflérité la mémoire du défunt, mais de recommander fon âme aux prières de VEglife. Ufuffifoit donc de fixer fur la pierre , avec la date du jour du mois ou il étoit décédé, celle de VcAnniver faire auquel lui donnoient droit fes mérites ou fes fondations. La date de Vannée ri étoit quune fuperfluité que Von pouvoit à volonté omettre ou ajouter, fans que la pieufe échéance en fut en rien affeàlée.

U^ius apprenons d'une récente publication que la bibliothèque de Châtillonsur-Seine con ferre un fragment de mar-

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bre provenant de Toutières, ^ fur lequel fe retrouve une partie des fept derniers vers de cette épitaphe(i). Le foin qua pris r auteur de donner un fac-iimile de ces lignes tronquées ne permet pas de douter qu elles n'appartiennent à Vinfcriptionreproduite, quoique avec moins d'exactitude , par les voyageurs hénédiélins. Il n'y a pas à s'y méprendre , ce fragment, compofé de capitales romanes dont quelques-unes enveloppent les autres ou s'enlacent entre elles , nous offre un des fpécimens les plus remarquables de l'épigraphie monumentale

(i) Hijloire & Légende concernant le pays de la Montagne ou le Chàtillonnois , par Mignard , membre correfpondant du miniftère de l'Inftruction publique U de plufieurs Académies. Paris , 1853, '""^ ^'^ ^° P^ê^^ ) accompagné d'un fac-fimile , que nous avons reproduit ici , au quart de l'original , & de manière à ce qu'il ne fût pas permis de confondre la partie de rinfcription empruntée au fragment avec la reftitution qui la comjilète.

du neuvième fiecle. zM. zMignardfeulement a eu tort de fe flatter quil avoit le premier achevé de déchiffrer cette épitaphe, laiffée incomplète par T)oms éMartène Ù T>urand : elle figuroit depuis longtemps &fans la moindre lacune dans les oAnnales bénédiélines de Q^Iahillon (i).

Quoi quil en foit , le travail de ce \élé bourguignon renferme des indications précieufes. llfe recommande entre autres par Vanalyfe d'un manufcrit de Vhospice de 'Beaune , qui contient une légende ou une hijioire de Gérard de T{ouffillon , traduite fur un ancien texte latin dont elle cite quelques paffages.

Cette hijioire, autant quil nous eji

(i) //nnales ordinis S<inûi Henediâi. Lutetiae-Paris., 1703-1759, 6 V. in-fol. , t. m , lib. xxxvi , c. 74.

permis d'en juger, a ferri de type à notre roman imprimé. Elle entre , // efl vrai, dans des détails plus étendus Ù circonjianciés ; mais on fait que les premiers romans, livrés à Vimprefflon , ne font pour la plupart que des efpéces d^abrégé des manufcrits. T>u moment ou elles s^ adressèrent au vulgaire des leéleurs , on s'emprejfa de réduire ces longues & interminables hi foires à de jufles volumes, qui, marchant droit aux faits, ne laifoient plus F attention s'égarer ou fe perdre en chemin.

^Durant l'époque oîi il gouverna le royaume de Trovence, Gérard réfdoit ordinairement à Lyon ou à Uienne.

^T^Çous venons de voir quil fit baptifer fon fils dans la première de ces deux villes , & que lesfolides murailles de la féconde furent le dernier efpoir de fa

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fortune expirante. Tlufieurs chartes atteftent fa généreufe piété envers les églifes de Lyon Ù de Vienne, qui lui furent redevables de donations & de rejîitutions importantes (i); mais il eji à regretter que le temps nait pas épargné la précieufe offrande de "Berthe, fafemme, àfaint %emi , archevêque de Lyon. Cétoit une nappe d'autel , brodée de fa main , S' qui subfiftoit encore, à la fin du dix-feptième fiècle, dans le tréfor de Véglife de Saint-Etienne , unie à celle de Saint- Jean. Le milieu de cet ornement étoit occupé par la figure de VoAgneaufans

(i) Il faut joindre aux diplômes de Charles , roi de Provence , déjà cités , un autre diplôme du roi Lothaire , donné au château de Mantaille la huitième année de Ton règne , & dans lequel , à la prière de l'archevêque Adon &. du comte Gérard , il reflitue plufieurs églifes à Milan, abbé de St-Pierre de Vienne. Chorier, Eftat politique du Dauphiné , t. il , p. 5 ■; ^

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rache , accompagné des deux lettres A et D.,Ù tout autour fe lifoient , difpofés de différentes manières & tiffus de fils d^or , feiT^e vers latins , dont trois rappellent le nom de la donatrice & du donataire :

AGNE DEl MVNDl Q>'1 CRlMhNA DIRA TVLISTl

TV NOSTRI MISERANS CVNCTOS ABSOLVE REATVS.

HIC PANIS VIVVS CELESTISQVE ESCA PARATVR

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