‹ Gérard Roussel prédicateur de la reine Marguerite de Navarre. Mémoire servant à l'histoire des premières tentatives faites pour introduire la Réformation en FranceChapitre 11 sur 16 · LETTRE DB NICOLAS COP A BUCER · texte numérisé non relu

LETTRE DB NICOLAS COP A BUCER

5 Avril i534.

Manuscrit autographe. Archives du Séminaire protestant de Strasbourg.]

Viro docirïnà et pietate insigni Mar. Bucero. Argentorati.

Viro prudenlissimo Mar. Bucero S.

Nolui te diutius latere, vir huraanissime , quae his paucis diebus Lutecia? acta sunt. Beda doctor theologus, ut nunciis fideKssimorum hominum accepimus, coniectus estin carcerem, accusalus criminis les» raaiestatis. Gerardus Rufjus, prorsus liberatus est theologoruro caluraniis ac decreto Régis absolutus, quo multo commoti sunt et perturbait. Quidam Germaous flammis vitam finit quôd vestram de Eucbaristià opinionem tueretur. Episcopus Parisiensis bonarum literaram patronus integrà est valetudine. Te rogo ne diu nos torqueas li ter arum tuarum desiderio. Salulabis meo nomine dorninum Capitonem, cuius congressu per infirmam valetudincm frui non licuit, quod nos miserrimos habuit. Dominum Carinum scis mihi amicîssimum, quem per literas salutassem, si me® occupationes et temporis angustia permisissent ; sed tu epistolae vice apud illum mihi eris. Vale. Basileœ, 5 Àprilis.

Tuus ex animo Nicolacs Copus.

dédicace de l Exposition familière de roussel.

(Manuscrit. Bibliothèque du Roi.)

Au Roy de Navarre , mon souverain Seigneur.

Sire, voslre maiesté bien informée que la volunté de Dieu debvroit estre , comme vrayement est , l'entière norme, reigle et mesure pour le tout vrayement discerner et reigler , que c'est à elle que fault exiger reigler et conformer nostre vie , toutes noz pensées , désirs, dictz et faictz, pour eslre trovez bons et agréables à Dieu , que c'est en la congnoissance de la divine volunté que gist là vraye sapience , et en l'obéissance à icelle que gist la vraye justice, de sorte que vrayement, se peult et doibt dire safge celluy qui bien congnoist la divine volunté, et vrayement juste celluy qui bien s'y conforme et obeist , voire et tout aùltre scavoir sans cestuy-cy n'estre que folie, et toute aultre justice sans ceste n'estre que injustice et accroissement de damnation , que la volunté de Dieu ne peult eslre de nous congneue sinon autant et ainsi qu'il a pieu et plaist à Dieu la nous révéler et declairer tant en ses créatures qu'en l'escripture sa vraye doctrine et parolle , que le p salariale dict estre la lampe et lumière dé noz piedz et sentiers pour nous bien conduire et adresser ; et au pseaulme 18 e pour la bien recommander luy attribue de singuliers titres et qualitez ; et au pseaulme C. xviij* ne se peult ressasier de l'extoller et louer comme le vray moyen que Dieu s'est ordonné pour y faire reluyre sa divine volunté , la nous insinuer et declairer pour nous y faire veoir quelle est l'impuissance nostre et que ce qu'est impossible aux hommes est possible à Dieu, davan-

taige que le bon Dieu pour condescendre et s'accommoder à nostre infirmité et oster de nous toutes excuses que nous pourrions prétendre sur la prolixité et difficulté de l'escripture nous a pourveu de trois très artificieux sommaires et briefz recueilz du contenu de toute l'escripture, lesquelz briefvement , ayseement et neantmoins suffisamment nous demonstrent sa volunté , Y obéissance qu'il requiert de nous , ce qui luy plaist et ce qui luy desplaist , ce qu'il veult que croyons et faisons , comment veult que le prions , esquelz troys croire , faire, prier est contenue l'obéissance que Dieu requiert de nous en son escripture ; lesquelz troys sommaires se nomment communément le symbole des appostres, contenans les douze articles de la foy, le decalogue comprins en dix parolles qui sont les dix commandemens , et l'oraison dominicalle contenant en briefves formules tout ce que debvons supplier au pere : Votre raaiesté (dis je) bien informée de ce que dessus , et que l'ignorence de cbose si nécessaire et salutaire est mere et nourrice de toute superstition, ydolatrie, folle fiance, voire pour brief dire de toute impieté et injustice : a voulu et ordonné que tous et chacuns dimanches seroient par les recteurs et vicaires recitez à vostre peuple en leur vulgaire ces troys briefz sommaires , affin que du grand jusques au petit ung chacun recongneust la volunté de Dieu , l'obéissance qu'il requiert de nous , que ceste congnoissance leur fust occasion de suy vre le voulloir de Dieu et les contenir en vraye obéissance , de ne se divertir du voulloir de Dieu pour suy vre aultre vouloir, de ne laisser l'exprès voulloir de Dieu pour l'incertain , de servir à Dieu selon qu'il veult et ordonne , et non point pour le vouloir et ordonnance d'aultre , pour cheminer simplement et ne se contenir es limites de la parolle et vouloir de Dieu , et ne perdre son labeur et substance es choses qui se trouveront de nul prouffict ; brief pour ne ressembler aux valletz du diable , laisser ce que Dieu commande par exprès pour faire ce que point ne commande. Ceste ordonnance

vostre tant saincte et salutaire me suis mis en mon debvoir la faire observer par tout mon diocèse ; et désirant encore plus coopérer à vostre intention très bien fondée et adressée , me suis mis à recolliger tant de l'escripture que des anciens et vrays interprètes d'icelle , les choses que selon le talent que Dieu m'a donné m'ont semblé ydoines pour l'intelligence et familière exposition desdictz sommaires; et pour la rendre plus plausible et familière l'ay voulu rédiger en forme de dialogue , laquelle ainsi rédigée ay bien voullu communiquer à plusieurs doctes personnaiges et tresbien exercitez es sainctes escriptures , esquelz le scavoir estconjoincl avec pieté , lesquelz j'ay prié le voulloir bien regarder et librement y adjouster leur censure; pour l'advis et jugement desquelz suis esté incité et persuadé le mettre en lumière ; et pour ce faire bien , m'a semblé ne le pouvoir myeulx ny opportunément que soubz vostre nom et auctorité, tant pource qu'en avés donné l'occasion et estes le motif, et que suyvant vostre saincte intention que aussi pour tesmoignage de l'obligation et obéissance myenne envers vostre maieslé , joinct que ne puis ny doibs ignorer le cordial et affectionné amour que Dieu a mis au cueur de voz subiectz pour vous révérer et obeyr, s'accommoder à vostre voulloir et suy vre vostre intention , et ne faire doubte que pour le regard de vostre nom et auctorité ceste exposition ne leur soit plus plausible et agréable et qu'ilz ne soient plus promptz et voluntaires à le recepvoir et en faire leur prouffit : par ainsi leur pourrés eslre le moyen de parvenir à la congnoissance de vérité que bien ilz congnoistronl la volunlé de Dieu, l'obéissance qu'il requiert, et qu'ilz s'adonneront à la suy vre: que je reputerois trop plus grand honneur et bénéfice faict à vous que s'il vous faisoit son ministre pour conquérir les royaulmes de ce monde, attendu mesmes que nostre Seigneur dict assez expressément n'y avoir rien en ce monde pour comparer au salut de Tarne ; combien que soyés assez persuadé n estre rien ne celluy qui plante ne celiuy qui ar-

rouse, mais Dieu eslre qui donne I* accroissement, auquel le tout doibt eslre attribué , et ce pour l'en remercier, lequel vous supplie très humblement vous voulloir tousjours assister, conserver et accroistre en grâces et vertu , pour sa gloire et le salut du peuple commis soubz voslre régime et obéissance.

Forme de visite de diocèse, par Roussel.

(Manuscrit. Bibliothèque du Roi.ï

(Fol. 175 a ). C'est bien raison que le lieu où convient le peuple chrestien (qui est le temple et egliso vive de Dieu) soit decentement aorné et pavé ; parquoy fault il en visitant y avoir esgard ainsi que de coustume, mais surtout fault bien adviser à l'église vive , et songneusement s'enquérir comme le peuple convient et s'assemble , quelle doctrine et parolle luy est annuncée, si purement et sainctement luy sont administrez les sacremens, si les ministres font leur debvoir, sont au peuple sel et lumière comme veult Jesuchrist, si comme le sel préserve de putréfaction et donne saveur à la viande, aussi par doctrine et exemplarité de vie retire (sic) le peuple de mal faire et l'induisent a bien faire; si comme la lumière luict aux aultres pour estre conduietz et adressez , aussi par doctrine et exemplarité de vie conduisent le peuple par les sentiers de justice à la gloire du pere céleste. Et pour ce que comme du tout indigens nous fault le tout demander par oraison et prières, fault adviser quelles oraisons se doibvent faire tant en privé que en

public et commun. Fault aussi adviser à l'hospitalité, si comme frères chresliens el membres tous d'ung corps, subvenons aux nécessitez des indigens. Pour le quart point, fault avoir esgard aux escholles , comment la jeunesse est instruicte ; car si elle n'est point instruicte n'y a point grand espoir pour l'advenir. Quant à la doctrine et paroi le qui doibt estre annuncée au peuple assemblé, nous doibt estre persuadé et du tout notoire, que aultre parolle ne doibt estre preschée et annuncée que la pure parolle de Dieu, l'evangille que Jesuchrist a commandé estre presché à toute créature. La parolle de Dieu contient en somme croire et faire , nous apprend ce que debvons croire et faire, de sorte que celluy est dict observateur de la parolle de Dieu, qui croit et faict ce que la parolle de Dieu l'enseigne croire et faire. Le sommaire de ce que nous debvons croire est contenu aux articles de la foy, et de ce que debvons faire, es dix parolles de la loy, parquoy povons bien appeller les articles de la foy et les dix parolles de la loy* le vray sommaire et abrégé de toute l'escripture et parolle de Dieu , que tous chrestiens doibvent scavoir, les avoir en continuelle mémoire , le.s exercer assiduement. La briefveté et facilité nous rend inexcusables , et ne pouvons prétendre légitime cause d'ignorance. L'escripture assigne tel ordre entre les deux, qu'il se fault bien garder le pervertir, aultrement seroit mettre la charrette devant les beufz (fol. 175 b ). Croire doibt procéder faire , la foy procéder l'œuvre, de sorte que l'œuvre ne peult estre bon s'il n'est faict en foy ; et là où la foy est vive , l'œuvre tantost la suyt et accompaigne, non plus ne moings que le respirer, sentir, mouvoir accompagnent l'homme vivant. Or, selon ces deux , croire et faire, contenans la somme de l'escripture, nous recuillons deux justices, scavoir est la justice de foy, et la justice de la loy. La justice de foy est appeliée la justice de Dieu; non point, dict sainct Augustin, que soit la justice de laquelle Dieu est juste en soy, mais de laquelle Dieu vest gratuitement le pécheur, quant il luy pardonne ses péchez

et le recoipt en sa grâce, laquelle proprement peult estrc appellée la justice de Jesucbrist, pource qu'il est l'autbeur d'icelle, et est la sienne, mais nous est attribuée et appropriée par Ta foy qui nous l'impetre et la recoipt de luy ; pour laquelle chose entendre, est dire que la chose qui vrayement et précisément respond à sa mesure et reigle , est appellée juste, comme nous disons de la chose poisée que justement elle poise son poix. Nostre reiglo et mesure , là où fault que mesurons et reiglons nous et nostre vie, est la loy de Dieu. Celluy donc est appelle juste qui vrayement et parfaictement respond et satisfaicl à la loy, et telle parfaicte obéissance à la loy est vrayement en perfection appellée justice. Or, le seul Jesuchrist a observé la loy en précision et perfection , du tout et par tout l'ayant gardée et observée, et pouvons appeller la vie de Jesuchrist l'entière et parfaicte obéissance et satisfaction à la loy de Dieu. Ceste justice donc est de Jesuchrist comme de celluy qui en est l'autbeur et qui a observé la loy en précision et perfection sans rien en omettre; et luy seul a filé, tissu et cousu ceste robbe que nous appelions la robbe de justice ; mais par foy elle nous est communiquée et attribuée et en sommes vestuz. La colla tlou et conférence que faict sainct Pol d'Adam et Jesuchrist est propre pour bien entendre ceste chose ; car le péché que commit Adam mangeant du fruict , désobéissant â Dieu , transgressant son commandement, qui estoit une vraye injustice, n'estoit pour l'heure d'aultre que d'Adam, aullre que luy n'en fut l'autbeur , et neantmoins pour la communication qu'avons avec luy de race et par nature, avec lequel participons en chair et sang, son péché nous est communiqué, attribué et imputé , de sorte que sommes aussi bien subiectz à la peine deue, comme si nous mesmes l'eussions commis et perpétré aussi bien qu'Adam. Cela faict l'unyon par nature, que par nature sommes unyz en chair et sang avec luy, sommes enfans et héritiers de ses peynes et misères. Si le péché duquel Adam seul a esté l'autheur et perpetreur, par la génération

de chair nous est communiqué et attribué , et encourons la mesme peyne, ainsi debvons nous dire que l'obéissance de Jesucbrist qui est vraye et parfaicte justice (fol. 176'), de laquelle luy seul est autheur et facteur que par la génération de l'esprit, laquelle est parfoy, nous est communiquée , attribuée , imputée , et faicte nostre par grâce , de sorte que par grâce sommes faictz participans et joyssans du fruict et mérite, comme si nous mesmes avions faict ce qu'il a faict, et est sa vie par l'union de foy et esprit faicte vrayement nostre. Ce donc la foy qui impetre et recoipt la justice de Jesucbrist, la nous approprie et faict nostre, vela pourquoy est appellée justice de foy, pourtant que foy liropetre, l'embrasse et recoipt par (lisez pour) nostre vestement et couverture ; et est appellée justice de Dieu , pourtant que Dieu donne la foy, et par le moyen de foy par luy donnée nous donne Jesucbrist, nous l'attribue et vest de sa vie et justice, tellement que unys par foy avec Jesucbrist nous pouvons dire justes et avoir gardé la loy, non point comme de nous , mats pour ce que Jésus Ta gardée pour nous , et que par foy nous l'a donnée et appropriée. Cy est vérifié le dict commun : Qui per alium facit, per se ipsum facere videtur. De la procède que à la foy est attribuée la justification , que nous disons avec sainct Pol que la foy justifie, à raison que la foy est comme la main qui empoigne et recoipt Jesucbrist, avec sa vie et justice , la faict nostre, mais Dieu est celluy qui donne ceste main , qui mect en ceste main Jesucbrist et sa justice, qui faict ceste main efficace de l'empoigner et recepvoir ; pourtant à bon tiltre est appellée justice de Dieu , pourtant que Dieu la donne et en vest le pécheur croyant en Jesucbrist. Ceste foy à laquelle est attribuée justification, n'empoigne point et ne recoipt seulement la vie de Jésus qui est l'observation de loy, mais aussi prent et recoipt et s'approprie sa mort, qu'est satisfaction pour les transgressions de la loy. Parquoy le fidèle par le moyen de foy qui embrasse la vie et mort de Jésus et la faict sienne ,

peult dire en Jésus et par Jésus avoir accomply la loy et satisfaict aux transgressions, en tel mistere et sacrement que saioct Pol appelle grand. L'aultre justice qui gist en faire, est nommée justice de la loy, justice des œuvres, et est par œuvre et effect. La loy justifie , demonstre et declaire juste celluy qui d'œuvre et effect l'a parfaitement observée , non plus ne moins que la mesure demonstre et declaire juste ce qui luy est esgallé. Or , comme ja a esté dict , aultre que Jésus n'a observé parfaictement la loy, parquoy à bonne cause tant souvent est répliqué par l'escripture et nommément par sainct Pol que nul n'est justifié par la loy, que la loy n'ameine nul à perfection, que la loy est impuissante à justifier l'homme, que la vie et la mort de Jésus ont esté nécessaires pour supplier (sic) l'impuissance de la loy, c'est-à-dire, pour justifier l'homme et luy attribuer et approprier la vraye justice en la manière que sus a esté dict (fol. 176 b ). Par ainsi, qui cherche se justifier et se faire juste par la loy et les œuvres, se promectant tellement pouvoir faire èt ouvrer qu'il accomplira la loy, que sa vie sera respondente à la loy comme à sa vraye mesure , il veult eslablir sa justice , et ce demonstre ignorer la justice de Dieu ; et de faict ne recongnoist poin t avoir esté besoing de la venue et mort de Jésus pour supplier l'impuissance de la loy et de nous. Mais celluy qui recongnoist la loy impuissante à justifier et saulver , et qui se voit ne pouvoir par œuvre et effect accomplir et satisfaire à la loy, et par ainsi se défiant de soy et laissant ceste voye, cherche sa justification en Jesuchrist et par Jesuchrist, qui est la fin, perfection et accomplissement de la loy, et se fiant en luy par le moyen de foy, l'embrasse et recoipt , comme dict a esté , cestuy là se demonstre recongnoistre la justice de Dieu et parvient à vraye justice. Et voit on par ce moyen estre vray ce que dict sainct Pol que par la foy la loy n'est point destrulcte mais est establie. Car aultre moyen l'homme n'a d'accomplir la loy que par foy, laquelle nous impetre , recoipt et approprie la justice de Jesuchrist ,

sa vie et mort , et faict qu'en Jésus et par Jésus avons accomplir et salisfaict en la loy. Davantaige par ce moyen sommes faictz bons ouvriers, pour faire de bonnes œuvres, sommes unysavec Jesiis, son esprit habite en nous, espand en nous dileclion, et escripl en noz cueurs la loy vive. Et par ainsi encommancons par œuvre et effect faire la loy, aymer Dieu et aymer nostre prochain. Faull donc dire que pour faire de bonnes œuvres et faire la loy par œuvre et effect, est nécessaire par avant estre justifié par foy, et que, comme dict sainct Augustin , les bonnes œuvres ne procèdent point, mais suyvent le justifié. Et par ainsi l'evangille et la loy, la foy et les œuvres, la grâce et la pénitence, tant s'en faut que répugnent et contrarient , que bien entendues sont vives et accordantes en vraye harmonie, de sorte que ne peuvent subsister Tune sans l'aultre, et les fault joindre en prédication. L'evangille ne peult estre bien receu et savouré sans la loy, ny la loy accomplye sans l'evangille; la foy ne peult estre vraye et vive sans les bonnes œuvres, ny les œuvres bonnes sans la foy; la grâce ne peult estre bien acceptée et trouvée telle qu'est, sans pénitence, ny pénitence ne peult estre vraye et à p rouf fit sans grâce. Donc les bonnes œuvres sont requises et nécessaires , et fault assiduement exhorter faire bonnes œuvres; mais les bonnes œuvres sont celles que Dieu commande , non point celles que nous proposons ; celles que Dieu en son escripture approuve , non point celles que l'homme trouve bonnes; celles qui sont faictes en foy, non celles qui sont fondées en dévotion particulière (fol. 177»); celles qui sont du vouloir et esprit de Dieu, non ceHesquisontdu vouloir et esprit de l' homme f Pour faire bonne œuvre, fault estre bon ouvrier; pour estre bon ouvrier, se fault retirer à Jesuchrist et apprendre de luy. C'est luy qui falot les bons ouvriers, qui par foy purge noz cueurs, les embrase d'amour et de dileclion, et faict que nous ayraons Dieu et nostre prochain , et faisons de bonne*? œuvres. La loy en la main de Moyse est fardeau importable , pourtant que Moysc

n'a pouvoir de l'abbreger , diminuer le fardeau , osier la dificulté provenant du cousté de la loy, n'a aussi pouvoir oster la dificulté prou venant de nous, en la portant pour nous, noUs aydant à la porter, nous donnant le vouloir la pouvoir porter ; mais en la main de Jésus est fardeau aysé et legier, pourtant que Jésus ostant d'elle toute prolixité , l'a abbregée et pour tout n'a laissé que aymer Dieu et son prochain ; et dadvantaige il Ta gardée pour nous, et par le moyen de foy ce qu'il a faict nous est approprié , son œuvre et- mérite sont faietz nostres. Aussi nous ayde il a le porter, et nous baptisant au sainct Esprit, espandaqt par son esprit dilection en noz cueurs, nous donne le vouloir et pouvoir , nous faict voluntairement aymer Dieu et nostre prochain. Vray est que la justice qui nous est communiquée et attribuée par foy est parfaicte, et est la justice de Jesuchrist, vray et entier fondement de nostre salut; mais celle qui est de la loy et des bonoes œuvres, est pour ceste vie imparfaicte ; car tant que serons en ce monde, comme n'avons parfaicte congnoissance de Dieu, aussi n'avons parfaict amour , parquoy ne l'aymerons de tout nostre cueur, comme plus au long deduict sainct Augustin au livre qu'il a faict de spiritu et Utlerà. '

Quant est d'oraison , nostre Seigneur nous baille luy mesme la forme de prier , nous monstre à qui nous nous debvons retirer et adresser pour faire prière , et de quel moyen debvons user, qui debvons prendre pour médiateur et moyen, puisqu'il est la sapience du Père , qu'il est la vérité infaillible. Ne scaurions faillir suyvant son instruction et doctrine prians et addressans nostre prière comme il a ordonné, usans du moyen qu'il nous monstre, ainsi que faict l'église très bien apprinse de luy, laquelle adresse ses oraisons à Dieu et les termine par Jesuchrist, usant de luy comme du vray et indubitable médiateur et moyen. V oraison composée et ordonnée par Jesuchrist, combien qu'elle soit briefve et de peu de parolles, neantmoins comprent toute oraison , comprent tout ce que

pouvons et debvons requérir et demander; aussi est elle faicte et ordonnée par le très singulier et excellent maistre et ouvrier. Par ceste oraisou nous donne accès au pere et nous donne hardiesse d'appeller Dieu nostre pere, nous mect la parolle en la bouche (fol. 717 b ) , la lettre en la main. Et combien que soyons indignes d'approcher, toutes foys ceste oraison qu'avons de luy, que luy mesme nous a baillée , nous doibt enhardir et asseurer, comme feroit la lettre du fils du roy, si par le fils du roy nous estoit donnée et mise en la main pour la présenter au roy et avoir vers luy accès Ne fault toutes foys qu'estimons ressembler Dieu aux roys vers lesquelz n'y a facile accès , n'est facile et aisé les adorder , mais fault vers eulx user de plusieurs et divers moyens. Car le bon Dieu est plus prest à nous exaulcer et donner, que ne sommes a le prier et demander. Seroit blasphème dire qu'il y ait créature approchée de nous plus congnoissante nostre indigence, ayant meilleur vouloir d'y pourvoir et subvenir. Le tout est que foy accompaigne nostre oraison , que le prions en foy, que soyons induietz et incitez prier Dieu , pourtant que de nostre cousté nous est nécessaire , que aultrement ne peult estre subvenu à nostre indigence, ne pouvons estre subvenuz ny secouruz et avoir ce que nous faict besoing que de luy ; pourtant aussi que de son cousté ainsi le veult et ordonne, nous commande le prier et luy demander, et qu'il nous a promis exaulcer et nous donner ce que luy demandons : petite (inquit) et accipietis; omnis qui petit accipit. Donc ta nécessité nostre , le commandement et la promesse de Dieu doibvent en nous exciter la foy, nous oster toute craincte servile , nonobstant toute indignité nostre nous doibvent enhardir et asseurer d'aller à Dieu ; et sont les meilleurs preparalifz que scaurions avoir pour bien et à prouffict prier. Et pource que par telz propos pourroit sembler à aulcun qu'on voulsist oster la prière des sainetz, oster tout le recours à eulx , et que au jourdhuy telz propos sont agitez et viennent à controversie , je vous en diray briefvement mon

advis. Premièrement ne faull revocquer en double que ne soit nieu faict louer et honnorer les sainctz , que leurs prières et intercessions ne soient à Dieu agréables; mais le tout est scavoir comment et de quelle louange les fault louer, comment et de quel honneur les doibt on honnorer , quelles sont leurs prières et intercessions, combien différentes de pelles de Jesuchrist , et soavoir quel accès nous avons à eulx pour les prier, comment nous pouvons les prier et adresser à eulx nos prières. Il est certaiq que la perfection de l'homme et sa vraye louenge procède de l'intérieur du cueur que Dieu seul scrute et congnoist; parquoy vault trop myeulx s' a n'ester aux louenges que Dieu nous monstre en son escripture, que présumer de nous mesmes , et que adjouslons foy aux louenges de l'eseripture , et que de telle louenge louons les benoistz sainctz , qu'en in* venter de nous mesmes. Melius est (dict sainct Augustin) qualecumque scripturœ , quàm id omne quod pro arbitrio humano fingi potest. Ainsi, pour bien et deu ment louer les sainctz, se fault retirer à l'eseripture et user des louenges de l'escripture (fol. 178*), non point présumer de son cerveau et de soy en feindre, comme le temps passé, qui a esté cause d'avoir introduict plusieurs superstitions et mensonges. De l'honneur que defrvons donner aux sainctz , sainct Augustin nous djet au livre de verd religione en briefvc parolle : sancti sunt honorandi charitate et imitatione, non adorandi propter religionem. ployer les genoulx , oster le bonnet et toutes aultres choses extérieures ne sont que signes et ne gist point là le vray honneur; mais le vray honneur provient du dedans, et pourtant que des choses qui procèdent du cueur l'amour est le meilleur, Dieu le requiert pour son cuit, service et honneur, nous requérant pour obéissance et service que l'aymons de tout nostre cueur. Pour bien donc honnorer les sainctz, les fault aymer, non point pour prouffit et plaisir, car mesmes les philosophes nomment l'amour adultérin et mal fondée (sic) qui gist au prouffit et plaisir, qui ne dure sinon aultant que dure le prouffict et plaisir ; mais le

vray amour doit estre fondé en vertu , et debvons aymer les sainetz pour leurs grâces , vertus et perfections , pource qu'ils ont bien usés (sic) des talentz et grâces que Dieu leur a donnez, les ont faict servir à la gloire de Dieu et à l'utilité du prochain , ont aymé et embrassé vertu , et hay et fuy vice et péché. Donc le premier point d'honoeur que debvons aux sainetz , c'est les aymer pour leurs grâces et vertuz ; et jouxte ia reigle de dialectique : profiter quàd unumquodque amamus et illud magis amicum est, par plus forte raison debvons aymer et embrasser les grâces et vertuz , hayr, fuyr et abhorrer tout vice. Et pouvons bien recuillir que celluy ne peult honnorer les sainetz qui préfère vice à vertu , qui par sa vie demonstre aymer vice et hayr vertu. Quœ est hœc prœpostera religio (dict Chrisostome) sanctos eollere et sanctitatetn negHgere , justos diligere et justieiam spernere? Nonne sanctitas et justieia ante sanctos? Primus ergo gradus est sanctitatetn et justieiam eollere et amplecti, deinde sanctos et justos. Secondement les fault honnorer , comme dict saincl Augustin , d'imitation , les fault imiter , les fault prendre pour exemple que Dieu le grand maislre et eseripvatn excellent nous a donn£ pour imiter, pour prendre la plume et escripvre suy vant l'exemple qu'il nous donne. Feroit beau veoir que l eschol|ier ayant receu du maistre une exemple pour escripvre, se contentast la regarder, l'admirer, la louer , ensemble le maistre qui la faict , et que jamais ne print la plume pour escripvre et imiter l'exemple. Telz sont ceulx qui de bouche louent les saiqctz et disent les honnorer et leur faire festes et solempnité sans jamais mettre peyne de les imiter et suyvre. Quant aux prières et intercessions des sainetz , fault que mettons différence telle entre leurs prières et celles de Jesuchrist (fol. 178^) , comme il y a différence entre celluy qui prye et satisfaict et celluy qui prie seulement pour similitude. Si quelqu'un pour avoir robbé cent escutz du fisc du roy estoit constitué prisonnier , altainet et convaincu et desja sentenlié à mort, ne meltriés vous point différence entre

celluy qui pour luy viendroit au roy et le prieroit en cesle façon : Sire, ung lel est constitué prisonnier, atlainct et convaincu et à présent senlentié à mort pour vous avoir robbé centescutz, voyez en cy mille que pour luy je vous baille, vous priant luy pardonner; et celluy qui seulement le pryeroit en ceste manière : Sire , vous avez ung prisonnier lequel pour avoir esté mal conseillé et ad visé vous a robbé, je vous prye luy vouloir pardonner? Ainsi est il à présent propos; car Jesuchrist prie pour les pécheurs ayant salisfaict habondamment pour eulx; les sainctz prient seulement, et n'ont point satisfaict pour nous, ils ne sont point mortz pour nous; aussi ne sommes point baptisez en leur nom. Davantaige les sainctz décédez de ce monde, les corps desquelz reposent icy en terre, sont despouillez de toutes particulières et privées affections, et n'ont leurs affections et désirs ressemblantes aux nostres; mais unys en esprit, vouloir et désir avec leur chef Jesuchrist, ne veullent sinon que ce que Jesuchrist veult, se conforment à sa prière, ne prient aultre chose que ce que Jesuchrist prie ny pour aultre , mais du tout symbolisent et se conforment à son désir et vouloir. Parquoy sentent mal et abusent des sainctz, ceulx qui les particularisent, les allient aux temps, lieux et personnes, comme si parfaictement n'estoient unyz avec Jesuchrist et avoient aultre voulloir que Jesuchrist; et seroit bon refformer telz abuz et superstitions. Au surplus puis* qu'ilz sont despouillez de corps , qu'ilz ne sont en ce monde pour nous ouyr et veoir , que n'avons accez à eulx par parolle ny escripture , n'ayans ouye corporelle pour ouyr, ny veue pour veoir , ne pouvons avoir accès à eulx que par Jesuchrist, ne pouvans congnoistre noz désirs et intentions sinon aultant qu'il plaist à Jesuchrist leur en manifester. C'est ce que l'escolle dict quod vident in verbo, lequel comme ung miroir voluotaire leur représente ce qu'il luy plaist et aultant qu'il luy plaist ; comme nous qui sommes icy (dict sainct Augustin) avons mémoire des mortz et trespassez et ne scavons ce qu'ilz font ,

aussi les trespassez ont mémoire de nous, mais ne scavent que nous faisons, s'il n'est aultant qu'il plaist à Jesuchrisl leur en révéler. Est donc certain que nous n'avons accès au pere que par Jésus : Nemo (inquit) venit ad patrem nisi pet me , nemo novit patrem nisi filius et cui voluerit filius revelare; et qu'aussi n'avons accès aux sainctz décédez de ce monde, sinon par luy. Parquoy fault commencer à Jesuchrist et le fault avoir propice (fol. 179»), aultrement ne pouvons avoir ny le pere ny les sainctz; que si une foys il est nostre, ne fault doubter que nous n'ayons le pere et tous les sainctz , et ne serons seulement participais de leurs prières, mais serons associez en communion de tous biens avec eulx , non plus ne moins que les membres unys avec leur chef sont unys ensemble. Pour conclusion donc, c'est en Jesuchrist et par Jesuchrist qu'avons accès au pere et aux sainctz, parquoy c'est en luy et par luy que dcbvoos prier le pere et que pouvons prier les sainctz et estre associez à toutes leurs prières et biens. En l'oraison de Jesuchrist nous est pourveu de souverain remède, à nous qui sommes pécheurs et ne cessans de faire et commettre offenses et péchez; c'est qu'il veull que nous demandons au pere pardon , qui est plus prcst nous pardonner que ne sommes le demander, et ne cousle le pardon sinon le demander, et nous donne une bonne nothe par laquelle pouvons estre asseuré du pardon impetré et receu : c'est si nous pardonnons de cueur à ceulx qui nous ont offensez. Ceste bulle (contenant que si nous pardonnons , le pere nous pardonnera) est indubitable et du grand maistre pontife et pape Jesuchrist, à laquelle nous pouvons et debvons seurement arrester. C'est donc devant Dieu que nous debvons recongnoistre pécheurs et redevables , nous debvons confesser et accuser , demander à luy pardon et de luy recepvoir. Si ne fault il pourtant oster le ministère des clefz que Jesuchrist a laissé à son église. Par la clef est entendu l'œconomie et administration. Quant on baille à quelqu'un la clef de la maison, c'est à dire qu'on

luy baille radmioistralion ; à toute administration est requise fidélité, que fidèlement et jouxte le voulloir du maislre le bien soit dispensé et administré ; mais surtout en l'œconomie et administration de l'église , fauit que le voulloir de Jesuchrist en tout et par tout soit suyvy. La clef emporte puissance d'administrer; avoir la clef, c'est avoir puissance d'administrer. Communément On divise la puissance ecclésiastique en la puissance qui s'appelle ordinaire et d'ordre , et en icelle qui s'appelle jurisdictioo. La puissance d'ordre gist en l'administration de la parolle et sacremens, par Sesquelz moyens Jesuchrist se communique à nous, nous communique ses richesses et biens , nous impartit rémission de péché , nous reconcilie au père, nous faict participant du fruict et mérite de sa vie et mort. Par ainsi le ministre qui a charge d'administrer la parolle et sacremens , administrant deument et fidèlement selon l'institution et vouloir de Jesuchrist icelle parolle et sacremens» soit en privé, soit eu public, sainct Pol l'appelle ministre et dispensateur de Jesuchrist t des misteres de Dieu. Par son ministère il offre , présente et distribue les biens de Jesuchrist , assavoir remission de péché et vie éternelle. Mais ceulx seule* ment en sont faictz participans qui croyent et recoipvent par vraye foy tel ministère (fol. 179 b ), telle parolle et sacremens administrez; et vrayement et opportunément dict Basille, que ne fault avoir esgard à la bonté ou malice du ministre, pourtant que l'efficace de la parolle et sacremens ne vient de luy, mais de l'instituteur, et qu'aussi bonne et efficace est la parolle et les sacremens administrez par le mauvais comme par le bon , mais que purement soit administrée; donne l'exemple du seau engravé es armes du prince : c'est tout ung s'il est d'arain, d'argent ou d'or, mais que l'engraveure y soit» fera roesme impression en la cire capable et disposée : ainsi fera la parolle et sacrement receu par foy, par quelque ministre que soit administrée, soit bon, soit mauvais, mais que soit gardée la forme et l'institution de Jesuchrist. Je dis donc au propos

commencé, combien que soit Dieu seul qui de son auctorité et puissance remect et pardonne le péché, et que c'est à luy que se fault adresser pour l'impetrer ♦ devant luy fault se recongnoistre pécheur , tel se confesser et accuser en tout temps et lieu: neantmoins qu'il feisl bien tout luy seul sans moyens, puisque son vouloir et ordonnance est user de moyen, et qu'il veult honnorer ses créatures usant d'elles, n'en vouloir user seroit contrevenir au vouloir de Dieu et tenter Dieu , comme feroit celluy qui ne vouldroit user du pain . qui ne vouldroit user des degrez pour descendre : fault donc user des ministres et de leur ministère, et recepvoir par leur ministère la pa~ rolle et sacremens Parquoy est bonne et louable ordonnance se retirer au prebstre, devant luy se recongnoistre pécheur, s'accuser et confesser pour obtenir par son organe et ministère la pa rolle par laquelle est offerte et dispensée la remission des péchez, de laquelle Dieu en est l'autbeur, et le prebstre seul dispensateur; aussi ne dict point : je t'absoubz en mon nom, au nom du pere et du filz et du benoist sainct esprit, aultant que s'il disoit : Dieu pour mon ministère t'offre et exhibe remission de tes péchez , embrassant et recepvant ceste parolle en foy, et prens de luy par mon ministère.

JUGEMENT RENDU PAR LA SORBONNE CONTRE h'ExpOSîtiOtl

familière de Roussel.

(D'Argentré, Colleetio judMorum de novis erroribus, t. II, p. 16t. — Nous donnons le texte des propositions condamnées , d'après le manuscrit de Y Exposition conservé à la .Bibliothèque du Roi.)

Familière Exposition en forme de colloque sur le Symbole , Deçàlogue et Oraison Dominicale , faicte et recolligée de l'Ecriture et vrais Expositeurs d'icelles , suivant le vouloir et intention du Roi de Navarre , par Gérard Roussel , evéque d'Oleron. Hic liber loti Christianismo maxime peroiciosus censelur, tura quôd variis scateal atque respergatur proposilionibus falsis, ac lectores in prrorem inducenlibus, captiosis, scandalosis a veroque sensu scripturae prorsus alienis , tum verô alias hœresim spirautes, immo plane hœreticas contineat, quarum nonnullae , ut omnibus planum fiât , sequentt paginà annotanlur. Meritô ilaque supprimendus est praefatus liber nec impressioni committendus , ita ut inter librorum reprobatorum Catalogum recensendus sit.

Datum Parisiis apud sanctum Mathurinura , in nostrts comitiis jure jurando coactis , post sacrum de Spiritu sancto celebratum, 1550, decimà qniutà octobris.

Sequuntur quœdam propositions ex libropraefalo excerpt® , ac censurà notais , ul quàm peroiciosus fuerit chrisliano lectori, appareat.

f. «Jesucbrist est assis à la dexlre du pere, [pour continuellement se présenter à luy, comparoir devant sa face pour patrociner et intercéder pour nous et obtenir grâce] s offrant soy mesme comme le seul sacrifice très vray, très agréable [au 1 Les mots mis entre des crochets ne sont pas rapportés dans la sentence.

i5 Octobre i55o.

pere , et très suffisant pour appaiser sou ire , et nous reconcilier à luy, nous impetrer du pere le sainct esprit , pour nostre sanctification, entière régénération] » (fol. 8 4 ).

2. La mort de Jésus-Christ «se peult bien appeller la médecine de l ame et de toutes ses navreures, et la seulle propiciation pour les péchez» (fol. 11 k ).

3. « Ce sera sa sapience , sa justice qui est entière et parfaicte, et non d'aultre qui m'y mènera » (savoir à sa gloire) (fol. 14»).

4. «....Et si tu ne voulois vestir ma nudité de ta justice, qui seule est entière , parfaicte , satisfactoire , méritoire.... '» (fol. 17 b ).

5. a Ambrassons doncques d'une vive et ardente foy ung seul pour tout, sans nous divertir ailleurs o (fol. 18 b ).

6. or Brief , bien regardé de l'œil de foy, se recongnoist le seul vray Iresor de tous biens, duquel se peult le tout puiser habondarament et à sacieté, qu'il n'est expédient de divertir ailleurs ; ains se destourner aultre part , seroit se demonstrer ne le bien veoir de l'œil de foy » (fol. 18 b ).

7. «....Auquel l'entière somme de nostre salut et toutes les partyes d'icelluy sont comprinses, de sorte que ne debvons la chercher, ny povons la trouver en aultre pari 2 » (fol. 18 b ).

8. «Les dons de grâce donnez à l'église.... se doibvent communiquer à tous , pour monstrer que tous usent de mesmes dons et privileiges» (fol. 22 b ).

9. L'Église « est une société en laquelle n'y a que les sainclz , les eleuz et les filz de Dieu » (fol. 23 a ).

10. «Or la justice nostre, jacois que fust parfaicte obéissance à la loy que faisions tout ce quelaloy commande, ceste justice seroit de debvoir, par quoy ne se peult dire proprement méritoire d (fol. 31»).

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