‹ Gérard Terburg (Ter Borch) et sa familleChapitre 12 sur 24 · National Gallery · texte numérisé non relu

National Gallery

une Assemblée d'ecclésiastiques en robes noires ou en camails, réunis dans une grande salle à hautes fenêtres et rangés symétriquement de chaque côté du bureau où siègent le président avec trois dignitaires placés à côté de lui et, au-dessous, deux secrétaires écrivant sur une table. M. Bode croit voir dans cette esquisse une étude d’après nature, faite par Gérard d’une séance de délibération tenue par les ecclésiastiques espagnols avant la conclusion du traité et en vue de sa préparation. L’œuvre est évidemment celle d’un artiste habile et l’individualité de chacun de ces petits personnages y est assez nettement indiquée en quelques traits. Malgré tout, sans nier absolument l’attribution, la sécheresse d’exécution de cette peinture, d’ailleurs assez fatiguée, nous en laisse un peu douter : Ter Borch a d’ordinaire plus d’ampleur et plus de charme '.

Il existe à Amsterdam, à Munster et à Saint-Pétersbourg des copies anciennes, complètes ou partielles, du tableau du Congrès pour lequel l’auteur avait évidemment dû faire bien des études préliminaires. On ne manque guère non plus dans les guides de désigner comme étant de lui les trente-sept portraits de plénipotentiaires qui, à Munster, garnissent la grande « Salle de la Paix», bien que, par une quittance conservée aux archives de cette ville et datée de 1649, le peintre J. B. Floris reconnaisse avoir reçu pour trente-quatre de ces portraits une somme de 3qo thalers, soit 10 thalers pour chacun d’eux. 11 n’en resterait donc que trois qui pourraient être attribués à Ter Borch ; l’un d’eux, en effet, a été certainement exécuté par lui, celui de Godard van Reede, le délégué d’Utrecht, ainsi que nous l'apprend la gravure de Suyderhoëf. M. Moes, à qui nous empruntons ce renseignement, indique aussi comme fait à cette époque un tableau appartenant à M. W. Huefer, à Rome, et qui représente les obsèques de l’un des envoyés espagnols, l’archevêque de Cambrai, Joseph de Bergaigne Je 24 octobre 1647). Il sera probablement facile, en poursuivant des recherches dans ce sens, de retrouver encore quelques autres ouvrages de

i. Récemment encore un amateur anglais me signalait un autre tableau d’assez grande dimension, acheté à Londres 1 35 livres sterling, le 5 juin 1S86, dans une vente où il figurait sous le nom de Ter Borch et la désignation : le Concile de Trente. Il représentait également une assemblée d’ecclésiastiques réunis dans une salle tendue de vert. Mais Bürgcr, qui mentionne ce tableau à l’Exposition de Manchester en 1857, considère l’attribution à Ter Borch comme tout à fait apocryphe.

LES ARTISTES CÉLÈBRES

cette période. Signalons dès maintenant comme ayant été fait soit à Munster, soit lors d’une courte excursion de l’artiste à Louvain, le portrait d’un professeur à l’Université de cette ville, Vopiscus Fortunatus Plempius, portrait qui nous est connu par une gravure de P. Pontius, datée de 1648.

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