PORTRAIT D’HOMME
Tableau de Ter Bor«.h, de la collection de San Donato.
M. le marquis de Castro Sema, M. de Stuers n'a pu découvrir aucun autre tableau du maître dans les rares collections qui existent encore en Espagne. Ses recherches dans les archives des grandes familles, notamment dans celles du duc de Frias et du comte de Peneranda de
UN MILITAIRE OFFRANT DE L’OR A UNE JEUNE FEMME. Fac-similé de la gravure de P. Audouin, d’après le tableau de Ter Borch. — (Musée du Louvre.)
LES ARTISTES CÉLÈBRES
Bracamonte, tous deux descendants du protecteur de Ter Borch, n’ont pas été plus heureuses, et ni M. de Stuers, ni les bibliothécaires des dépôts publics de Madrid et de Simancas auxquels il avait communiqué son désir, ne sor.t jusqu’ici parvenus à trouver le moindre document se rapportant à la présence de l’artiste en Espagne.
Nous ne sommes pas mieux renseignés, du reste, au sujet des portraits ou des tableaux de chevalet que, toujours d’après Houbraken, Ter Borch aurait peints en France, à son retour. Quant à son voyage en Angleterre, nous pensons que son biographe a voulu parler du premier séjour qu’il y lit en 1 635 et cette confusion s’explique dès lors très facilement.
Après cette vie errante, Gérard revint enfin se fixer dans sa patrie. Ses pérégrinations d’ailleurs n’avaient pas duré fort longtemps, car, parti de Munster vers la fin de 1648, il était de retour en Hollande deux ans après, et en vertu d’une délibération du conseil de la ville de Kampen, à la date du 3o décembre i65o, il recevait une gratification de cent carolus, en reconnaissance du présent qu’il avait fait à cette ville de vingt épreuves de la gravure de la Paix de Munster. L’artiste, qui, sans doute, avait d’abord habité Zwolle près de sa famille, épousait bientôt après, le 14 février 1654, une jeune femme de Deventer, Gertrude Mathysen*, déjà veuve de Thys Daems, et il s’établissait dans cette ville où l’année suivante il acquérait le droit de petite bourgeoisie (i3 février 1 65 5).
A partir de ce moment commence pour lui une existence nouvelle, tout à fait sédentaire et remplie par le travail. Sa naissance, sa situation et la juste considération dont il jouissait lui permettaient de choisir ses relations parmi les premières familles de la cité. Il était donc désigné en quelque sorte pour devenir le peintre attitré de la société hollandaise et il trouvait autour de lui les modèles et les scènes que désormais il se plut à retracer. Depuis ses débuts, cette société s’était insensiblement transformée. De rude et guerrière qu'elle avait été au commencement du siècle, elle s’était faite, avec les années, commerçante et polie. Les modifications mêmes de son costume indiquent les différences profondes que l’apaisement des passions politiques ou religieuses et le développement de la prospérité publique avaient amenées parmi elle. Aux oripeaux des
1 . Peut-être une parente de la troisième femme de son père, car elle porte le même nom.