PORTRAIT DE GÉRARD TER BORCH LE VIEUX
Fac-similé d'un dessin de Moscs Ter Borch.
14 LES ARTISTES CÉLÈBRES
vocation naissante et notait avec soin les progrès réalisés par chacun d’eux. Gérard, l’aîné de ses enfants, devait combler toutes ses espérances ; mais ce père vigilant avait cru un moment qu’il jouirait des mêmes satisfactions avec Herman, son second fils, dont les albums contiennent aussi de très nombreux dessins. On retrouve, en effet, dans ses croquis quelque chose de la verve et de la facilité paternelles. Ces qualités cependant devaient rester
chez lui à l’état depromesse et, faute d’être soutenue par des études suffisantes, l’exécution chez ce jeune homme demeura toujours assez rude et finit par devenir tout à fait brutale.
Il n’y a donc pas trop lieu de regretter qu’il ne se soit pas entièrement consacré à l’art.
Mieux éclairé sur ses dispositions, son père dut reconnaître qu’il n’y avait pas en lui l’étoffe d’un peintre et, le 1 8 juillet 1 66 1 , il lui cédait sa charge de receveur des impôts.
L’affection de ses enfants, l’estime de ses concitoyens entouraient la vieillesse de Gérard. Avec son esprit ouvert, curieux, son humeur joviale, il avait su rendre sa maison agréable à tous. Un excellent portrait que l’un de ses fils, Moses, fit de lui à un âge assez avancé (1660) nous montre le visage d’un bon vivant. Les yeux paraissent un peu fatigués, mais fins et bienveillants ; la bouche spirituelle et moqueuse est surmontée d’un nez gros, luisant, qui semblerait indiquer que le bonhomme, resté fidèle aux habitudes de sa jeunesse, n’était pas indifférent à la dive bouteille. Le vieillard ne devait pas jouir longtemps de son repos et, moins d’une année après qu’il s’était démis de ses fonctions municipales, le 20 avril 1662, il mourait à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Dans une courte notice imprimée à ce moment et qui nous a été conservée, sa famille rappelait les qualités qui le lui rendaient cher et qui justifiaient ses regrets.
Dessin de Gérard Ter Borch le Vieux.