PORTRAIT DE «OSES TER BORCH
Fac-similé d'un dessin de Gesina Ter Borch.
20 LES ARTISTES CÉLÈBRES
ou étudiants en théologie, avaient jusque-là perdu les frais de leur éloquence. Un jour cependant, après avoir si longtemps différé, la demoiselle avait été prise. En novembre 1661, elle s’est représentée elle-même gravant sur l’écorce d’un arbre les initiales de celui qui avait triomphé de son indifférence. Au-dessous, pour éviter toute méprise, elle ajoute bravement en français : « Vive le cœur que mon cœur aime ! » L’intimité s’établit bien vite entre les deux amants et le galant devient aussitôt très
tardive ne devait durer qu’un moment. Suivant une tradition qui nous a été conservée, le jeune homme — il se nommait Hendrik Jordis — après avoir ainsi gagné le cœur de Gesina, avait été subitement atteint de folie. Un dessin de l’album nous le représente voulant entrer à cheval dans l’église Saint-Michel, dont il essaie de franchir les marches, au grand ébahissement des passants.
On comprend quelle fut la douleur de Gesina. Quelques années après, elle devait être de nouveau éprouvée par une perte bien cruelle, celle de son jeune frère Moses. La plus tendre affection avait toujours régné entre eux, affection fondée sur la similitude des goûts et des caractères. Moses avait, comme sa sœur, manifesté tout enfant des aptitudes remarquables pour le dessin. A l’exemple de son père, il aimait à traiter des sujets sacrés ou profanes, dans le goût de Lastman et des italianisants de cette époque. Une de ses compositions, datée par lui d’Amsterdam en 1 658, nous montre qu’il y avait vu à ce moment des œuvres de Rembrandt et qu’elles avaient produit sur lui une très vive impression. Il cherche désormais à se procurer, dès leur apparition, les eaux-fortes du grand artiste, et les copies consciencieuses qu'il en fait, aussi bien que les préoccupations de clair-obscur qu’il apporte dans ses propres compositions, nous donnent la mesure de l’admiration que ces gravures lui ins-
assidu. Malheureusement cette passion
J an fa b u s.
Dessin de Moses Ter Borcli.
piraient. Mais quand il a sous les yeux la nature et qu'il s’applique naïvement à la rendre, Moses fait preuve d’un talent plus original. Les portraits au crayon noir et à l’estompe qu’il a dessinés d’après son père