IL, —LE REMORDS
Assassin, sois maudit ! Le terrible anathème, Le jour, la nuit, sans cesse; avec un art extrême, Avec un soin jaloux, me suit, flambe à mes yeux ; Toujours plus menaçant, me poursuit en tous lieux. Assaséin, sois maudit !... Oh! ces yeux de cadavre ! Is sont brillante, vivants, et leur éclat mé navre!.… A droite, à gauche, en face, en haut, en bas, partout. Oh! ces yeux de cadavre inspirant le dégoût, La terreur et l’angoisse, ils sont vivants, vous dis-je : Îls ont laissé le mort... Comment ? par quel prodige ? . À mes yeux dilatés, chaque globe agissant - Présente l’anathème écrit avec du sang :
Assassin, sois maudit !.. Et ces lettres s’impriment, Comme des fers ardents, sur mon cœur, le compriment, -Enfermant dans le fond le terrible Remo: À
Qui de sa dent d’acier et le ronge et le mord e ‘ Qui de son bras vengeur enlace chaque veine,
Pour y couler, bouillante, une indicible peine ; Tandis que la frayeur, s’emparant du cerveau, L’étend sur son enclume où, de leur lourd marteau, - L’épouvante et l’horreur le frappent sans relâche,
- Me cinglant, sans pitié, de ces mots : Triple lâthe !
Lache, toi qui frappas un frère confiant,
Remplissant son devoir, fidèle, souriant ! es Lache, toi qui traînas, sans cercueil, sans prière, je 5) Son cadavre encore chaud, dans le trou d’une ornière ! Lache, toi qui pâlis, au souvenir d’un mort | Lé L’opprobre et l’échafaud couronneront ton sort ! . LAN