III. —CAUCHEMARS
Mais la nuit, —oh ! la nuit 1 Si parfois je sommeille, = + Le Mort, lui, ne dort point ! Tout près de mon oreille, :- :: J’entends soudain sa voix : ‘ Voleur ! Vile assassin 1°? De son genoux de fer il m’écrase le sein: fe ; De ses dix doigts glacés il m’enserre la gorge, nn,
Voleur de grands chemins, monstre, infime bandit, . ‘ Assassin, sois maudit ! maudit ! maudit ! maudit ! !
. Entraîné tout à coup par un être difforme, * Je me vois étendu sur une plate-forme, Surmontée au milieu d’un infâme gibet, :
D'où la Mort qui ricane, assise à son sommet, 4 Déroule vivement une solide corde Que saisit un bourreau qui, sans miséricorde Et sans nulle pitié, d’un geste violent, * Passe autour de mon cou l’horriblé nœud coulant.
En sursaut réveillé par mon cri de détresse,
Une froide sueur eoulant sur mon échine.
: Et c'est cent fois, la nuit, que pendu je me vois 3 Ne vaudrait-il pas mieux l’être une bonne fois? J’ouvre les yeux : hélas ! les yeux de ma victime Se rivent sur les miens, me reprochent mon crime. Qui me délivrera du maudit ver rongeur
Qui, tel un chancre affreux, me dévore le cœur ?