‹ Gerbes du Mont-Royal [microforme]Chapitre 8 sur 42 · L'ESCLAVAGE MODERNE · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE MODERNE

Vivant au jour le joûr, indépendants, heureux, à Autrefois, les humains, sous la libre nature, É/ ” Passaient sur cette terre alertes, vigoureux, 8e grisant de solëil, d'air pur et de verdure ; Aussi, rien d’étonnant qu’ils vécussent très vieux ! Oh ! c'était l’Age d’or et c'était l’heureux âge, # ! * Prodiguant aux mortels, et paix, et liberté. ..: : Dans notre âge de fer, n’est-ce pas l'esclavage - Engendré par le luxe né de la vanité, Ted Qui courbe sous son joug, sous son dur attelagé, . +. Les enfants rabougris de;notre humanité ?

Les uns, le torse nu, près d’un ardent fourneau, “Sur le fer qui pétille et lance l’étincelle, Frappent à tours de bras, avec un lourd marteau ; Sur leurs membres noircis la sueur qui ruisselle Trace de gris sillons.— : D’autres, le front courbé Sur d'énormes cahiers, écrivent sans relâche Des chiffres et des mots. Et d’un fer recourbé, Celui-ci, sans répit, poursuit, poursuit sa tâche, Enterré tout vivant dans le ventre du sol ; : ."." Tandis que celui-là penché sur la __- ‘8e lamente, gémit, guidant par le licol Ë 2 Une bête soufflant, une bête recrue. Se ER e -Quelques-uns, chiens courants pour de menteurs journaux, . Pour inventer le fait, pour forger la nouvelle, Ce Comme des loups s’en vont et par monts et par vaux, “Eee Sans un sou, bien souvent, dans leur pauvze escarcelle.

Des. ee

Des femmes, des enfants, comprimés et tordus Par les serres d’acier de l’horrible misère ae Par les dents de la faim déchirés et mordus, Gravissent décharnés leur terrible calvaire ;

: Tandisque des magnats insensibles aux pleurs, Sur le sein des plaisirs que donne la richesse, ‘S’innondent de parfums et se couvrent de fleurs, Mollement endormis par la molle mollesse.

L’esclave d’autrefois gagnait du moins son pain, Que lui jetait toujours un maître même avare ;- L’esclave d’aujourd’hui souvent crève de faim,

Aux gages d’un ‘‘ Repu ”’, cœur cupide et barbare !

LI PA RE PRE NO I CON OS ET PET OU ee ei NS

Que sont-ils devenus tous tes fiers courtisans,

Tes preux au vaillant cœur, tes fils à l'âme fière ? O douce Liberté ! Hélas ! Tes partisans P

Ont tous courbé leur front devant la museli

Ont tous rivé leur cou dans d’ignobles

Et crispé leurs dix doigts sur l’infâme Bannière ! !

LE MINOTAURE XXme SIECLE

Sous les yeux des mortels, un monstre aux mille têtes, Un monstre insatiable, effrayant, S’attaquant aux Humains, mais épargnant les bêtes $ Un monstre épouvantable, horrible, Pose ses quatre pieds aux quatre points du Monde Sur lequel il domine en absolu tyran, Et qu’il flétrit, hélas ! de ea souillure immonde, Ce monstre qui sortit du cerveau de Satan Pour le :lns grand malheur de la race adamique ; Ce monstre recouvert, de satin, de velours Aux multiples couleurs, à l'esprit morbifique, Sous son ventre gluant sorille sur son pa De la nature humaine et les fleurs et les -Donnant la vie au vice, à la vertu la mort ; Etouffant la raison, produisant les vertiges ; Couchant la douce paix sous sa dent qui la mord à Souflant sur Univers l’infernale discorde, Le mensonge, la haine et l’aveugle fureur, ‘ Qui souvent conduit l’homme au cachot, à la corde ; De la honte toujours l’infâme procureur !

Ce monstre né d’hier, moderne

Ne se contente plus d’engloutir dans ses flancs Quelques vierges par mois; chaque jour il dévore

Des hommes, des vieillsrds, des femmes, des enfants !

Toujours insatiable, il lui faut les familles Pour les livrer au vice, à la honte, au malheur ; Sur le dos des Petits étendre des guenilles ;

Dans le cœur de la mère incruster la douleur, Après avoir rivé l'époux, le pauvre père

A l’infâmant anneau, la dégradation ;

Le ravalant plus bas qu’une bête ordinaire ; Gravant dans son cerveau l’aliénation ! !

Ce monstre, né d’hier et déjà titanique,

Sur le pays entier, les villes, les hameaux, Partout, partout étend sa griffe satanique, Semant à pleins sillons la misère et les maux !

Sa bave immonde engendre et l’horrible blasphème,

Et le parjure affreux, l'assassinat, le vol,

L’inceste, le viol, le parricide même ! LS

Or ce monstre a pour noms : “Whiskey !.. Gin... Alcool!1 ,

ans ;

Concluez, je vous prie.

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