IMITÉ DU GREC
Moi que Ton vit changer en fleurs L es sévères anneaux des chaînes conjugales ; Moi qui, naguère encore, aux yeux de mes rivales , Entraînais sur mes pas des flots d'adorateurs , Et me faisais un jeu de tromper les trompeurs ; Moi , des jeunes beautés long-temps la plus illustie , Combien du sort cruel j'éprouve les rigueurs !
A peine à mon cinquième lustre , Mes autels sont déserts ! Veuve de mille amants , Je vois , à mon aspect , sourire les perfides, Et sur mon front flétri , que sillonnent les rides , Je cherche , hélas I en vain les roses du printemps. Pholoé ! Pholoé ! que ces glaces fidèles Ont porté dans ton cœur des atteintes mortelles ! Eh quoi ! ces yeux éteints, ces livides couleurs
Sont tes yeux , tes couleurs ! Trop fatales images , Fuyez!... ah! Pholoé succombe à vos outrages! Parlez , Grâces , Amours , témoins de mes douleurs , Parle , grand Jupiter , aux malheureux propice , Qui peut avoir ainsi changé mes traits ? — Le vice,