‹ Gerbes glanéesChapitre 9 sur 49 · A POLLION · texte numérisé non relu

A POLLION

TRADUCTION DE LA lre. ODE DU 2e. LIVRE D'HORACE-

Quand des troubles civils tu redis la naissance , Quand tu redis le crime au crime associé , Les jeux du sort , des grands la funeste alliance , Et nos armes, hélas! que rougit la licence , D'un sang qui n'est pas expié ;

Quand d'affreux souvenirs, Muse laborieuse, Par toi sont retracés pour nos derniers neveux , Dans les champs de l'histoire, arène périlleuse ! Sur des brasiers couverts d'une cendre trompeuse Errent tes pas audacieux.

Du faible , dont la haine a flétri la mémoire , Oier appui , Pollion , lumière du Sénat ,

— àb —

Toi qui, te couronnant d'une immortelle gloire,

Aux champs dalmatiens conquis par la victoire

Les nobles palmes du combat ;

De l'empire tragique abandonne les rênes , Tu reviendras un jour aux fabuleux héros ; Tu chausseras encor le cothurne d'Athènes : Maintenant au tableau de nos tragiques scènes Consacre tes mâles pinceaux.

Qu'entends-je? les clairons , la trompette bruyante r Ont effrayé les airs de leurs sons menaçants : Aux magiques reflets de l'arme étincelante , Loin du fer, les coursiers , que poursuit l'épouvante, Portent leurs maîtres pâlissants.

Gui , ces vieux généraux , émules du tonnerre , Je les vois soutenir la gloire de leur nom. Dans l'univers soumis à la vertu guerrière , Seule, au bras de César, seule a pu se soustraire L'âme farouche de Caton.

Vainement de ses Dieux la suprême puissance Veut dérober l'Afrique à nos justes fureurs ;.

Tout fuit !... Mais de Junon la cruelle vengeance Immole à Jugurtha, pour laver cette offense, Les descendants de ses vainqueurs !

Du sang italien quelle terre engraissée Par ses mille tombeaux n'atteste nos combats ? Du brillant Latium la gloire est éclipsée : De sa chute l'Asie, en ses vœux exaucée, Naguère entendit le fracas.

Quel gouffre, quel rocher, quelle rivière ignore Les tristes factions du peuple souverain ? Nous rougîmes les mers du couchant à l'aurore, Et leurs bords , ô forfaits ! en est-il un encore Où ne dorme un soldat romain ?

Mais quoi ! Muse indiscrète ! aux chansons tu préfères De funèbres accents à ton luth inconnus !.... Fuis Céos ! ah ! cherchons des* sujets moins sévères , Et des modes plus doux sur nos cordes légères , Dans les bocages de Vénus.

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