II. — LK DOGME CONSIDÉRÉ COMME PKLXCIPE DE VIE SURNATURELLE
Gerbet n'a pas exposé ex professa cette méthode, mais il la appliquée dans tous ses livres
« Ce petit ouvrage — écrivait-il daus la préface du Dogme générateur — n'est ni un traité dogmatique ni un livre de dévotion, mais quel- Cjue chose d'intermédiaire ; le genre auquel il appartient, forme le lien qui unit ces deux ordres d'idées. La religion nourrit Fintelligence de vérités, comme elle nourrit le cœm^ de sentiments ; de là deux manières de la considérer : l'une rationnelle, l'autre édifiante. Ces deux aspects, combinés entre eux, produisent un troisième point de vue, dans lecjuel on considère la liaison des vérités en tant qu'elle correspond aux développements de l'amour dans l'àme humaine. C'est dans ce point de vue que nous nous sommes placé pour contempler le mystère qui est le fondement du culte catholique. »
Les mots me manquent pour célébrer comme je voudrais les lignes si simples et si pleines, de cet humble et radieux programme. Quelles attaques, quelles difficultés de détail nous détacheraient jamais de cette philosophie toujours ancienne et toujours nouvelle qui ravissait, au même moment, Nevvman à Littlemore, Deutinger à Munich, et notre Gerbet. Non, nous n'exalterons jamais assez le petit livre tendre et profond où, si je puis dire, furent renouvelées, en une langue admirable, les fiançailles entre la philosophie catholique et l'esprit français, nouvelle rencontre dEmmai'is, où ce jeune pèlerin qui allait de Juilly à la Chênaie, reconnut, à la fraction du pain, l'unique lumière des intelligences et le fondement de toute foi.