DE LA RELIGION ET DE LA SOCIÉTÉ
1. — Le progrès de la civilisation demande que la société humaine soit constituée sur des bases purement temporelles, placées en dehors des croyances religieuses.
2. — La loi morale, régulatrice des actions humaines, est radicalement séparable de la reli-
3iS GERBCT
gion^ et cette loi n'a nul besoin d'une sanction divine.
3. — L'intelligence humaine est renfermée dans les limites des sensations ; la morale, dans le calcul des intérêts ; la politique, dans les combinaisons de la force.
4. -^ L'énergie spontanée de l'intelligence humaine est telle que toute révélation divine est inutile pour l'ordre social.
5. — On viole les règles de la théologie, ainsi que les limites dans lesquelles elle doit se renfermer, en affirmant que le dogme de la déchéance originelle et le dogme de la régénération fournissent des lumières sur les conditions et les lois de la société humaine.
6. — L'invariabilité des dogmes chrétiens est un obstacle au progrès social.
7. — La tendance de la théologie catholique est favorable, non à l'abolition, mais à la perpétuité de l'esclavage.
8. — Le christianisme, tel qu'il est enseigné par l'Eglise catholique, n'a pas exercé, et n'est pas de nature à exercer nue influence salutaire sur le droit civil, le droit politique et le droit des gens.
9. — La doctrine évangélique sur l'assistance fraternelle ne concerne que les individus, et elle n'est applicable, en aucun cas, aux rapports réci-
proques des sociétés politiques^ en faveur de gouvernements légitimes injustement attaqués par des ennemis intérieurs ou extérieurs.
10. — La maxime iChacim pour soi, appliquée aux gouvernements, est l'expression d'un égoïsme légitime, lequel doit constituer la vraie base des rapports internationaux.
11. — La piraterie, interdite par la loi de Dieu envers les particuliers, est licite à légard des. Etats.