DES DEUX PUISSANCES
12. — Le bien de la société humaine exige qu'il n'y ait pas deux puissances distinctes, l'une spirituelle, l'autre temporelle.
13. — L'union de l'ordre spirituel et de l'ordre temporel détruit la distinction des deux puissances, et implique l'absorption, par le pouvoir spirituel, des droits qui sont de l'essence du pouvoir temporel.
14. — L'union de l'ordre spirituel et de l'ordre temporel est essentiellement contraire à la bonne constitution des sociétés humaines.
15. — L'union de l'ordre spirituel et de l'ordre temporel doit être considérée comme un état
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accidentel et passager, (létcrniiné par les circonstances d'une époque, et non comme l'état noinial de la société régénérée par le Christianisme.
16. — Dans toute société bien constituée, la législation et les actes du gouvernement doivent avoir pour règle une indilTérence systématique entre la vérité et l'erreur, en matière de religion.
17. — S'il est théologiquement vrai que chaque nation chrétienne doive faire partie d'une seule et même Eglise universelle, soumise à un Chef «uprême, il serait politiquement utile que chacune d'elles constituât une Eglise nationale sous la suprématie du Chef de l'Etat.
18. — Ce serait une bonne chose que chaque' peuple ou chaque gouvernement catholique eût, en matière de théologie des traditions nationales, difierentes de la tradition générale de l'Eglise.
19. — Les gouvernements politiques peuvent imposer, soit au clergé, soit aux fidèles, des ecthèses ou formulaires théologiques qui ne seraient pas approuvés par le Saint-Siège ou les conciles généraux.
20. — Si des évêques et des prêtres sont actuellement détenus et poursuivis dans quelques contrées de l'Italie, parce qu'ils ne reconnaissent qu'au pouvoir spirituel, et non au pouvoir civil.
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le droit d'ordonner des prières et des cérémonies religieuses, ils ne doivent pas être considérés comme souffrant pour la défense d'un principe catholique .
21. — La théologie catholique induit à soutenir que les affaires purement temporelles sont du ressort de la puissance spirituelle,
22. — L'Église ne doit ni établir des prescriptions ni rendre des décisions qui aient ou puissent avoir des conséquences obligatoires pour les consciences, relativement à l'usage chrétien de choses temporelles.
23. — Il est contraire à l'esprit de l'Evangile que l'Eglise possède des biens temporels, et elle ne peut légitimement recevoir ou acquérir des propriétés destinées à l'entretien de ses ministres, aux besoins du culteetà Tassistance des pauvres.