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LA PHILOSOPHIE DES VÉDAS

On a souvent considéré la philosophie des Védas comme un système rigoureux de panthéisme. Mais d'abord il y a de fortes raisons de croire que ces anciens livres ont été interpolés par les Brahmes ; et d'ailleurs les fondements sur lesquels on appuie cette accusation de panthéisme ne sont nullement inattaquables. Les fortes expressions, qui dans les Védas présentent Dieu comme l'être unique, et les créatures comme des êtres illusoires, doivent-elles, de toute nécessité, être entendues dans un sens absolu ? Ne pourraientelles pas avoir eu un sens relatif, avoir signifié seulement que les créatures n'ont qu'un être incomplet, un être d'emprunt, une sorte de faux être, en com[)araison

(i) Ladoue, I, p. 264.

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(le Dieu, qui seul possède coinplétement la v( rilé de rètre ?0n rencontre des locutions analogues dans des écrivains, même chrétiens, fort éloignés du panthéisme ; et ne disons-nous pas, en parlant de Dieu que les Hiibles mortels sont tous devant ses yeux comme s'ils n'étaient pas ? L'antique génie oriental, avec sa langue audacieuse, put, à plus forte raison, adopter ces formules énergiques pour caractériser vivement ce <iue nous appelons nous-mêmes le néant de la création en présence de Dieu, quoiqu'il soit d'ailleurs incontestable qu'elles sont devenues, dans des systèmes postérieurs, les formules propres du panthéisme.

PllILOSOPUIE DES PREMIERS SIÈCLES DE L'ÈRE CURÉTIENNE

Le christianisme, dont nous n'avons pas à prouver ici la source divine, se présente, lorsqu'on l'envisage d'une manière purement philosophique, comme le plus grand fait de l'histoire. Régénérateur de l'ancien monde, créateur du nouveau, il renferme visiblement en son sein le principe d'un progrès perpétuel ; car les nations chrétiennes qui sont devenues par lui l'élite, la race souveraine du genre humain, sont arrivées progressivement à un tel degré de développement intellectuel, d'ascendant moral, et de force politique, qu'il est manifeste aujourd'hui que leur civilisation ira accomplir de proche en proche, l'éducation de tous les peuples. Le christianisme n'est pas seulement, comme telle ou telle doctrine de l'antiquité, une source tarissable de perfectionnement pour un peuple, une époque : il estia

source immanente du perfectionnement de rhumanilé. Il doit donc y avoir, dans ses mystérieuses profondeurs, une puissance, une lumière, une vie supérieures à toutes les philosophies connues, et, comme ses monuments primitifs prouvent qu'il n'est pas né comme naissent les théories scientifiques, on est conduit dès lors à penser qu'il n'est pas simplement un sublime produit de l'activité de la raison humaine, et que son origine est plus haute.

A partir de l'ère chrétienne, les spéculations philosophiques peuvent se diviser en deux granles classes; les spéculations opposées au symbole chrétien, et les spéculations harmoniées avec ce symbole.

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