‹ Gerbet, Salinis et RohrbacherChapitre 6 sur 13 · AUX E.NFANTS DE MAP.IE DO VERNET · texte numérisé non relu

AUX E.NFANTS DE MAP.IE DO VERNET

Je viens vous faire une confession.

Bien surprenante et pourtant bien sincère, Je vois germer un grain d'aml)ition Sous riiumble toit de notre monastère;

130 GERBKT.

Que toute envie y doive s'ainorlir, C'est notre règle et non pas notre histoire ; Car, malgré tout, il nous reste un désir : Le désir d'une chape noire.

Le snint habit qu'on prend au lîon-Pasteur A, grâce à Dieu, la blancheur en partage; Nous chérissons cette belle couleur Qui de nos cœurs devrait être l'image ; Ce fond si blanc pourtant se rembrunit. Quand, à nos yeux, cnfr'ouvrant son armoire, La sacristine, en gémissant, nous dit : Il nous manque une chape noire.

En vain les champs ont pour nous des épis. En vain les ceps nous donnent quelques grappes, La sœur quêteuse, en courant le pays, Ne peut jamais y récolter des chapes.

Le Vernet seul, par la bonté du ciel, Fait un miracle aui(uel nous aimons croire, Produit, dit-on, l'arbre surnaturel Où l'on cueille une chape noire.

En promettant que Dieu vous la payera.

Nous vous dirions, si vous étiez mondaines. Que parmi nous souvent on le priera.

De vous donner des cadeaux par centaines, Rideaux de soie et tapis précieux, Chapeaux, rubans, dentelles, satin, moire'.... Mais vous savez qu'on obtient beaucoup mieux En donnant une cliape noire!

Quand de ce monde il vous faudra partir, Nous porterons à Dieu cette prière :

« Seigneur, daignez assister et bénir « Les bienfaiteurs de notre heure dernière. « Le Bon-Pasteur reçut pour un instant « Dm Sacré-C(eur le concours méritoire:

« L'un au cercueil donna le linceul blanc, « L'autre au convoi la chape noire. »

GERBET ÉVÊOUE. 131

Docteur sur sa chaire épiscopale , polémiste ardent au milieu des combats de la foi, Gerbet évêque, comme autrefois Grégoire de Nazianze, demeurait l'ami du beau dans les arts et dans toutes les œuvres qui touchent à l'esthétique : disons le mot, il restait artiste!

Comment il comprenait l'arlisle , il l'a dit lui-même en peignant Albéric d'Assise, c'est-à-dire en se peignant luimême.

« Son imagination et sa sensibilité... cherchaient dans les arts leur aliment. La peinture lui semblait être un présage de la vie future et de la résurrection des corps. Pourquoi, disait-il, Thomme aurait-il la puissance, non pas seulement de concevoir le beau, mais aussi de le reproduire, s'il n'étaitpas destiné à reproduire l'éternelle essence ? Comment les formes terrestres nous en offriraient-elles l'expression, la ressemblance, si elles n'avaient avec lui quelque parenté, si par conséquent il n'y avait pas en elles quelque chose d'impérissable? 11 prenait plaisir à en saisir... dans leur expression matérielle, les mystères sublimes de la musique, à laquelle il attachait une idée singulière. La musique, formée par la mélodie et par l'harmonie, représentait, selon lui, la destinée qui doit se composer de vertu et de bonheur. La mélodie, qui se soutient par elle-même, et qui exprime la pensée fondamentale d'une composition, représentait la vertu, base suprême de notre destinée. Le bonheur, qui doit procéder de la vertu,

qui doit en être l'accompagnement, était figuré par la simple harmonie, laquelle se réfère et se coordonne à la mélodie, comme à un principe régénérateur. Sur la terre, la vertu et le bonheur sont habituellement séparés, leur union nécessaire devra donc se rétabhr ailleurs. C'est pour cela que la musique , qui offre déjà, dans le monde, l'union de la mélodie et de l'harmonie, lui paraissait être un pressentiment du ciel. Avec de pareilles dispositions, tous les instincts poétiques avaient dû .se développer, chez lui, à un assez haut degré. 11 ne parlait que par images, parce que chaque objet matériel avait à ses yeux une signification idéale. De même qu'à l'aide du microscope l'œil distingue des facéties brillanles dans un grain de poussière, de même sa pensée croyait découvrir, dans les phénomènes les plus petits et les plus grossiers, quelques parcelles étincelantes du monde invisible. Chaque idée, en passant par son âme, en sortait revêtue d'une forme vive et colorée. Les vrais poêles étaient pour lui les grands peintres de la pensée : ils étaient tous ses amis '. »

On le voit, si le goût des choses de l'art dominait chez Gerbet, si le cœur aussi dominait l'esprit, tout cela était encore dominé par la piété. N'est-ce pas de lui-même qu'il a voulu parler, en disant d'Albéric d'Assise :

(( On ne pouvait pas dire que tout son temps fût partagé

' Un. cath., XXI, 23.

entre l'élude et la prière, car celte distinclion n'existait pas pour lui. La prière, source d'une lumière qui ne descend dans l'esprit qu'en passant par le cœur, élail pour Albéric une étude transcendante et sans effort. L'étude, continuellement rapportée à Dieu, était une prière laborieuse '. «

Puis, disons-le, cet esprit sacerdotal ambitionnait peu la gloire des lettres humaines; cependant, il comptera parmi ceux qui les ont le plus honorées au dix-neuvième siècle par la pureté du goût, la correction et l'élégance antique du style, par celte éloquence sage qui naît du fond même des choses et s'insinue doucement dans les âmes.

Moins pieux et plus exclusivement académique, Gerbet eût eu une vogue autrement générale. Il ne lui a manqué, pour être encore plus répandu et plus goûté qu'il ne l'est, dit Sainte-Beuve, que de combiner un peu moins la dialectique avec le sentiment affectueux-.

— Ah! répond Gerbet, sans la charité, les vertus sont d'illustres indigentes'. Laissez-moi chercher le royaume de Dieu et sa justice*, le reste importe peu.

Mais l'Évêque n'est pas seulement posé par le Saint- Esprit pour régir une Église particulière , il fait partie de

' Un. cath., XXI, 25.

-Causeries du lundi, t. VI, p. 316.

' Mandement sur la doctrine de l'amour de Dieti.

* Matth., viy 33.

l'Église enseignante, et les intérêts généraux de la chrétienté ne sauraient lui rester indiiïérents.

Peu d'évèques ont été mêlés autant que Gerbel aux grands événements de l'histoire ecclésiastique pendant son épiscopat. 11 portait partout ses regards de sentinelle vigilante.

Toujours debout, attentif, l'œil perçant les ténèbres dans la nuit, roreille tendue, il tressaillait au moindre bruit.

« Des quatre coins de l'Église, a dit Mgr de la Bouillerie, parlant de ce gardien d'Israël, les catholiques poussaient vers nous le cri d'alarme de la République : « Caveant consules! que les consuls prennent garde! » ISous, consuls, je le dis avec fierté, nous n'avons pas failli à notre devoir, nous avons su monter à la brèche, et nous avons prouvé que nous n'étions pas des chiens muets!... Mais alors que nous partions au combat avec nos armures légères, avec la fronde et la pierre de David , lui , il semblait brandir dans ses mains l'épée céleste de Judas Macchabée. El quand nous poussions nos aboiements pour sauvegarder le troupeau et le pasteur suprême du troupeau , il était comme le chien que l'Ordre illustre de Saint-Dominique a choisi pour son emblème, tenant à sa gueule une torche brillante et enflammée. Ses magnifiques écrits furent alors un de nos soutiens les plus fermes, et lorsque, après la mêlée, nous vînmes tous nous agenouiller aux pieds de notre chef, il était là, comme Jeanne d'Arc, digne d'assister au triomphe, parce qu'il avait porté la bannière dans le combat. Et nous aimions à montrer du doigt celui qui avait si habilement manié le glaive, — le grand évêque de Perpignan' !... »

' Éloge funèbre de Mgr Gerbel.

GERBETEVEQUE. 135

Impossible d'énumérer tous les actes et les écrits épiscopaux auxquels l'éloquent orateur vient de faire allusion. Ils seront un jour — puisse-t-il être prochain! — réunis aux autres œuvres dont le digne héritier' des pensées de Gerbet a préparé l'édition complète.

Citons cependant la célèbre Instruction pastorale sur diverses erreurs du temps présent, du 23 juillet 1860.

« Les unes, disait-il, ont déjà été condamnées, les autres « n'ont pas encore été l'objet d'une censure expresse, sous « la forme- oij elles se produisent. Les unes sont évidem- (( ment opposées à des points de foi-, les autres sont, à « divers degrés, contraires à la saine doctrine, et quelques- (1 unes au moins pernicieuses, surtout aujourd'hui, parti- « culièrement en raison du but que se proposent ceux qui « voudraient les faire prévaloir*. »

On sait l'éclat qui suivit cette magistrale instruction et la sanction dont elle fut honorée par l'acte ponlifical du 8 décembre 1864^

' Mgr Bornet, ancien vicaire général de Perpignan, mort à Bordeaux ,

' Instruction pastorale, etc. Introduction.

' Ici se présente le souvenir des débats qui ont divisé, dans ces derniers temps, les écoles catiioliques. Les uns, qui connaissent mieuv peut-être les instincts et les besoins de notre époque , se sont sincèrement épris de la liberté^ et ne comptent guère que sur elle pour faire fleurir la religion ; les autres, préoccupés uniquement des droits

« L'amour de l'Église a été la passion de cette vie pré- « inaturément éteinte '. »

Et pourtant Gerbet était doux, aimable envers tous les hommes; ses lèvres étaient de miel ! «■ Mais, ajoute l'évêque de Tulle, quand la foi était attaquée, quand l'impiété s'insurgeait contre l'Église et son Christ, alors son génie s'enflammait; il connaissait la colh-e aimante et la haine parfaite^... Dieu connaît cette colère aimante et cette haine parfaite. Dieu ne hait rien de ce qu'il a fait ^ parce que rien de ce qu'il a fait n'est mauvais, n'est haïssable.... Dieu aime toutes ses œuvres, mais il déleste le mal que

inaliénables do la vérité, rêvent pour nos sainles ciojances une domination absolue, soutenue au besoin par la force mise au service de l'Église. Les deux écoles tantôt se querellent sur le i)assé, tantôt discutent avec ardeur les questions présentes, tantôt en appellent aux expériences de l'avenir.

Au milieu de l'ardente mêlée où il combatta't si vaillamment, le savant évêque s'ari était moins aux accidents de la bataille qu'aux idées qui l'avaient provoquée. Avec cet esjirit subi il et profond qui marque tous ses ouvrages d'un cachet si original, il se mit à étudier les erreurs répandues dans la société, et il en dressa le catalogue dans son Instruction pastorale sur les diver.^es eri'eurs des temps présents. Ce mandement, qui fut trés-remarqué, signalait quatrevingt-cinq propositions, dont les unesformule:it netlement les théories de l'incrédulité et du socialisme répandues dans les journaux et dans les livres modernes, tandis que les autres, mêlées de vrai et de faux, ne sont souvent séparées que par des nuances impeneptibles des opinions encore libres. Les propositions recueillies |>ar l'évêque de Perpignan furent soumises à l'examen des théologiens les plus éminents de Rome et du monde, cl des i)relatsdes plus capables d'apprécier l'esprit i>ubiic. C'estde là qu'est sortie l'Em \clique du 8 décembre 1864. iNigr Geibet n'a pas assez vécu pour y adhéier; il avait fait plus, car il en avait écrit le prospectus et préparé, pour ainsi dire, la table des matières. (Mgr Besson, loc. cit., p. 4 51 .)

' Léon GALrii;ii, Portraits contemporains.

- Ps. cxxxviii. 22.

' Sagesse, xi, 25.

GERBETEVEOUE IH7

l'homme y a mêlé; il le hait d'un amour immense, infini; il le hait de tout l'amour qu'il a pour ses œuvres et pour lui-même... Ainsi de l'Église, qui est comme Dieu; qui est vérité, justice, sainteté comme Dieu. Elle aussi, elle hait le mal que l'homme met dans les œuvres de Dieu; elle ne peut ni se taire devant l'erreur, ni transiger avec l'iniquité ; elle les combat avec toute l'ardeur qu'elle puise dans son amour de la vérité et de la vertu. Elle aime, dans les œuvres de Dieu, leur fond, leur substance; mais le mal, qui est adventice, « un accident corrupteur », elle le hait d'une haine implacable. Dans l'homme, elle hait ses erreurs, ses vices, ses désordres; mais l'homme, quoique criminel et avili, elle ne peut le haïr. Comment le haïraitelle? Ne sait-elle pas que, si l'homme, par sa liberté, est ici-bas le seul être qui puisse faire le mal , il est aussi le seul qui puisse le réparer?... Votre évêque était ainsi. Vous savez combien il était bienveillant, ouvert à tous... Ses paroles étaient douces comme le miel; on les recueillait comme une ambroisie.. . Vous savez que ses relations étaient brillantes, ses amitiés honorables, parce qu'il répandait sur tout le commerce de la vie une douceur et un charme exquis. Avec tout cela, il était « le haïsseur parfait », il « entrait en colère avec amour '. »

« Dieu lui avait donné les deux qualités éminentes qui font les pasteurs de son Église : un grand esprit et une plus grande bonté. Oh ! que ce mélange est aimable ! Un grand esprit et une grande bonté, voilà, je le répète, les deux qualités du pasteur ^ »

' Mgr Bertkaud, Oraison funèbre de Mgr Gerbet.

î Mgr DE Lv BociLLEiiiE, Élogc futièbre de Mgr Gerbet.

Aussi, comme la résidence lui était facile! Qu'il lui eu coûtait pour s'arracher, même un jour, à son cher diocèse! Ce n'est pas lui que Paris attirait. Rome même, Rome, le grand objet de son amour, l'attendit longtemps, et Pie IX dut le dispenser d'accomplir son voyage ad Umina. On ne l'y vit qu'en 1863, pour déployer l'étendard de Jeanne d'Arc, dont Mgr de la Bouillerie a si éloquem.ment parlé.

Mais quand l'amitié le réclama, il accourut, par deux fois, auprès de Salinis, la première pour l'aider à accomplir le sacrifice qui d'Amiens le transférait à Auch, la seconde pour assister à son agonie.

C'était le 25 janvier, au cœur de l'hiver. Gerbet arriva, tandis que son ami mourant goûtait quelques instants de sommeil. Il ne voulut pas le réveiller.

— Ah! dit Salinis, ne savez-vous pas, mon ami, que le meilleur repos pour moi, c'est le plaisir de vous embrasser! Oh! que je suis heureux de vous savoir sous mon toit... J'ai eu la consolation, ce malin, de recevoir le bon Dieu au milieu d'âmes bien ferventes... Je me suis donné tout à Dieu.

Puis, dans l'effusion d'une âme timorée, qui retrouve avec bonheur l'ancien dépositaire de ses secrets les plus intimes :

— Je désire profiter de votre visite pour faire une confession générale, avant de paraître devant Dieu.

Gerbet, ému, dit au prélat mourant qu'il le trouvait trop fatigué pour donner suite à cette ouverture.

— Pourtant, mon ami, répondit Salinis, ce serait une grande consolation pour moi!

S'adressant alors à ses familiers :

— Son voyage a été si pénible!... Dites bien qu'on lui donne des soins : le bon évêque de Perpignan y songerait peu lui-même... N'oubliez pas qu'il fut un de mes premiers compagnons d'armes...

Quand il partit d'Auch, après avoir pieusement enseveli de ses mains fraternelles l'ami des anciens jours, Gerbet se sentit frappé au cœur.

Dès lors, les pressentiments d'une fin prochaine se font jour à travers ses écrits, ses correspondances^ ses effusions de i'intimité.

Pour tous, sa mort, arrivée le 7 août 186/», fut un coup de foudre. Lui seul n'en fut pas surpris, il l'attendait, comme une amie, comme une libératrice.

Terrassé par l'affreux mal qui l'avait déjà une fois mis à deux doigts du tombeau, le jour même de son entrée à Perpignan, à dix ans de dislance, il comprit que tout était fini.

— Oui, mon Dieu, comme vous le voudrez!

Ce fut sa réponse aux avertissements de la maladie, quand elle l'eut couché sur le lit de mort.

V!n de ses vicaires généraux lui présenta le crucifix. Il le prit d'une main défaillante, le"T)laça lendremenl sur son cœur. On l'entendit murmurer le nom sacré du Maître. Puis il porta la croix à ses lèvres, voulant mourir dans ce baiser d'amour! Tout à coup, ses mains se détendirent autour du crucifix, qui retomba des lèvres sur son cœur, et, à travers ses lèvres doucement entr'ouvertes, son âme s'envola...

0 Et maintenant, tout cela est fini » , s'écriait l'Évêque de Carcassonne devant son frère mort, étendu dans le cercueil, au milieu de celte chère cathédrale de Perpignan, près de cette chaire épiscopale qu'il a tant honorée, « tout est fini, (( et voilà ce qui reste de cet homme. Un coup de foudre « vous l'a enlevé, quand il avait son front dans lescieux; « oui, son front dans les cieux! car sa dernière parole fut « son dernier écrit, et son dernier écrit la condamnation « de la grande impiété de nos jours : contre celui qui a osé « nier la divinité du Sauveur, il écrivait la parole de Pierre : « Tu es le Christ, Fils du Dieu vivant... » Il l'écrivait!... « La plume tomba de ses mains, et il se trouva face à face (( devant le Christ, Fils du Dieu vivant ! »

Au moment où on le descendait dans le tombeau, un rayon lumineux, sortant tout à coup d'une vitrine en forme de soleil placée au-dessus de l'autel , vint éclairer l'entrée du sépulcre.

C'était im symbole. L'Église venait de perdre une de ses lumières, mais ce tombeau restera lumineux. Placé sur nos frontières pyrénéennes, il y est comme un phare, et, tandis que le fondateur de l'École menaisienne gît dans une fosse inconnue, sur laquelle la croix ne brille point, son meilleur disciple dresse encore, du sein de son glorieux sépulcre, celte croix du Christ, toujours debout, toujours la même, parmi les vicissitudes et les révolutions qui passent!

Nous avons cité bien des hommages rendus à la mémoire de Gerbet. Nul ne l'a loué avec plus d'autorilé que son successeur sur le siège de Perpignan.

Voici comment s'exprimait à son sujet Mgr Ramadié, mort archevêque d'Albi :

« Vous pleurez encore, N. T. G. F., le saint Pontife qui rendit à notre chère église d'Elne sa vieille gloire avec sa dignité d'épouse ': sa générosité et ses bienfaits vous rendaient sa mémoire chère. Pour consoler votre juste douleur, la Providence vous envoya pour évêque un docteur illustre entre tous; il vous vint couroimé des glorieux lauriers qui déjà lui avaient ouvert l'enceinte de cette savante école de la Sorbonne, jadis la gloire de la France et de l'Église, et qui se montre aujourd'hui si jalouse et si digne de retrouver son antique splendeur. L'Évéque de Perpignan devait avoir sa part de cet honneur réservé à notre âge-, sa parole toujours gracieuse était un chant; sa plume écrivait pour la postérité : à cette douce éloquence, qu'embaument les parfums d'une angélique pitié, se mêlent, dans ses admirables écrits, les charmes de la poésie et les profondeurs de la philosophie. Aucune des facultés de l'âme humaine n'é-

' Mgr de Saunhac de nelcaste!.

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