I. A M. Camille .Marcillc, lilliographiée par Cug. Le Roux
GÉIIICÂULT.
élève sa lête irritée, qui paraît animée de passions humaines. Près de la barrière, un autre personnage arrête un cheval qui se dresse au-dessus d’un homme renversé. A l’extrémité gauche du tableau, un troisième personnage, d’un type admirable, vu de face, les jambes écartées pour assurer son effort, se roidit pour résister à son redoutable adversaire, dont il tient des deux mains les naseaux. Ges trois groupes du premier plan sont reliés par un nombre considérable de figures, hommes et chevaux, qui remplissent la toile sans la surcharger et complètent cette noble composition. Géricault a fait plusieurs esquisses de ce second projet. Nous en connaissons trois ou quatre. Elles ne diffèrent entre elles que par le degré d’avancement et par la qualité de l’exécution G En outre, il a traité à part quelques épisodes qui se rapportent à l’un ou à l’autre de ces deux projets ou qu’il avait l’intention d’y faire entrer : entre autres l’homme renversé qui se trouve à droite de l’une des compositions - ; un cheval noir qu’un paysan qui porte un drapeau tient par la crinière^; et un cheval cabré, que deux hommes, placés de chaque côté de lui, s’efforcent d’arrêter par son mors, tandis que d’autres personnages le retiennent par la queue. Cette magnifique étude est un véritable tableau. Je ne sache pas qu’elle ait trouvé place, au moins sans modifications importantes, dans aucune des esquisses. Elle a été achetée dernièrement par le Musée de Rouen, et représentera dignement Géricault dans sa ville natale, qui ne possédait jusqu’ici qu’un cheval et la belle étude d’après nature, représentant deux têtes de chevreuil, donnée par M. Ilis de la Salle, il y a quelques années déjà.
Nous sommes loin de connaître tous les matériaux que Géricault avait réunis pour ces deux projets. M. Montfort, qui a déballé ces esquisses à leur arrivée à Paris, m’affirme qu’il y en avait plus de vingt, et il ajoute ce détail ; qu’elles étaient toutes peintes sur papier huilé, qu’elles s’étaient collées les unes avec les autres et qu’on eut de la peine à les séparer: mais, quoiqu’une partie de ces études ait disparu, nous avons évidemment dans celles qui nous restent l'indication sommaire de la pensée du peintre à son point de départ et à son point d’arrivée, la scène réelle et la scène idéalisée avec plusieurs des pas intermédiaires. Ces esquisses peintes sont loin, du reste, d’être les seuls travaux de Géricault ([ui aient trait à cette composition. Elles en sont peut-être la moindre partie. Il no cherchait, dans ces peintures, que le ton, les valeurs, l’effet.
1, Les plus importantes api'articnnenl à .MM. Camille .Marcille et Couvreur.