Charlet, etc., par le colonel de La Combe, p
2. Charlet garda cependant un vif souvenir de Géricault et il s’occupa activement de la souscription que l’on ouvrit pour lui élever un tombeau, comme le prouve une lettre, très à sa décharge, qu’il écrivit à cette occasion. Celte pièce est inédite, et quoique les premières lignes seules se rapportent à Géricault, je la donne en entier; elle complétera l’intéres.sant recueil du colonel de La Combe :
« Mon cher ami, je te remercie de ce que tu fais pour Géricault, qui n’a trouvé que de froids souvenirs, et dont la souscription ne dépasse pas 1,800 ou 2,000 fr. Il est très-naturel et très-bien que sa ville natale ne reste pas en arrière. Il serait même bien et très-bien de mettre en avant de commander son buste pour votre musée, ce serait une chose digne et noble de la part des Rouennais. Penses-y.
« C’est au notaire de la souseription, M. Aubry, rue de Grammont, n” 7, que l’on devra écrire pour ce que tu me marques.
« Étex, à qui j’ai donné connaissance de ta lettre, m’a dit t’avoir écrit, adressant sa lettre à Paris; peut-être ne l’as-tu pas reçue.
« Quand tu viendras à Paris, je te propose d’aller visiter Aquelon. Ne trouves-tu
L’afTaire du radeau s’arrangea facilement et promptement, car dès le 23 avril 1820 Géricault écrivait de Londres à son ami : « Mon cher Dorcy, je n’ai encore écrit que les lettres les plus pressées, et j’ai attendu que je fusse un peu installé pour vous donner quelques détails. Notre ouvrage est reçu par M. Bulock, qui se charge de tous les frais et qui me donne un tiers dans les bénéfices. Cela me paraît assez avantageux, et même s’il m’avait fallu entreprendre seul cette affaire, j’y eusse entièrement renoncé, vu les embarras infinis que cela donne. J’ai vu quelques tableaux exposés qui ne peuvent que donner de la confiance. L’école anglaise ne se distingue véritablement que par des sujets de paysage, de marine et de genre. Veuillez dire bien des choses à notre ami Ledieu. Gharlet le regrette particulièrement; il est persuadé qu’il pourrait faire beaucoup d’argent ici dans une exhibition. Auguste Lethiere doit avoir reçu la lettre où je le prie d’adresser le plus promptement possible le grand rouleau (le Radeau de la MMuse) à M. Bulock, comme il a déjà fait pour le Rrutus de M. Lethiere... L »
L’exhibition de la Méduse réussit à souhait. On la montrait moyennanti schelling d’entrée, et chaque visiteur recevait en entrant une lithographie au trait reproduisant ce tableau, et due à la collaboration de Géricault et de Gharlet. Ce sujet maritime, traité dans ces données dramatiques et avec tant de réalité, devait en effet plaire aux Anglais. Géricault n’eut d’ailleurs qu’à se louer de M. Bulock, qui lui donna 17,000 fr. pour sa part. Cette somme, jointe à quelques autres menus profits, lui permit
pas que cela serait drôle, de retàter du La Chenette, et de revoir les lieux si chers à notre enfance? Vois-tu deux vieillards, deux perruques, c'est-à-dire une, car tu es encore bien verl solitaire ?
« Je t’ai dit, je crois, que je m’étais fait flouer 20,000 francs, ce qui, pour moi, est une ruine presque complète; mais comme toi je possède beaucoup de philosophie. Ma foi, m .
« Je t’attends et me promets quelque plaisir à revoir cette salle où nous composions cette grande revue du Père éternel. Heureux temps! on respectait notre guêtre patriotique et notre nez couvert de lauriers. S’il te reste quelques parties du grand homme, apportes-en; on repique dessus d’une manière alarmante pour le gouvernement; je te conseille de t’en munir; mais évite la douane; on poursuit la redingote grise, et le chapeau est très-mal vu par l’autorité, ce qui fait qu’il est demandé en hausse, prime avec assurance pour fin du mois.
« Ma famille embrasse la tienne, au revoir, mille amitiés.
« Gharlet.
« Cinq mars 1840. — Monsieur, Monsieur Bellangé, directeur général du musée de Rouen, à Rouen. «
1. Les lettres qui ne portent pas d'indications particulières sont pour la plupart inédites et m’ont été communiquées par les amis de Géricault.