I. A M. .lames Natlianiel de llollischild
GKRICAULT.
niant, et exagérant sa pensée : «Et en elVet c’est là la véritable pierre de touche. » Lorsque l’on démolit son atelier de la rue des Martyrs, et que les deux tableaux détachés du châssis et prêts à être roulés étaient étendus à terre, il disait à M. Lehoux. « Voyons, voulez-vous m’en débarrasser? Oh ! emportez-les, que je ne les revoie plus ! »
C’était chez lui une idée fixe. Gomme M. Lehoux avait fait une réduction du Chasseur, M. Jamar voulut en faire une du Cuirassier. 11 l’avait déjà commencée, mais Géricault l’obligea à laisser ce travail, en lui disant que ce tableau n’avait aucune espèce de valeur, « que la tête du cuirassier ne valait rien, que l’œil ne tenait pas dans l’orbite. » 11 le chargea de couvrir la toile de blanc. M. Jamar se garda de s’acquitter de cette commission. Mais Géricault y revenait toujours, et il finit par lui dire : « Puisque votre père fait le commerce de tableaux, dites-lui donc de m’acheter le Chasseur, je le lui laisserai pour 1,500 fr., et à vous, je vous donnerai le Cuirassier, puisque vous ne voulez pas l’effacer. »
C’est par miracle que ces deux tableaux se sont conservés. Ils furent achetés à la vente du peintre par le duc d’Orléans. En 18/i8, le roi les avait prêtés à la Société des artistes pour son exposition du bazar Bonne-Nouvelle. Ils échappèrent ainsi à la destruction qui n’épargna guère aucun des tableaux de la galerie du Palais-Royal. A la vente de Louis-Philippe (avril 1861), ils furent achetés l’un et l’autre par l’administration des Beaux-Arts pour la somme de 23,400 fr.
Géricault a fait vers ce temps quelques paysages assez considérables que nous devons au moins mentionner. Bien des indications nous portent à croire qu’il les peignit pendantles dix-huitou vingt mois qui s’écoulèrent entre l’exécution du Chasseur et celle du Cuirassier , ou au moins avant son départ pour l’Italie. Ces ouvrages, d’une admirable facture, représentent pour la plupart les bords de la mer. Il avait fait, antérieurement peutêtre à cette époque, deux paysages en hauteur, où il semble avoir cherché à imiter le genre de Guaspre. Dans l’un, que l’on possède encore *, on voit au second plan quelques pêcheurs qui mettent à l’eau une barque; quant à l’autre , que les amis de Géricault ont vu longtemps dans son atelier, je n’ai pu en retrouver la trace. La Scène de Naufrage- représente une femme étendue au premier plan sur une grève où déferle une vague énorme. C’est une peinture d’un aspect superbe , faite, dit-on, en imitation d’un tableau qu’Horace Vernet exécutait alors dans l’atelier de Géricault pour un amateur russe. Il faut aussi ajouter l’énergique Marine, malheureusement endommagée, que possède M. Stevens. Enfin