‹ GéricaultChapitre 12 sur 24 · Choix de productions · texte numérisé non relu

Choix de productions

d'imagination comme les premiers mérites de Géricault. Dans son dessin « vrai, hardi et vigoureux », on aperçut « de l'incorrection, de l'exagération et tout à la fois de la sécheresse1». La couleur fut presque unanimement trouvée vicieuse, monotone et uniforme2. On devina pourtant en Géricault un coloriste par tempérament3 et on l'accusa seulement d'avoir mal calculé l'effet.

Personne ne considéra la Méduse comme le manifeste d'une esthétique nouvelle. Ce qui était nouveauté passa pour incorrection et négligence. On vit en Géricault un écolier qui, impatient de se faire connaître, s'était hasardé à improviser un tableau et l'avait exécuté avec hâte et sans soin. Comme à un écolier, on lui prodigua les conseils. « A la vive imagination qui avait enfanté une composition si énergique, il fallait le secours de l'étude et l'aide du temps. » « Nous ne doutons pas, disait Kératry, que, mieux appliqué, le talent de M. Géricault n'honore un jour l'École française » ; et, pour ramener l'artiste dans une meilleure voie, Jal lui adressait cette apostrophe dont nul alors ne sentit le ridicule : « Courage, M. Géricault, tâchez de modérer un enthousiasme qui pourrait vous entraîner trop loin ; coloriste par sentiment, apprenez à le

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