La Lithographie, p
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un lion, que la mine de plomb a profilé d'un trait à peine visible sur le papier blanc.
Faut-il, à présent, rappeler combien il a suggéré de thèmes à ceux qui ont admiré ses lithographies, fouillé ses cartons, examiné ses croquis ?
Un des premiers, il a montré ce qu'il y avait de vraiment esthétique dans la peinture des scènes de la rue et dans la présentation de la misère. Là où les artistes voyaient uniquement des prétextes à de spirituelles anecdotes, lui, qui n'était ni spirituel ni mesquin, il affirmait qu'il y avait vie et, par conséquent, art. Une troupe de chevaux conduits pas un maquignon, un maréchal ferrant au travail, une paralytique que l'on promène, lui étaient des sujets suffisants, parce que littérairement imprécis ou indéterminés.
De même, il a souligné ce qu'il y aurait à prendre dans la vie du soldat, pour qui ne chercherait pas à exhiber des uniformes, comme Horace Vernet, ou à faire rire, comme Charlet. Il est peu de pages plus grandes que cette très simple lithographie du Retour de Russie (PI. p. 137), où deux grognards disent avec une sobriété et une ampleur épiques plus que les bonshommes accumulés par Charlet, que l'emphase d'Yvon ou que le mélodrame, d'ailleurs puissant, de Boissard de Boisdenier l. En un ordre tout différent, quelle verve dans cette dispute de chevaux dans leur écurie (PI. p. 145).
1. Épisode de la retraite de Russie (i835), au musée de Rouen, sous le n° 52.
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GERICAULT i57
Pour les paysagistes, le Four à plâtre marquait les ressources que peut offrir une masure pauvre, une rue déserte, un coin de ciel.
Ainsi, Géricault guidait par la main ceux que tenterait le réalisme. Aux romantiques eux-mêmes, il offrait quelques exemples. Il dessinait des nègres, des Arabes, représentait des troubadours et de vagues chevaliers ; illustrait Byron, aiguillait ainsi ses contemporains vers l'orientalisme et le moyen âge. Peutêtre, il est vrai, était-il, ici, plutôt entraîné par son temps que capable de conduire ses confrères. Et, sans doute, il ne restait pas étranger aux mentalités et aux inquiétudes ambiantes. Quelques aquarelles d'une finesse de tons inaccoutumée en porteraient témoignage, et plus encore, une page exceptionnelle, l'Épave, du musée de Bruxelles. Sur une grève, au pied d'une falaise, la vague a rejeté un corps de femme. Le ciel est funèbre, des tons céruléens marbrent la falaise et la mer ; l'ensemble est sinistre d'impression et de nuance' (PI. p. 1 53).
Ce jour-là, Géricault se reniait lui-même ; il s'abandonnait à des forces qui entraînaient toute la jeunesse artistique au moment où il mourut, et qui devaient longtemps faire méconnaître le caractère essentiel de son œuvre et le sens de son effort.
i. Dans le même esprit, une lithographie : le Cheval mort (n« 91 du cat. de Clément).