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L OFFICIER DE CHASSEURS » ET «LE CUIRASSIER BLESSE

Premiers travaux. — Essais de sculpture. — L'Officier de chasseurs ; son succès. — Le Cuirassier blessé; insuccès. — Géricault à 23 ans.

/■^c^ijes années qui s'écoulèrent jusqu'à la chute ^^~> de l'Empire furent avant tout, pour ^)5) Géricault, une complexe, sérieuse et sévère élaboration. On a conservé une note écrite de sa main, dans laquelle il se traçait un vaste programme :

« Dessiner et peindre les grands maîtres antiques.

« Lire et composer — anatomie, antiquités, musique, italien.

« Suivre les cours d'antiquité, les mardis et samedis, à deux heures.

« Décembre, peindre une figure chez Dorcy. Le soir, dessiner d'après l'antique et composer quelques sujets, — m'occuper de musique. »

« Janvier, aller chez M. Guérin, pour peindre d'après nature.

Cliché Braun, Clément et C1

Carabinier (vers i 8 i 4.

Musée du Louvre.

« Février, m'occuper uniquement du style des maîtres et composer sans sortir et toujours seul. »

Ces lignes, où s'exprime d'une façon si complète la volonté de s'instruire et de s'adresser à toutes les autorités, et tout ensemble le souci de réflexion personnelle, montrent aussi que Géricault comptait sur le temps, qu'il n'avait pas hâte de produire. Il semblait en avoir le droit. Ce qui nous reste de ces premières années, ce sont des études et, si la mort prématurée de Géricault leur attribue une valeur plus considérable, elles n'en sont pas moins, avant tout, presque toutes des travaux préparatoires, on dirait des travaux d'écolier, si cet écolier n'avait été rapidement si remarquable.

Elève de Carie Vernet, il avait copié quelquesunes des compositions de son maître, ou bien il les avait transposées, s'inspirant d'une lithographie pour une aquarelle ou pour une pochade à l'huile.

Dans l'atelier de Guôrin, il pratiqua l'exercice par excellence de l'École, l'académie d'après le modèle vivant. On n'a gardé le souvenir d'aucune de ses académies dessinées, soit qu'il en ait peu exécuté, soit qu'il n'ait pas lui-même jugé à propos de les conserver. Au contraire, plusieurs académies peintes subsistent. L'une d'elles, conservée au musée de Rouen, laisse percer, sous la facture de l'Ecole, un début de personnalité qui se marque par l'énergie du modelé et par un premier effort instinctif de

simplification. Elle est loin d'être irréprochable et le torse en est la partie la mieux venue, tandis que le dessin des cuisses pourrait être contesté.

Géricault aspira sérieusement au prix de Rome. Une tradition imprécise veut qu'en 1811 ou 181 2 il ait concouru. Admis pour la figure, il aurait été repoussé pour l'esquisse, mésaventure que d'autres ont éprouvée et dont on ne saurait tirer argument ni contre lui, ni contre ses juges.

A cet effort se rattache une esquisse peinte représentant le Départ d'Ulysse. Ulysse, accompagné de Pénélope et de Télémaque, est sur le point d'entrer dans la barque qui le conduira au navire dont on aperçoit au loin la proue. Les femmes de Pénélope, les compagnons du roi, forment de part et d'autre des groupes équilibrés. La composition comprend dix-huit figures. Elle a les mérites de l'École et c'est l'œuvre d'un élève sérieux et docile.

Plus intéressantes, à coup sûr, sont les pages où se révèlent les études librement poursuivies et personnelles. C'est à cette première période que se rattache, sans doute, bien qu'il soit impossible de l'affirmer, ce cheval écorché devenu populaire et dont le moulage se trouve dans l'atelier de tant d'artistes. Ce travail célèbre est moins le témoignage du génie de Géricault que du besoin de précision scientifique dont il était possédé On ne s'étonnera pas que, pour fixer plus complètement les résultats de ses investigations, il ait substitué un modelage à de multiples

et partiels dessins ; pourtant, la maîtrise dont il a fait preuve mérite d'être relevée.

N'est-il pas étonnant, en effet, de voir cet apprenti peintre, le jour où il lui plaît de manier l'ébauchoir, y réussir si parfaitement. Il n'est pas donné au premier venu de constituer un canon. La bonne volonté seule n'y suffit pas, et si le cheval écorché de Géricault se range parmi les documents artistiques à côté de l'homme écorché de Houdon, n'y a-t-il pas là la preuve la plus certaine d'une aptitude secrète que les circonstances n'ont pas nourrie et qui aurait fait de Géricault, s'il l'avait désiré, un grand sculpteur?

Il eut, à d'autres moments, la velléité de manier le ciseau. Un jour, en 1819, il lui prend fantaisie de sculpter en bas-relief sur une pierre de son atelier, un groupe : un cheval arrêté par un homme ; il attaque la pierre avec fougue, ayant pour tout outil un ciseau de menuisier, envoie en toute hâte son élève Jamar chercher des instruments plus parfaits, et continue son ébauche avec des outils que son rapin a achetés à des tailleurs de pierre. On cite de lui un Satyre et bacchante en pierre commune, un Nègre qui brutalise une femme en terre cuite. Evidemment, il a eu des poussées de fièvre sculpturale.

Ces poussées soulignent le caractère plastique de son imagination. Ni David ni ses élèves n'ont eu, à proprement parler, l'imagination plastique. Ils ont eu beau préconiser l'admiration des statues grecques,

multiplier dans leurs œuvres les copies de ces statues, tout se subordonne à l'académie; le détail, chez eux, est souvent un fragment de statue peinte, l'ensemble ne se présente pas avec un relief cohérent. Ils empruntent beaucoup à la statuaire, ils n'en ont pas le sentiment. Ce sentiment est, au contraire, très vif chez Géricault. Combien de fois, en présence d'une de ses compositions, nous aurons la sensation qu'elle a été conçue en vue d'une traduction lapidaire.

Géricault n'avait pas manqué, semblable à la plupart de ses émules, de faire son propre portrait. On le conserve dans sa famille, à Mortain. « Il est, écrit Clément, représenté âgé de dix-huit ou dix-neuf ans, encore imberbe. La physionomie est très noble, avec toute la grâce de la première jeunesse; le regard est fier et plein de feu, une luxuriante chevelure couronne cette belle et aimable tête; l'ensemble a le naturel et la distinction qui le caractérisaient à un si haut degré » (PI. p. 9).

Sa grande préoccupation, dans cette première partie de sa carrière, à en juger par le nombre et la valeur des œuvres qu'il y consacre, c'est l'étude du cheval. Études documentaires, portraits de chevaux, compositions dont un Turc, un Polonais ou un Arabe sont le prétexte, mais dont l'intérêt est dans leur monture, peintures, aquarelles, dessins, il s'en donne à cœur joie et, s'il copie consciencieusement les maîtres au Louvre, sorti de leur contact, de

l'École ou de l'amphithéâtre, il ne rêve que coursiers, rosses et écuries.

Cependant, Géricault venait d'avoir vingt ans; il se sentait fort et pouvait songer à se produire. Il résolut d'exposer au prochain Salon. Le hasard, nous assure-t-on, lui fournit une inspiration.

Un jour qu'il allait à la fête de Saint-Gloud, sur la route, non loin de lui, un fort cheval gris qui traînait une tapissière, se cabra dans un subit et puissant élan; Géricault fut saisi et son imagination eut une immédiate vision. L'éclat du soleil, les nuages de poussière que la bête soulevait autour d'elle, métamorphosèrent la scène et la magnifièrent. Il entrevit un cheval de bataille lancé au premier rang de la mêlée et arrêté brusquement dans son élan fougueux par un obstable imprévu, monceau d'ennemis morts, front de baïonnettes ou éclats d'obus. Le tableau de V Officier de chasseurs à cheval était né; il ne restait plus qu'à l'exécuter.

L'anecdote est vraisemblable et elle est intéressante. Elle n'a pas le seul mérite de nous initier à la genèse intime d'une œuvre célèbre et de nous faire prendre sur le vif une élaboration artistique. Elle nous confirme aussi ce point, que l'on devine à la vue de la toile, mais sur lequel on est aise d'être assuré, que Géricault ne songea pas à faire un portrait épique, que le cavalier est accessoire et que le cheval est bien ici le véritable héros.

La vision disparue, il fallut la retrouver et la fixer. Géricault n'avait pas encore d'atelier, il loua une arrière-boutique, boulevard Montmartre, et il se mit à travailler. Ses amis le virent jeter hâtivement sur le papier des croquis informes, dans lesquels ils ne devinaient que des linéaments confus; ils en comprirent seulement plus tard la valeur. L'artiste, à travers ces essais, cherchait à renouveler et à fixer l'émotion initiale.

Une première fois, il crut qu'il avait trouvé : il peignit de verve, avec un entrain remarquable, un tableautin : le mouvement du cheval s'accrochant au sol de ses sabots de derrière, le geste du cavalier étaient très beaux, et l'exécution avait une séduction que Géricault ne retrouva pas dans son travail définitif. Pourtant, il ne s'y arrêta pas.

Cette silhouette intéressante n'était pas complètement originale. Elle évoquait de loin le Bonaparte au mont Saint-Bernard de David, tout différent, il est vrai, de facture et d'intention, mais, de plus près, elle rappelait le Murât de Gros dans la Bataille d'Eylau, et si la réminiscence était évidemment involontaire, elle n'en était pas moins certaine.

Géricault admirait passionnément Gros, mais il n'était pas homme à plagier; il s'aperçut, sans doute, du danger, et poursuivit ses recherches. Il trouva, enfin, le mouvement définitif, et, en quelques semaines d'un travail fiévreux, la toile immense fut couverte. Il connaissait trop son cheval pour avoir

besoin de modèle : on raconte que, de temps en temps, il se faisait mener quelque haridelle dans son atelier, et que cela suffisait à rafraîchir ses idées. Un de ses amis, M. Dieudonné, officier des guides, posa pour la tête et lui permit de copier son uniforme qui fut reproduit avec la dernière exactitude.

L'œuvre figura au Salon de 1812 sous ce titre : Portrait équestre de M. £)... En réalité, ce n'était pas un portrait, ou plutôt le portrait n'était là qu'un prétexte. Dans cette œuvre, comme dans toutes celles où s'arrêta sa pensée, Géricault ne s'était pas proposé une vérité particulière ou épisodique. Mais ce débutant à la fois hardi ou prudent avait choisi, pour le développer, un thème restreint ou réduit. Sa figure équestre résumait, sous un aspect étroit, une idée générale. Idée littéraire ou philosophique ? Peutêtre. L'exaltation de la bataille, la mitraille qui crépite sous le ciel lourd couvert d'orage, les cavaliers qui chargent, l'officier dont le cheval ardent se cabre devant un obus éclaté sous ses pas, mais qui reste impassible dans l'absolue tranquilité de sa bravoure, et tourne la tête pour voir s'il est suivi par ses hommes ; dans un résumé synthétique, l'hymne à la guerre victorieuse ? Assurément aussi, une idée plastique ou plutôt une grande image ; la fixation d'un moment unique dans lequel l'élan se confond avec le recul et combine, par un mouvement contraire, les lignes pour une harmonie rare, le parti pris original de noter cet instant de dos, de façon à créer une

série de raccourcis imprévus; en résumé, sur une donnée indéterminée, une symphonie nouvelle.

Telle fut l'intention de Géricault. L'exécution ne l'exprima pas d'une façon complète. Le cheval est admirablement rendu, mais l'homme semble trop petit, et le détail même avec lequel est reproduit un uniforme qui n'avait pas de grandeur lui donne un air mesquin, que ne corrigent ni sa figure insignifiante ni son geste court et mou. Le fond, qui devrait être sombre et tragique, n'est que lourd. Ces réserves faites, l'Officier de chasseurs n'en est pas moins une très belle chose, dont le temps a confirmé la valeur, et Géricault, quand il le fit, n'avait pas vingt et un ans (PL p. 17).

On voudrait que les contemporains aient fait à ce début un accueil enthousiaste et qu'ils y aient deviné le peintre qu'il révélait en partie. L'œuvre fut remarquée. La critique se montra attentive et sympathique. Elle sut gré à l'artiste de son talent et de sa jeunesse. « Ce portrait, dit Landon, a été vu avec d'autant plus d'intérêt à l'Exposition publique que c'est le premier ouvrage d'un jeune peintre qui, diton, manie le pinceau depuis deux ans tout au plus. Il est élève de M. Guérin. Ce tableau, placé au Salon en regard du portrait équestre de S. M. le roi de Naples par M. Gros, s'y soutenait sans désavantage. Le mouvement du cheval et celui du cavalier, un peu forcés, peut-être, annoncent du, moins une grande vivacité d'exécution. L'ouvrage est rendu avec cha-

leur et une facilité rare, et le pinceau ne laisse à désirer qu'un peu plus de fermeté dans quelques parties. »

Boutard écrivait, dans le Journal de l'Empire : « Cette figure est parfaitement en rapport avec l'ajustement et les habitudes du cavalier militaire. Le mouvement de l'homme et surtout le mouvement du cheval, fort exagérés, ce me semble, ont cependant de l'effet ; la couleur, à laquelle on pourrait désirer un peu plus de chaleur, ne manque pas d'harmonie; la touche est facile et spirituelle. Je pense que l'auteur traiterait avec succès le tableau de batailles de moyennes dimensions. M. Géricault se montre au Salon pour la première fois. »

Durdent, enfin, dans la Galerie des Peintres français, disait plus sèchement : « Le Portrait équestre d'un officier des chasseurs à cheval, par Géricault, a maintenant subi tous les examens qui pouvaient le classer à son rang. Il est reconnu que l'harmonie générale et l'exécution hardie de ce tableau nous donnent la certitude d'avoir pour les portraits équestres un bon peintre de plus. »

Ce sont là des témoignages honorables; pourtant, ils ne dépassent pas la mesure moyenne. On a attribué des éloges plus vifs à des ouvrages fort ordinaires et il ne serait pas difficile de trouver chez Landon, Boutard ou Durdent, des pages plus chaudes pour des artistes dont la médiocrité a été vite oubliée. Surtout, rien n'y laisse entrevoir qu'on ait même

soupçonné en Géricault l'étoffe d'un révolutionnaire. On signale un talent jeune, hardi, encore inexpérimenté. On ne lui impute ni rébellion, ni hérésie.

La médaille d'or qui fut attribuée à l'artiste montre assez qu'on lui devina, dès lors, un brillant avenir ; mais elle prouve aussi qu'on ne le traitait pas en suspect et qu'on ne le redoutait pas. Une tradition respectable veut, il est vrai, que David se soit écrié devant l'Officier des chasseurs : « D'où cela sort-il? je ne connais pas cette touche»; mais si David a tenu ce propos, cela veut dire simplement que, ce jour-là, il avait complètement oublié qu'un de ses meilleurs disciples, sinon le plus fidèle, Gros, en avait depuis longtemps donné l'exemple.

Peut-être aussi serions-nous embarrassés nousmêmes si l'on nous pressait de dire ce qu'il y avait de vraiment nouveau dans l'œuvre de Géricault. Elle était très loin des traditions de l'école, mais elle était très près de la pratique de Gros. Le sujet ne pouvait surprendre : on était habitué aux portraits en pied ou équestres des soldats de la grande armée et les scènes de bataille couvraient les murs des Salons. Quant à l'exécution, il suffisait d'avoir admiré Eylau, Jaffa ou les Pyramides, pour n'en être ni étonné ni choqué.

Ce que Géricault apportait de nouveau : le besoin d'originalité, la conception personnelle du dessin, de la composition, le sens réaliste, n'était qu'en puissance dans son tableau de 1812.

La médaille d'or qu'il avait obtenue n'avait pas comblé les vœux de Géricault. Il aurait désiré des satisfactions plus positives et avait espéré vendre son tableau à l'État. Il se dépita plus que de raison d'une déconvenue dont, grâce à sa fortune, il n'avait pas à souffrir. On dit même qu'il avait résolu de ne plus exposer et que c'est sur les instances de son père qu'il se remit au travail. Il est certain, tout au moins, qu'il laissa le temps s'écouler sans se préoccuper de l'exposition prochaine. Bien qu'il eût deux ans devant lui, puisqu'il n'y eut pas de Salon en 181 3, il ne se mit en mesure qu'au dernier moment et c'est en une quinzaine de jours qu'il improvisa, on dirait presque qu'il bâcla le Cuirassier blessé.

Son intention avait été de faire un pendant à l'Officier de chasseurs et il la soulignait en exposant de nouveau sa première toile. Pendant et antithèse : d'un côté, la charge, la fièvre du combat; de l'autre, la fortune adverse. Peut-être Géricault avait-il été impressionné par les échos de la campagne d'Allemagne, par les tristesses de l'invasion. Dans une figure unique, il avait symbolisé l'amertume de la défaite, la France hors de combat et qui ne se résignait pas.

Peut-être aussi sa pensée avait-elle été moins loin : ce soldat blessé qui s'éloigne du champ de bataille n'est pas forcément un vaincu; nul vainqueur n'est invulnérable, et la colère qui se mêle à sa douleur peut aussi être provoquée par le dépit de voir ses camarades triompher sans lui.

44 LES xMAITRES DE L'ART

Ce qui est moins contestable, c'est l'opposition entre le mouvement des deux figures. Dans V Officier, c'est l'élan, un mouvement ascendant, des lignes qui s'élèvent et s'enlèvent; le Cuirassier descend une pente malaisée; il est obligé de retenir son cheval qui, tout excité encore, l'entraînerait s'il ne le contraignait pas. De ce double effort naît, comme dans l'Officier, un mouvement contrasté, mais ici c'est l'abattement et c'est une impression de lignes qui s'inclinent et de chute. (PL p. 25).

Le Cuirassier fut, au Salon de 1814, mal accueilli. Il produisait probablement des impressions pénibles; on n'était pas habitué encore à célébrer la poésie du malheur et la grandeur des revers. On le jugea très inférieur, par l'exécution, à son aîné.

« M. Géricault, écrivait Landon f, exposa au dernier Salon un hussard chargeant, figure de grandeur naturelle. Ce premier ouvrage d'un jeune artiste donnait des espérances qu'il n'a pas encore réalisées. Son Cuirassier blessé qu'il vient d'offrir comme pendant au premier tableau est d'un dessin colossal et d'une touche lourde et heurtée. »

Charles Clément s'est associé à cette sévérité : « C'est, dit-il, un conception gigantesque, homérique, du plus admirable caractère, mais là doit s'arrêter la louange. L'exécution de cet ouvrage est incomplète et imparfaite ; elle ne résiste pas à l'analyse. L'ensemble est peu achevé, ce n'est guère qu'une

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