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ACADÉMIE DE CHIRURGIE

Louis XV donnait, le 2 juillet 1748, des lettres patentes confirmant la fondation de l’Académie de chirurgie.

La Martinière avait tout d’abord voulu maintenir le règlement établi par La Peyronie en 1742, mais, contrairement à son attente, l’éemulation manquait dans la compagnie et les travaux languissaient.

Pensant avec raison que.cet état d'inertie était dû à la constitution même de l’Académie, le nouveau chef de la chirurgie n'hésita pas à en modifier le règlement au commencement de 1751.

Quesnay venait de se démettre de ses fonctions de secrétaire et avait pris le titre de secrétaire vétéran. Il était remplacé par Morand qui prenait le titre de secrétaire perpétuel, Louis lui était adjoint pour les extraits.

Le 23 mars 1751, La Martinière réunit extraordinairement l’Académie sous sa présidence et fit donner lecture par Mofand d’une lettre de d’Argenson annonçant à la compagnie qu’elle allait être régie par de nouveaux statuts. Le secrétaire perpétuel les lui transmettait sans retard.

Le roi rendait à l’Académie le droit de se recruter elle-même, elle désignerait désormais par un vote au scrutin les remplaçants appelés aux places vacantes.

Le Premier Chirurgien en restait le président né, deux des six officiers, le secrétaire et le trésorier, étaient perpétuels.

La 1re classe était composée de 40 académiciens dits Conseillers du comité.

La 2me de 20 académiciens appelés Adjoints du comite.

La 3me des maîtres en chirurgie de Paris sous le nom d’académiciens /ibres.

On exigeait des académiciens des travaux pour passer d’une classe dans l’autre et mème pour conserver leur place. Tout membre qui, au bout de deux ans, n'avait rien produit était considéré comme démissionnaire. Celui qui, sans excuse valable, n'assistait pas aux séances pendant trois mois de suite devait être aussi exclu de l’Académie.

La majorité, dédaignant ces sages prescriptions, ne se fit aucun scrupule d’élire les moins méritänts. Il y eut même une cebale des maîtres en chirurgie de Paris dès le mois de juin suivant. Réunis sous la présidence de leurs doyen et sous-doyen, ils signérent, au nombre de 112, une requête au roi demandant la suppression de la 3e classe qui se serait confondue avec les deux autres. Ils voulaient encore que les places de conseillers du Comité, devenues muables, fussent soumises à l'élection de toute la compagnie.

Le 2 août 1751, l’Académie était réunie sous la présidence de Ledran (1), Morand Iui donna lecture d’une lettre du comte d'Argenson, datée du 9 juillet, notifiant le rejet de la requête et excluant tous les signataires, de l’Aca-

(1) François Ledran, 1685-1770, chirurgien consultant des armées, auteur de nombreux ouvrages sur la chirurgie, perfectionna plusieurs instruments,

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démie et des assemblées de Saint-Cosme. La requête qui avait été imprimée, était supprimée.

Cette mesure rigoureuse, inspirée par La Martinière, eut les conséquences les plus heureuses. Quelques mois plus tard les maîtres en chirurgie signèrent un désistement remis à d'Argenson pour être soumis au roi, le 2 décembre, l’Académie était informée de la levée de l’interdiction.

Vers cette époque, Morand devint à peu près incapable de remplir ses fonctions de secrétaire perpétuel, et, bien que tout le travail retombât sur son adjoint, il ne s’en montrait pas moins fort exigeant à son endroit. Louis était à chaque instant obligé d'en référer au président qui s'efforçait d'apaiser Morand. Ce dernier consentit enfin à se démettre et Louis fut promu aux fonctions de secrétaire perpétuel.

Débarrasse de Morand, il vit encore son autorité souvent méconnue. Il lui fallait incessamment lutter contre des coteries, soit au sujet des élections, soit pour assurer un peu d'ordre dans les séances.

Louis, découragé par les attaques de plus en plus injurieuses de Valentin (),.avait voulu se démettre en 1772, il ne resta en fonctions que grâce aux encouragements de La Martinière. Le Premier Chirurgien sut lui rappeler fort à propos les ennuis qu'avait éprouvées leur ami J:-L.'Petit, et le décida à. se raïidir comme il l'avait fait contre les difficultés.

Le 22 septembre 1750, le président de l’Académie royale de Stockholm proposa La Martinière, directeur de tous les chirurgiens des armées royales de France, comme membre honoraire, en raison de sa science et de ses

(1) Voy. Recherches critiques sur la chirurgie moderne avec des lettres à M. Louis, par Valentin, in-12, Amsterdam, 1772.

services et de l'avancement qu'il pourrait donner aux étudiants en médecine et en chirugie en voyage. Le 13 octobre suivant, La Martinière fut admis en la forme ordinaire, c'est-à-dire sans vote. Le.21 avril 1750, il adressait à l’Académie de Suède, une lettre de remerciement, en latin.

Sous Mareschal et La Peyronnie, l’Académie de chirurgie n'avait eu que des associés régnicoles ; en 1751 elle voulut s’adjoindre comme correspondant étranger l'illustre Gérard Van Zwièten, né à Leyde en 1700, dont Marie- Thérèse avait fait son premier médecin, le président perpétuel de la faculté de médecine et de l’université de Vienne, le directeur général des affaires médicales de l'Empire, l'inspecteur des affaires médicales des armées, ÉtC-, CIC.

L'Académie autorisa Morand à charger Choiseul- Stainville, ambassadeur à Vienne, de lui en faire la proposition. Stainville notifia, par une lettre du 27 octobre 1751, que le premier médecin de l'Impératrice s'était empressé d'accepter. Van Zwiéten fut élu par acclamation le 18 novembre.

Louis vécut jusqu’en 1792, il était encore secrétaire perpétuel lorsque La Martinière décéda, le 17 octobre 1783, après avoir présidé l'Académie pendant 36 ans. Louis lut son Éloge dans la séance du 22 avril 1784. Ami du défunt, il rappela avec émotion ses longs services et ses bienfaits.

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