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teur des Écoles de chirurgie et, quoique déjà vieux, consentit à venir chaque jour dans ce lieu perdu pour y surveiller les exercices. Voulant faire plus encore, il fondait 4 médailles d’or de 100 livres l’une, destinées à être distribuées chaque année aux élèves les plus méritants.
La Martinière, de son côté, dotait l'École pratique de deux chaires de professeurs établies à ses frais, aux appointements de 500 livres chacune.
Le 19 mars 1760, parut un règlement pour les professeurs et les étudiants de l'École de Paris. Il donnait au premier chirurgien le droit de juridiction et d'inspection ; à lui incombait encore la présentation des maîtres que le roi nommait ensuite aux places de professeurs démonstrateurs. Il avait enfin à veiller à ce que chacun d’eux accomplit exactement ses fonctions.
Le 26 juillet 1762, Louis XV signait un brevet de professeur spécial pour les maladies des veux à l'École de chirurgie, en faveur de Louis-Florentin Deshais-Gendron, maître en chirurgie et chirurgien de l'Hôtel-Dieu.
En mai 1768, le roi donnait des lettres patentes concernant le Collège de chirurgie.
Le 29 novembre 1769, d'autres lettres patentes attribuaient à La Martinière une somme de 3,000 livres qu'il pouvait distribuer à sa volonté, en récompense des travaux relatifs aux progrès de l’art, en encouragements et en frais de réception des sujets qui mériteraient d’être aidés.
Par un édit de décembre 1774, Louis XVI fondait, à l'École de chirurgie, une chaire de Chimie chirurgicale.
Des lettres patentes des 5 janvier et 5 juin 1783, créaient dans ladite école un cours de Bofanique confié au professeur de chimie, aux mêmes gages et appointements, sauf par la suite à désunir ces deux çours si lon
s'apercevait que l’enseignement souffrit de leur réunion.
La Martinière, s’ingéniant toujours à favoriser, par tous les moyens qui s'offraient à son esprit, l'avancement de la chirurgie, obtenait encore par ses pressantes sollicitations, la fondation de la Clinique.
Cet établissement devait être exclusivement consacré à des indigents atteints d’affections chirurgicales graves et extraordinaires. Il était, en un mot, destiné à faciliter les progrès de la science chez les maîtres comme chez les élèves.
L'édit précité de décembre 1774 créait dans le Collège de Saint-Cosme un hôpital de six lits avec une dotation de 7.000 livres de rente. Le Premier Chirurgien était chargé de l'inspection.
Le 7 juillet 1782, furent données des lettres patentes nommant des commissaires pour acquérir, au nom du roi, moyennant 92.400 livres, par contrat à passer devant Me Momet, notaire à Paris, une maison, rue des Cordeliers, qui devra être réunie, à perpétuité, à l'hopital établi par l'édit de décembre 1774 et sur l'emplacement de laquelle seront établis les lits de fondation.
Les lettres patentes déjà mentionnées des 5 janvier et 5 juin 1783 concernent surtout ledit hôpital; elles rappellent l’édit de 1774 et l'acquisition qui en fut la suite, à laquelle ont voulu contribuer diverses personnes, notamment La Martinière, Six nouveaux lits sont fondés par le roi.
Le 19 juillet 1783, elles furent transmises à l'Académie par le Premier Chirurgien qui, dans une lettre personnelle, manifestait son intention de fonder, en son propre nom, 10 autres lits.
Enfin, le 14 août 1783, La Martinière faisait, dans ce but, par devant Me Momet, une donation de 10,222 livres
de rente annuelle sur le domaine, aides et gabelles, aux administrateurs de l'Académie royale et de l'Hospice de chirurgie, à compter du jour de son décès.
Nous avons déjà dit que sa générosité envers le nouvel hôpital fut plus grande ; en voici une autre preuve. A la mort du Premier Chirurgien, Gondoin, architecte de l'École de chirurgie, réclamait à la succession 3.331 livres pour différentes constructions et réparations à la maison joignant le Collège de chirurgie, destinée à L'hospice.
L'École avait beaucoup gagné à ces utiles créations. De toute l’Europe, on venait suivre les leçons de ses savants et habiles professeurs. Les bâtiments élevés au commencement du siècle ne suffisaient plus à un tel concours ; il fallut songer à les reconstruire.
Cette fois encore, Louis XV accueillit favorablement la requête de son premier chirurgien. Les lettres patentes du 29 novembre 1769, dont nous avons déjà parlé, relatent l'acquisition de divers bâtiments destinés à être réunis à ceux du Collège et de l’Académie de chirurgie.
Le roi rappelle que le 7 novembre 1760, il a autorisé l'acquisition du Collège de Bourgogne () et de quatre maisons, pour y placer l'École, l'Académie et la Bibliothèque, due, pour la majeure partie, au legs de La Peyronie.
Le 15 novembre 1773, parurent d’autres Lettres de Louis XV, portant confirmation de la vente d’une autre maison sise rue des Cordeliers, appelée l'Hôtel du Hâvre, dépendant encore de l’ancien Collège de Bourgogne, et de sa donation à l'École de chirurgie projetée.
Louis XVI tint à honneur d'en poursuivre l'exécution ; ce fut lui qui posa la première pierre le 14 décembre 1774.
(1) Ce collège avait été réuni à Louis-le-Grand,
Au-dessus de la porte d'entrée de la nouvelle École de chirurgie, un bas relief représentait Louis XV entre la Sagesse et la Bienfaisance, accordant des privilèges à l'École de chirurgie dont le génie des arts lui présentait le plan.
Les bâtiments élevés sur Femplacement de l’ancien Collège de Bourgogne, sont dûs à l'architecte Gondoin.
Dès l’année suivante, l’Académie put prendre possession de la grande salle. La cérémonie d’inauguration eut lieu le 27 avril 1775; elle fut présidée par La Martinière. Louis, secrétaire perpétuel, prononça le discours d'usage, dans lequel : il retraça les bienfaits du feu -roisenvers la chirurgie.
La nouvelle École fut ouverte en 1776: le 31 août de la ‘même année, la première thèse y fut soutenue ().
Le grand amphithéâtre avait été décoré des bustes de La Peyronie et de La Martinière, dûs au ciseau de Lemoine et donnés pas Houstet.
Gondoin publia, en 1780, chez Pierres @), la description des Écoles de chirurgie qu’il venait de bâtir. Le frontispice offre une eau-forte de Gibelin, représentant un socle de statue sur lequel on lit:
« À l’immortelle mémoire de l'humanité de Louis, XV et de la bienfaisance de Louis XVI, Germain-Pichault de La Martinière, Premier Chirurgien. »
(1) La chapelle était dans l'aile droite, la loge du concierge a remplacé la sacristie. La salle qui sert de vestibule au cabinet du doyen avait reçu deux lits de femmes ; quatre lits d'hommes étaient installés dans les bureaux actuels et le cabinet du secrétaire de la Faculté. Ces six lits avaient été fondés par Louis XVI, en décembre 1774, et destinés, comme on s’en souvient, à des indigents atteints d'affections graves et extraordinaires. La salle des thèses actuelle était l’amphithéâtre destiné aux cours d’obstétrique pour élèves sagesfemmes, le vestiaire des professeurs, le laboratoire de chimie, é
(D° A. Corlieu. L'ancienne Faculté de Paris, p. 184),
(2) In-f°, Paris,
Le temps agrandit les lettres de cette inscription avec sa faux. Au-dessous, on trouve ce vers :
« Le temps, qui détruit tout, agrandira leurs noms ».
A la page suivante est une dédicace à Germain-Pichault de La Martinière.
Les collèges de Saint-Luc et de Saint-Cosme, considérès comme corporations, furent supprimés par la loi du 18 août 1792. La médecine civile ne se recrutant plus et les chirurgiens manquant aux armées, la Convention réorganisa l'enseignement à Paris, Montpellier et Strasbourg (14 frimaire an n1-4 dèc. 1794). Chaussier, appelé par Fourcroy, fournit le plan de l’organisation nouvelle. Les trois Ecoles de santé reconnues réunirent les frères ennemis, il n'y eut plus de scission entre la médecine et la chirurgie. |
L'École de santé de Paris fut établie dans les « magnifiques bâtiments de l’ancienne école de chirurgie. » Les livres légués par La Peyronie avaient été installés dans la longue galerie élevée sur le portique. On y réunit les 15,000 volumes de l’ancienne Faculté de médecine auxquels vint s'ajouter la bibliothèque de la société royale de médecine. Cette triple collection fut transportée en 1800 dans l'aile gauche des bâtiments, audessus du petit amphithéâtre (1). Elle est aujourd’hui placee dans un nouveau bâtiment en bordure du boulevard Saint- Germain. La galerie du portique a été consacrée au musée Orfila @. Le 19 thermidor an v (7 août 1797), l'École
(1) Le petit amphithéâtre était destiné aux actes publics ; au-dessus, se trouvaient la salle de l’Académie, les archives et l'administration.
Entre le grand et le petit amphithéâtre, une petite salle contenait 4 tables pour les dissections. (Corlieu, L.-C.).
(2) Anatomie, matière médicale, appareils, ete. Ce musée occupe en outre, dans l’aile droite, les anciens logements du bibliothécaire et de l'inspecteur des écoles, |
pratique, de nouveau créée, éleva ses pavillons sur l’emplacement du couvent des Cordeliers dont l'antique chapelle logea plus tard le musée Dupuytren @).
Le règlement de 1794 avait prévu la fondation d’un hôpital de perfectionnement analogue à celui qui avait été créé par La Martinière. On y renonça bientôt. Il existe en Allemagne des hôpitaux semblables, et leur utilité est universellement reconnue.
En 1808, les Écoles de santé prirent le nom de Facultés de médecine.
Les bustes de La Peyronie et de La Martinière ornent. encore le grand amphithéâtre de l'École de Médecine de Paris dont ils rappellent la destination premiére.
(1) Pathologie.
ÉCOLES DE MONTPELLIER, TOULOUSE, BORDEAUX, TOULON, ORLÉANS, ROUEN, TOURS, NANCY, LYON, MARSEILLE, RENNES, NANTES, BESANÇON, LILLE.
Hors de Paris, La Martinière fit reconnaître sa juridiction dans les écoles de chirurgie déjà existantes, d’autres furent par lui fondées ; pour toutes, il s’efforça d'établir une réglementation uniforme.
Quatre professeurs avaient été créés au collège de Saint-Cosme de Montpellier par lettres patentes du 21 avril 1741. On sait que La Peyronie, promoteur de cette sage mesure, devait lui léguer en mourant des fonds pour la dotation de cinq démonstrateurs et de cinq adjoints et 100,000 francs pour la construction d’un amphitheâtre sur le modèle de celui de Paris, à élever sur l’emplacement des maisons par lui données. Le 23 juin 1759 et le 1 mai 1763 parurent divers règlements pour cette école. Le 9 novembre 1770, Louis XV donnait des lettres patentes pour son organisation définitive.
La Martinière ne rencontrait pas toujours des dispositions favorables.
Le 24 février 1730, une école de chirurgie s'était organisée à Zoulouse. Une déclaration du roi concernant la chirurgie y avait trouvé une vive opposition de la part d'un sieur Frontin et de ses adhérents, qui s’opposaient à son enregistrement. Frontin avait même répandu des mémoires contre La Martinière. Exilé à vingt lieues de Toulouse, il n’avait obtenu d'y rentrer qu’en 1752.
Des lettres patentes étaient données le 13 avril 1753 à la communaute des maîtres en chirurgie, leurs statuts furent approuvés par d’autres lettres du 17 septembre 1754.
En 1765, la communauté reconnaissante fit frapper des jetons de présence portant au revers les noms de Louis XV et de La Martinière. On voyait sur l’autre face l’amphithéâtre que la société de chirurgie venait de bâtir à ses frais.
La municipalité, désireuse d'encourager les études, avait fondé des prix décernés chaque année en septembre aux OT CSS
La Martinière éprouva des difficultés plus sérieuses à Toulon. Le 3 février 1754, une Declaration avait établi dans cette ville quatre démonstrateurs royaux de chirurgie. Leurs émoluments, fixés à 300 livres, restaient à la charge des habitants. Les cours étaient publics et gratuits, les assistants ne devaient porter ni cannes, ni épées, n1 bâtons. Il était enjoint aux juges et aux directeurs de l'hôpital de fournir des cadavres du 1e: octobre au 1° avril.
A ses débuts, l’école avait été accueillie de tous avec faveur, mais, dès l’année suivante, les consuls se montrérent mal disposés. Ils disaient l’école inutile à cause du voisinage de Montpellier et par suite peu fréquentée. Le Premier Chirurgien, voyant avec peine l’école menacée, adressi un mémoire au comte de Saint-Florentin () pour
(1) L, Phélypeaux, C* de Saint-Florentin, alors ministre de l'Intérieur,
j'at
le prier de seconder les bonnes intentions de l’intendant et l'engager à faire de nouveaux efforts près des consuls pour obtenir la subvention requise ainsi qu’un local convenable. La résistance des consuls se prolongea encore malgré le succès des cours.
À Laulle, les officiers municipaux, se fondant sur leurs privilèges et les clauses de la capitulation, s'étaient refusés à reconnaître la juridiction du Premier Chirurgien G), Un arrêt du Conseil du 20 janvier 1770, suivi de lettres patentes du 6 avril de la même année, les obligea de s'y soumettre.
En 1772, des statuts conformes à ceux des écoles de Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Montpellier, Toulouse, Rennes, Nantes, Tours, Rouen, Orléans, Nancy, Toulon et Besançon, et ne comprenant pas moins de 92 articles, furent donnés à l’école de Lille.
Le célèbre Lecat avait étudié la philosophie, les mathématiques et diverses autres branches des connaissances humaines avant de se livrer à la chirurgie.
En 1729, M. de Tressan, archevèque de Rouen, le prenait à son service ; deux ans après, Lecat obtenait au concours la place de chirurgien en chef de l'hôpital de Rouen: en 1734, il était reçu maître en chirurgie dans cette ville.
Lecat obtint pour ses travaux, notamment sur la lithotomie, divers prix de l’Académie, qui se l’associa comme cofrespondant. On lui doit la fondation, à Rouen, d'une Académie des sciences, belles-lettres et arts. Il fut anobli
en 1762.
(1) Ce refus fournit au corps de Saint-Luc une nouvelle occasion de descendre dans la lice. Des réflexions du collège de médecine de Lille sur la nécessité de la subordination absolue des apothicaires et des chirurgiens aux médecins, où l'on fait voir le faux et le ridicule des nouveautés que le corps des chirurgiens cherche à établir à Lille, furent publiées dans cette ville en 1755. Il y eut réponse des chirurgiens et réplique de la Faculté;
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Lecat professa à Rouen l'anatomie et la chirurgie dans un bâtiment qu'il avait aménagé à ses frais en amphithéâtre. On lui avait adjoint un deémonstrateur royal. L'École de chirurgie de Rouen fut définitivement fondée en 1762 à la demande de La Martinière. Lecat continua à professer, la communauté des chirurgiens de Rouen choisit, à la pluralité des voix, quatre autres maîtres chargés de cours. Lecat mourut le 21 avril 1768. Il avait prié La Martinière de lui désigner un successeur auquel il destinait sa fille. Le Premier Chirurgien choisit: le “sieur David, qui fut bien accueilli de tous.
L'École de Bordeaux fut fondée le 8 septembre 1752. Les Lettres patentes obtenues par La Martinière sont du 10 août 1756, elles furent enregistrées au Parlement en vertu d’un arrêt du 9 juillet 1757. Le roi, à la date du 8 septembre 1760, nomma le sieur Raymond dit Lafourcade, inspecteur des Écoles de chirurgie de Bordeaux.
Des Lettres patentes avaient régle l'établissement d’une École de chirurgie à Orleans, le 23 juin 1759, d’autres Lettres, du 2 septembre 1763, donnèrent à cette école de nouveaux statuts. L'article 12 en donnait l'inspection à La Martinière. Le 17 novembre suivant, Louis XV nommait professeur démonstrateur royal, Guillaume Abraham de la Croix, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu d'Orléans et lieutenant du Premier Chirurgien. |
Cette école était composée dudit lieutenant titulaire ‘de la présidence, de trois professeurs démonstrateurs pour l'anatomie, les opérations, les institutions chirurgicales, l'ostéologie, les maladies des os et les accouchements, de deux prévôts qui devaient changer tous les ans, d'un trésorier, du greffier du Premier Chirurgien du roi, et de trois maîtres en chirurgie de la ville.
Le Collège de chirurgie de Tours fut fonde, avec l'appui
du duc de Choiseul, sur la requête de La Martinière, par lettres patentes du 5 juillet 1766.
Cinq chaires y étaient créées : principes, ostéologie et maladies des os, opérations, anatomie, accouchements.
L'enseignement théorique se donnait à l’ancien cloître des Cordeliers, l'enseignement pratique à l'hôpital de la Charité. Toutefois l’école ne paraît avoir été pourvue de cadavres qu'à partir de 1769. Elle avait pour président le lieutenant de chirurgie, il était assisté d’un prévôt.
Un arrêt du Conseil du 7 mai 1779 avait chargé Moreau, démonstrateur d’accouchements, de faire un cours aux élèves sages-femmes de la campagne. Il professait à son domicile pendant les mois de mars et d'avril.
Par lettres patentes du 29 juin 1770, Louis XV fonda l'École de Nancy. Le 20 novembre 1771, parurent d’autres lettres, confirmant les statuts et règlements, en 74 articles. Cinq professeurs étaient nommés sur la présentation du Premier Chirurgien.
Nous n'avons plus de renseignements que pour l'École de Lyon, fondée sous Louis XVI par lettres patentes du 6 juillet 1775.
La Déclaration du 12 avril 1772 supprimait la forme des apprentissages comme peu en rapport avec la noblesse de la profession ainsi confondue avec les arts proprement mécaniques, et engageait les maîtres, partout où il y avait communauté, à former une école et à charger un ou plusieurs de leurs membres de donner des leçons publiques. Cette Déclaration réglait encore les études et les exercices des élèves.
La Martinière se proposait évidemment de créer des écoles assez nombreuses pour recevoir tous les élèves. II eût voulu supprimer l'apprentissage chez des chirurgiens souvent incapables, et l’unique examen, soi disant passé
he devant le lieutenant de chirurgie, qui en était le triste couronnement.
Il lui avait fallu, en 1760 G), fixer nettement le ressort de chaque lieutenant, afin d’empècher des empiètements fort gènants pour les élèves et surtout pour les chirurgiens soumis à leur surveillance, 1l est vrai trop souvent illusoire, parce que les déplacements des lJieutenants n'étaient pas suffisamment rétribués.
L'Édit du mois de septembre 1723 accordait aux lieutenants et à leurs greffiers l'exemption du logement des gens de guerre.
L'ordonnance du 253 juin 1750 y apporta des restrictions. La Martinière fit des représentations au roi, à la suite desquelles les privilèges antérieurs furent rétablis dans leur intégralité.
Les lettres patentes du 10 août 1756 portent que les maîtres en chirurgie seront considérés comme notables bourgeois au lieu de leur résidence, qu'ils pourront en conséquence être pourvus des offices municipaux, qu'ils seront exempts de la taille, de guet et de garde, des corvées et autres charges publiques et qu’ils ne pourront être compris dans les rôles des arts et métiers. Leurs élèves enfin ne seront pas assujettis au sort de la milice. Toutefois, ce privilège sera limité à deux élèves seulement, restriction destinée à diminuer le nombre exagéré des apprentis reçus par certains maitres.
La maîtrise donnait lieu à de fréquents abus, il y fut pourvu par les lettres patentes du 31 septembre 1750 portant réglement pour l'agrégation des maîtres en chirurgie dans les villes du royaume. Aucun chirurgien ne put prétendre, à l'avenir, à cette agrégation qu'après avoir résidé
(1) Déclaration du 29 mars.
dix ans dans la ville et y avoir pratiqué la chirurgie. Nul détail n'échappait à La Martinière. Saint-Luc et Saint-
Cosme s'étaient trouvés d’accord pour obtenir la Déclaration de 1772 dont les dispositions avaient pour but de
mettre un frein aux abus commis par les charlatans, opé-
rateurs ambulants et autres aventuriers qui trompaient le
public et lui présentaient des remèdes souvent pernicieux.
Il restait à codifier toutes ces dispositions, ce fut l’œuvre de Remi Leblond d'Olblen, avocat au Parlement, secrétaire du Premier Chirurgien, qui publia en 1772, un recueil des statuts, reglements, édits, arrêts et déclarations con-
cernant les maîtres en chirurgie du royaume, dédié à
Germain Pichault de La Martinière, conseiller d'État, che-
valier de l’ordre du Roï, Premier Chirurgien de Sa Majesté,
président de l’Académie royale de chirurgie, chef et garde des chartes, statuts et privilèges de la chirurgie du royaume.