‹ GérômeChapitre 114 sur 126 · TRAVAILLER · texte numérisé non relu

TRAVAILLER

Il écrivait au beau-père de Muenier.

Saint-Martin-aux-Çhartrains près Pont-Lévêque (Calvados) .

8 août 1884.

« Je souhaite que vous y soyez heureux, vous et votre famille... Dites à Muenier que ce que j'ai pu laisser à l'atelier ne mérite même pas un remerciement. J'ai beaucoup travaillé sur ces chevalets et j'ai bon espoir qu'il continuera ma tradition... »

Travailler î Tel devait être jusqu'à l'heure suprême la fonction de cette existence. Pendant près de vingt ans encore les toiles et les plâtres allaient se renouveler sans arrêt dans l'atelier du boulevard de Clichy. Rien ne devait changer dans cette ardeur de fécondité.

se déshabillent et se baignent. Quand ils remontent sur la rive Dubosc pousse un cri : l'étui qui portait sa fortune avait disparu. Gérôme plonge et finit par ramasser au fond de l'eau la précieuse boîte. Mais dans quel état !... Les valeurs, une à une, soigneusement dépliées, furent étendues au soleil. « On aurait dit une lessive ! » disait Gérôme en terminant ce récit.

« M. Gérôme, m'écrit Décorchemont, était un travailleur tout à fait extraordinaire. De 70 à 80 ans, c'est-à-dire dans les dix dernières années de sa vie où je l'ai connu, je l'ai toujours vu à l'ouvrage de huit heures du matin jusqu'à la nuit... Lorsqu'il quittait son atelier, c'était toujours avec un grand regret. Rien ne pouvait remplacer le plaisir qu'il avait au travail... Il refusait de déjeuner en ville, parce que sa journée était coupée, qu'il la considérait comme perdue... Lorsqu'il déjeunait à l'atelier..., son repas durait à peine un quart d'heure et immédiatement il se remettait au travail. »

Ces déjeuners, Bourgain m'en a parlé :

« Mon cher, me disait-il, c'était chaque fois la même stupéfaction pour moi : je commençais à manger qu'il avait déjà fini. »

ce Toujours impatient dans son travail, m'écrit encore Décorchemont, il n'allait jamais assez vite à son gré ; lorsque nous lui disions de se reposer, il répondait:

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