SA MÉTHODE
une ébauche; quelques jours après, il s'étonne de retrouver une ébauche nouvelle très différente.
Gérôme dit : « Oui! C'était commencé « par un imbécile ! . . . » Et il ajoute : ce II y « a des moments où il faut se dire cela et « ne pas laisser aux autres le temps de s'en « apercevoir... »
Il aimait la netteté, l'ordre dans tout ce qui l'entourait. Son atelier où il travaillait continuellement, offrait une propreté méticuleuse. Apercevait-il un papier, une allumette sur le parquet, il guignait la chose du coin de l'œil et finissait par mâchonner le doigt tendu : « Qu'est-ce que c'est que ça... là-bas. » Il fallait que ça disparût.
Certainement Gérôme partageait l'opinion de Stendhal, estimait qu'il ne faut jamais penser à la mort, qu'en parler est occupation de pédant et de prêtre, qu'elle
doit être cachée comme la fonction suprême de la vie, une fonction malséante et malpropre.
Il y songeait malgré lui : ses lettres le prouvent et je me rappelle l'avoir entendu dire à propos des laideurs de la vie : « Bah ! je n'ai peut-être plus que six mois à vivre! » Mais il réagissait de tout son entrain naturel contre ce qu'il jugeait comme des moments de défaillance.
Jamais il n'aima plus la jeunesse et ne montra plus d'intérêt pour ce qui la concernait que dans les dernières années de sa vie. On sait avec quelle gaîté il suivait le Bal des 4 Z'arts. Il n'en manquait pas un. Ces évocations pittoresques et ingénieuses lui plaisaient. Bien plus, le rez-de-chaussée de son hôtel, en face du Moulin Rouge, se transformait en vestiaire à l'usage de tous ses amis. On venait se costumer dans le vestibule, au pied de YOmphale. Albert Guillaume me disait avec sa verve de caricaturiste, le singulier spectacle que présen-