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Communication de Bourgain

SA G ATIÊ D'HUMEUR 283

sait dans ses plaisanteries ; toujours au contraire, une pointe joliment narquoise, parfois même touchante ou aimablement obligeante s'y mêlait.

Mme Toulmouche avait, dans un déménagement, brisé le nez d'un buste en cire. Dînant chez Gérôme, elle lui demande un conseil, ce Envoyez-moi votre nez et le buste avec : je verrai si ça peut se recoller. » Le lendemain de l'envoi, à huit heures du matin, on sonne. Le domestique rapportait le buste. Mme Toulmouche pense que, pour revenir si vite, le buste n'a pu être réparé. Un mot la détrompe. C'était le matin de Noël. Gérôme avait écrit sur sa carte : « Le petit Noël a fait ça pour vous, cette nuit. » Levé de bonne heure, il avait vite réparé le buste, heureux de surprendre Mme Toulmouche1.

Son goût des voyages, sa curiosité des pays lointains n'avait pas diminué plus que

i. Communication de Mme Toulmouche.

sa jeunesse de caractère. « Le grand regret de sa vie, me répétait Aublet, a été de ne pas connaître les Indes. »

« Allons-y! » lui disait Aublet. Mais il secouait la tête : « Je suis trop vieux. Je n'ai plus le temps. »

En janvier 1902, il écrivait à Aublet :

« Je regrette de ne plus être le nomade d'autrefois, car, si j'en étais encore là, je serais allé vous faire visite à Tunis, que je ne connais pas. Mais je n'ai plus qu'un voyage à faire, très court, en face, où je me suis acheté un tertre : à Montmartre. »

Il se reprenait aussitôt, car il ajoutait, en terminant sa lettre, cette courte phrase, qui prouvait que l'homme était toujours intact : « P. S. — Je travaille tout de même : peinture, bronze et marbre... »

En effet, en avril igo3, il écrivait encore à Aublet :

« Le vieillard travaille toujours... Auraije assez embêté le monde avec mes peintures et mes sculptures ! »

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